
Deuxième de la dernière Coupe du monde de biathlon derrière Franziska Preuss, Lou Jeanmonnot a entamé la nouvelle saison avec l’ambition de s’emparer de son premier gros Globe de cristal. La Française est bien partie en enchaînant plusieurs victoires lors des cinq premières étapes de la saison. De quoi la placer en tête du classement général, avec 136 points d’avance sur Suvi Minkkinen, sa première poursuivante. Mais avec la présence au calendrier des JO de Milan-Cortina, la domination de la Tricolore pourrait entraîner une certaine démission de ses concurrentes.
Organisés du 8 au 21 février en Italie, les Jeux Olympiques sont évidemment un objectif majeur pour les biathlètes qui y participeront. Et alors que Lou Jeanmonnot a dominé la première moitié de saison et compte une avance plus que confortable, la concurrence devrait être tentée de se recentrer sur les JO au détriment de la Coupe du monde. C’était le point de vue avancé dès dimanche par Alexis Boeuf.
L’ancien biathlète tricolore devenu consultant pour la chaîne L’Équipe l’a expliqué clairement. « Lou est en train de confirmer. Au classement général, c’est la seule à 700 (718 points exactement), on commence à basculer au niveau psychologique où en fait, peut-être qu’à un moment donné, ses adversaires vont se dire : ‘Je lâche l’affaire du classement général.’ Mais ce n’est pas parce que personne n’a envie de le jouer ce classement général, c’est parce que Lou a suffisamment travaillé sur ce début de saison pour décourager les autres. »
Lou Jeanmonnot trop en avance pour la concurrence ?
Et Alexis Bœuf d’imaginer un scénario. « Si on a une impasse la semaine prochaine de (Maren) Kirkeeide, si on a une impasse à un moment donné de (Suvi) Minkkinen et qu’on se dit : bah en fait Lou elle a le général parce que c’est la seule à le faire… Bah non ! Lou va peut-être avoir le général parce qu’elle a tellement bien travaillé sur le mois de janvier et décembre, qu’en fait elle a écœuré toutes les autres. Et les autres sont en train de se dire quoi ? Les JO arrivent dans quelques semaines, Lou est injouable et elle est en train de nous assommer au niveau de l’avance qu’elle a. Pourquoi aller s’entêter de la battre, on n’y arrivera pas. On lâche l’affaire et on se met tout de suite en mode JO. »
Le consultant a conclu ainsi : « C’est vraiment Lou qui va fatiguer ses adversaires en les usant, en allant chercher les courses parfaites. Quand on est une de ses adversaires, on se demande : comment je vais faire pour la battre ? Là, pour l’instant, il n’y a pas de solution. » La théorie d’Alexis Boeuf a été en partie validée dès ce lundi, avec l’annonce des sœurs suédoises, Elvira et Hanna Oeberg, de leur impasse sur l’étape tchèque de Nove Mesto cette semaine.








