
Alors que les tensions commerciales s’intensifient avec les USA, sous l’impulsion de Donald Trump, l’Union européenne hésite encore à activer son instrument anti-coercition, surnommé le bazooka commercial. Mais si Bruxelles temporise, c’est que derrière cet outil technique se cache une réalité simple : les droits de douane peuvent rapidement se traduire par une hausse des prix payés par les ménages.
Droits de douane : une menace directe sur le pouvoir d’achat européen
Sur le principe, le bazooka commercial vise à dissuader un partenaire jugé trop agressif. Dans les faits, les droits de douane fonctionnent comme une taxe sur les produits importés. Or ces produits se retrouvent, très concrètement, dans les rayons et dans les chariots. Quand la taxe augmente, le prix final suit. Et le consommateur n’a souvent aucune alternative.
Pour les ménages européens, la situation est déjà tendue. L’inflation alimentaire, énergétique et industrielle a durablement réduit le pouvoir d’achat depuis la Covid-19. Ajouter des droits de douane reviendrait à alimenter une nouvelle vague de hausse des prix alors que l’inflation commence tout juste à s’assagir. Téléphones, équipements électroniques, biens manufacturés importés, mais aussi produits intermédiaires utilisés par les entreprises européennes : tous seraient concernés.
C’est précisément ce qui inquiète plusieurs capitales européennes. Selon Euronews, l’UE a choisi en janvier 2026 de retarder l’activation de son bazooka commercial. Officiellement, pour privilégier le dialogue. En coulisses, pour éviter un choc immédiat sur la consommation. Une riposte tarifaire pourrait satisfaire politiquement, mais elle ferait peser un risque économique direct sur les ménages, déjà sous pression.
L’exemple américain : quand les droits de douane font flamber les prix
Pour comprendre ce qui pourrait attendre l’Europe, il suffit de regarder ce qui se passe aux USA. Là-bas, les droits de douane sont utilisés depuis plusieurs années comme outil politique. Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche les a multipliés dans tous les sens. Or, leurs effets sont désormais bien documentés. Une étude récente du Kiel Institute for the World Economy montre que 96 % du montant des droits de douane américains perçus en 2025 a été payé en réalité par les acheteurs américains eux-mêmes.
Autrement dit, contrairement au discours politique, ce ne sont pas les entreprises étrangères qui absorbent la taxe. Ce sont les importateurs, puis les consommateurs. Les chercheurs allemands expliquent que les entreprises répercutent presque intégralement la hausse des coûts sur les prix de vente. « Les importateurs et les consommateurs américains supportent presque tous les coûts », soulignent-ils, selon Business Insider.
Les montants donnent le vertige. En 2025, les droits de douane ont rapporté environ 200 milliards de dollars aux États-Unis, soit près de 184 milliards d’euros. Mais cette somme correspond, dans les faits, à une ponction sur la consommation estimée à environ 1 370 euros par ménage américain sur une année. Pour l’Europe, la leçon est claire. Les mécanismes économiques sont comparables. Si le bazooka commercial était déclenché, les entreprises européennes feraient face à des coûts plus élevés. Elles les répercuteraient. Et les ménages paieraient, progressivement, mais sûrement.
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