
En 2025, les défaillances d’entreprises ont atteint un niveau record en France, selon l’étude annuelle d’Altares. Si la progression annuelle reste modérée, le volume total de procédures ouvertes traduit un environnement économique plus contraint, marqué par la fin des aides, le coût du crédit et l’essoufflement de la demande.
Défaillances d’entreprises : un record historique qui s’impose dans la durée
Près de 70.000 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective en 2025. Jamais un tel volume n’avait été observé sur une année entière. Pour autant, la dynamique ne correspond pas à une explosion soudaine. La hausse annuelle est contenue autour de 3%, bien loin des variations à deux chiffres constatées lors de la sortie de crise sanitaire.
Selon Altares, « le niveau observé en 2025 correspond à une normalisation après plusieurs années de sous-activité judiciaire ». Les dispositifs de soutien massifs déployés entre 2020 et 2022 avaient mécaniquement freiné les défaillances, créant un effet de rattrapage étalé dans le temps. L’économie française semble désormais avoir atteint un nouveau point d’équilibre, mais à un palier plus élevé qu’avant la crise.
Avec plus de 19.000 défaillances d’entreprises comptabilisées, le dernier trimestre 2025 concentre à lui seul un nombre inédit de défaillances. Cette fin d’année tendue reflète l’épuisement progressif des trésoreries et le durcissement des conditions de financement, dans un contexte de taux d’intérêt durablement élevés.
Les petites entreprises toujours les plus exposées
Sans surprise, les très petites entreprises et les PME demeurent en première ligne. Les structures de moins de dix salariés représentent la majorité des procédures ouvertes. Leur vulnérabilité tient à une combinaison de facteurs bien identifiés : marges réduites, dépendance à la consommation locale et accès plus difficile au crédit.
Altares observe toutefois une évolution notable en 2025, avec une progression des défaillances touchant des entreprises de taille intermédiaire. Ce phénomène, plus rare historiquement, témoigne d’un élargissement des difficultés à des structures jusqu’alors jugées plus résilientes.
Dans son analyse, BFM TV souligne que « le dernier trimestre 2025 établit un record absolu de défaillances, toutes tailles d’entreprises confondues », confirmant que la tension ne se limite plus aux acteurs les plus fragiles.
Construction et secteurs : des trajectoires contrastées
Tous les secteurs ne sont pas affectés de manière uniforme. La construction, fortement touchée en 2023 et 2024, montre en 2025 des signes de stabilisation. Si le niveau de défaillances y reste élevé, la progression ralentit nettement. Le secteur semble avoir encaissé le choc de la hausse des taux et de l’arrêt brutal de certains projets immobiliers.
À l’inverse, le commerce et certains services aux particuliers continuent de subir la contraction du pouvoir d’achat et la modification des comportements de consommation. Les entreprises positionnées sur des marchés très locaux apparaissent particulièrement exposées, notamment lorsque les charges fixes demeurent élevées.
Des écarts régionaux qui se creusent
Sur le plan territorial, les disparités sont marquées. Certaines régions, comme la Bretagne, les Pays de la Loire ou l’Occitanie, parviennent à contenir la hausse des défaillances grâce à un tissu économique plus diversifié et à une meilleure tenue de l’emploi.
À l’opposé, l’Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur ou encore certaines zones des Hauts-de-France concentrent un nombre élevé de procédures. Les Echos relèvent que « dans plusieurs territoires, les entreprises ont retardé leur entrée en procédure jusqu’à l’épuisement complet de leurs marges financières », ce qui explique l’ampleur des défaillances observées en 2025.
Un signal structurel pour l’économie française
Au-delà du record statistique, les défaillances de 2025 envoient un signal clair sur l’état de l’économie française. La période de soutien exceptionnel est définitivement refermée, laissant place à un environnement plus exigeant. Coût du capital, transition énergétique, transformation numérique et évolution des modes de consommation redéfinissent les conditions de survie des entreprises.
Toutes les procédures ne débouchent pas sur des liquidations. Une part significative des entreprises entre en redressement judiciaire avec l’objectif de poursuivre l’activité ou de trouver un repreneur. Néanmoins, la proportion de liquidations reste élevée, illustrant la difficulté pour certaines structures d’anticiper et de se restructurer à temps.
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