Le Journal

Trouble dans l’habiter : l’utopie queer dans Melmoth furieux (2021) de Sabrina Calvo et Maraude(s) (2022) de dilem et Bri

Pour une lecture queer des corps et de l’autofiction : la « porosité visqueuse »

Une utopie sémantique : étude des modalités de réception de la théorie queer en France

Lire la négativité queer dans Saute ma ville (1968) de Chantal Akerman

L’esthétique comme critique : généalogie de la subjectivation queer chez Michel Foucault
Dans le champ des pensées queers, et en particulier dans celui de leurs sources francophones, il est un auteur incontournable tant les queer studies ont pu s’en inspirer dans leur développement, et continuent à le faire sur un mode plus ou moins critique : Michel Foucault, « grand manitou a posteriori de la théorie queer », selon la formule de Sam Bourcier (2021, p. 150). Ainsi que le rappelait Paul B. Preciado dans une interview pour Libération : En réalité, ce qu’on appelle la théorie queer fut en partie l’effet de la réception du premier volume de l’Histoire de la sexualité et de Surveiller et Punir par les féministes Gayle Rubin, Judith Butler, Teresa de Lauretis, Donna Haraway à partir de la fin des années 80 aux États-Unis, mais aussi les usages que les activistes d’Act Up ont fait de Foucault pour s’opposer à la gestion biopolitique et médiatique du sida. Ce sont ces usages politiques subalternes de Foucault qui m’ont marqué(e) et qui ont déterminé ma lecture postérieure du reste de son œuvre. (Preciado, 2014.) À celles et ceux qui optent résolument pour une « lecture queer » de Foucault à l’instar de Preciado, le philosophe offre moins une pensée toute prête qu’une boîte à outils permettant une formulation et une conceptualisation de questions au cœur des queer studies. On pense bien entendu à l’articulation que Foucault rend pensable entre savoir et pouvoir ; à l’idée de la biopolitique qui fait une place aux corps et à leur gestion ; à une conception du pouvoir comme production et non plus seulement interdit ; à la sexualité comme machine discursive au sein de laquelle sont pris les sujets modernes, contraints à dire le vrai sur eux-mêmes ou pathologisés pour leurs désirs ; ou encore à l’assujettissement et à la normalisation des identités (Sabot, 2017) tels qu’ils s’opèrent dans une société de surveillance, d’examen et d’orthopédie sociale. Autant de concepts, dans cette liste non exhaustive, qui se développent au milieu des années 1970 et dont la critique hérite à travers les ouvrages cités ci-dessus, en particulier La volonté de savoir (1976), premier tome de l’Histoire de la sexualité. Des tomes suivants de cette Histoire de la sexualité et des textes du Foucault des années 1980, l’usage est plus ponctuel au sein des queer studies – bien que l’édition des cours sur le néolibéralisme et Le Courage de la vérité ait suscité un certain nombre de reprises (Foucault Studies, 2012). C’est que Foucault s’adonne dans ces ouvrages à ce qu’il qualifie l

Pensées de la bisexualité : regards sur une « queen des queers »… à la française

Advenir queer dans Viendra le temps du feu de Wendy Delorme

Le monde à l’envers : itinéraire d’une pensée queer dans Les États et Empires de la Lune et du Soleil (Cyrano de Bergerac, 1657 et 1662)
À mi-chemin entre fiction fantastique et relation de voyage, Cyrano offre deux récits inclassables. Le premier relate un voyage dans la lune ; le second, un voyage dans le soleil. Ces récits, qui forment un diptyque, portent pour titres respectifs : Histoire comique de Monsieur de Cyrano contenant les États et Empires de la Lune (1657) et Histoire comique des États et Empires du Soleil (1662). Les deux titres sont très souvent unifiés par la critique sous l’appellation L’Autre Monde, initialement accolée aux manuscrits de la Lune. Les récits des États et Empires de la Lune partent de l’hypothèse bouffonne que la « lune est un monde comme celui-ci, à qui le nôtre sert de lune » (Cyrano de Bergerac, [1657] 2004, p. 6). Fort de ce présupposé, Dyrcona, le protagoniste et narrateur de l’histoire, tente un premier envol vers la lune, mais il atterrit au Canada. Là, il rencontre le gouverneur de la province, M. de Montmagny, avec lequel il mène quelques dialogues réflexifs sur les lois physiques qui régissent notre univers. Toujours déterminé à vérifier son hypothèse, Dyrcona s’envole une seconde fois vers la lune. Cet envol le mène au paradis terrestre ; il en est cependant banni pour propos blasphématoires. Il parvient enfin sur la lune, et fait tout d’abord un séjour en ville. Objet de curiosité, il est ensuite transféré à la cour pour y être exhibé, puis jugé en procès. Après une amende honorable, il entame un nouveau séjour en ville. Cette fois-ci, il réside dans la maison d’un habitant de la lune. C’est l’occasion pour le protagoniste de débattre du fonctionnement de la société sélénite et d’en observer les us et coutumes. Ayant à nouveau blasphémé, Dyrcona est précipité de la lune vers la terre. Les États et Empires du Soleil, bien qu’inachevés, sont le miroir du récit lunaire. La narration s’ouvre sur les déboires de Dyrcona qui, consécutivement à la publication de ses aventures sélénites, se fait pourchasser et emprisonner à Toulouse. Il s’échappe de sa prison et s’envole vers le soleil. Avant d’atteindre l’astre solaire, il fait un premier séjour sur une macule, c’est-à-dire un satellite du soleil, puis il continue son voyage. Ayant atterri sur le soleil, Dyrcona arrive dans les régions lumineuses de l’astre, où il observe le principe de métamorphose de la matière protéiforme. Il continue vers les régions opaques. Sur ces terres, il découvre le royaume des oiseaux où il subit un nouveau procès. Gracié, Dyrcona poursuit son exploration des régions opaque

Généalogie d’un trouble : la réception de Monsieur Vénus de Rachilde (1884-1889)

Peut-être bien un universalisme de l’autre en soi

Il y a des fins qui chantent

