![FATHER MOTHER SISTER BROTHER de Jim Jarmusch [Critique Ciné]](https://freakingeek.com/wp-content/uploads/2026/01/FatherMotherSisterBrother-Banniere.png)

Jim Jarmusch nous laisse nous questionner sur les relations familiales dans son nouveau film très conceptuel Father Mother Sister Brother.
« Tu t’es vu quand t’as bu de l’eau ? » Ce sketch des Nuls aurait pu servir d’accroche au long métrage Father Mother Sister Brother, le premier film post-covid de Jim Jarmush qui sent encore la dépression du confinement. Récompensé du Lion D’Or du Festival De Venise au mois de septembre 2025, tout laisse à croire que son distributeur a fait exprès d’attendre ce premier mercredi du mois de janvier 2026 pour le sortir, non seulement pour en faire le premier événement cinématographique de cette année 2026 mais aussi parce qu’il colle parfaitement à cette période du « Dry January ».
Avec Father Mother Sister Brother, Jim Jarmusch renoue avec le film à sketches pour ce qui pourrait être une sorte de variation de son film Coffee & Cigarettes. Les quatre histoires qui composent ce nouveau long métrage reposent en effet sur des discussions autour cette fois ci d’eau qu’elle soit plate ou transformée en thé ou café. Des boissons autour desquelles se retrouvent des familles aux relations pour le moins complexes qui pourront au premier abord laisser perplexe le spectateur mais qui finiront par trouver un sens en y réfléchissant après coup.

Le premier chapitre « Father » se passe quelque part aux États Unis et voit Adam Driver et Mayim Bialik, célèbre pour son rôle dans la série Big Bang Theory, jouer un frère et une sœur en route pour aller rendre visite à leur père joué par Tom Waits. S’ils échangent assez régulièrement au téléphone, ils ne se sont pas revus depuis l’enterrement de leur mère. Leur retrouvailles n’aura rien de très chaleureux et ils n’auront que des banalités à se dire ponctuées de silence. A les voir passer du canapé à la chaise ou au fauteuil, ils resteront pourtant là des heures sans consommer d’autre que de l’eau et du thé. À travers quelques plans, les spectateurs seront complices des mensonges du père dont le train de vie n’est clairement pas ce qu’imagine son fils qui ne cesse de lui donner de l’argent.
Le second chapitre « Mother » se déroule à Dublin où une mère incarnée par Charlotte Rampling attend ses deux filles jouées par Cate Blanchett qui adopte ici un look de vieille fille et par Vicky Krieps qui joue la petite sœur plus marginale. Là encore l’histoire commence en voiture avant de se dérouler cette fois ci devant le traditionnel thé familial accompagné de pâtisseries. La seule réunion que semble s’autoriser une fois par an cette famille. Là encore les discussions se limiteront à de de simples banalités tandis que les spectateurs verront bien que chacun des personnages préfère cacher sa vraie vie ou ses problèmes pour ne pas gâcher les retrouvailles.
Le troisième et dernier chapitre « Sister Brother » se déroule à Paris où un frère et une sœur jumeaux américains joués par Indya Moore et Luka Sabbat se retrouvent après la mort de leurs parents pour une dernière visite dans l’appartement familial. Là encore cela commence par une promenade en voiture dans les rues de notre capitale avant des arrêts autour d’une tasse de café puis d’une gourde d’eau. Ici la relation entre eux semble plus franche et repose avant tout sur les souvenirs de leurs parents. Une sorte d’épilogue pour montrer a quel point il est important de garder de bonnes relations avec ses parents car on ne sait pas quand cela s’arrêtera.

Nous passerons en fait beaucoup de temps à nous interroger sur ce que Jim Jarmusch a bien voulu chercher à nous raconter ici. Father Mother Brother Sister rappellera certainement à beaucoup leur habituelles réunions familiales mais celles du film contiennent tellement de mensonges et de manque d’expressions sincères qu’elles les rendent réellement malaisantes. De quoi pousser les spectateurs à ouvrir les yeux sur leurs propres relations avec leurs parents, frères et sœurs pour faire mieux que ces personnages. Le film intrigue aussi beaucoup sur la présence dans chacun des chapitres de plusieurs éléments communs. Une apparition de skateurs dans la rue, une vrai ou fausse montre Rolex et une expression récurrente « Bob’s Your Uncle » qui n’a pas d’équivalence en France. Comme une sorte de challenge que s’est imposé le réalisateur ces éléments resteront un mystère qui pourront être débattus longtemps entre cinéphiles.
Composé d’acteurs fétiches de Jim Jarmusch mais aussi de petits nouveaux, chacun des comédiens interprète à la perfection leur partition dans ces réunions. Nous passerons cependant tellement de temps à tenter de comprendre ce que cherche à raconter ici Jim Jarmusch que nous aurons du mal a être emporté par l’émotion qui se dégage de ces différents chapitres. Les non dits sont tellement nombreux dans ces réunions que nous aimerions que chacun de ses segments soient développés en long métrage pour avoir le fin mot de ce histoires. Father Mother Brother Sister n’est pas un mauvais film mais il risque de laisser certains spectateurs en plan tellement il manque d’explications.

Oui, vous n’allez certainement pas comprendre sur le coup ce que Jim Jarmusch cherche à raconter dans Father Mother Sister Brother. Mais si vous prenez le temps de bien y réfléchir après coup, vous finirez par comprendre que cette exploration des relations familiales n’est au final pas si dénuée d’intérêt. De là à recevoir un Lion d’Or, c’est tout de même à se demande si Jim Jarmusch ne l’a pas plus reçu pour son retour après six ans d’absence que pour cette histoire qui ne méritait peut être pas une récompense si prestigieuse.
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