
Le groupe Altares a dévoilé, cette semaine, les chiffres des défaillances d’entreprises en France pour le 4ᵉ trimestre et l’ensemble de l’année 2025. Et ça fait froid dans le dos. Un peu comme le temps hier à Arles et dans le Gard. L’année dernière s'est achevée par des seuils de défaillances encore records. Le pic des 70 000 entreprises sur le carreau (en procédure de sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire) est quasiment atteint. Les tensions restent très fortes pour les organisations d’au moins 100 salariés. Le nombre d’ouvertures est au plus haut (236 sur l’année) et continue d’accélérer très fortement (+ 18,6 %). Les secteurs d'activité les plus touchés : l’industrie manufacturière et le secteur social. Il y a d'autres activités en franche galère : la mécanique industrielle (+68 %), les taxis (+33 %), la viticulture (+18 %), le commerce automobile (+14 %) ou la restauration (+8 %) avec des faillites nombreuses. Un contexte qui pèse lourdement sur l’emploi. Plus de 250 000 salariés et dirigeants en France voient leur emploi menacé. Pour ne pas faire sombrer tous les dirigeants et employés ce matin, on peut souligner toutefois plusieurs signaux positifs qui pourraient laisser entrevoir une légère accalmie pour 2026. Un mince espoir, mais réel. D'abord, les liquidations judiciaires directes sont en recul sur le dernier trimestre de l'année dernière. Les entreprises de 3 à 10 ans résistent. La construction (-8 %) et le transport routier (-16 %) restent solides, le commerce de détail d’habillement souffle (-1 %) un peu. Enfin, notre région Occitanie n'est pas dans le rouge écarlate, en comparaison aux autres régions en France. L’Occitanie parvient à stabiliser le nombre de défauts au 4ᵉ trimestre. Un an avant, la région enregistrait une hausse de +5,8 % des défauts. Un an plus tard, les ouvertures de procédures collectives se maintiennent (+0,4 %). Malgré cette performance du T4, les défauts augmentent encore de +3,6 % en 2025. La région compte ainsi 178 sauvegardes et 6 059 redressements et liquidations judiciaires, un nombre au plus haut depuis 2013. Ces chiffres douloureux sont bien entendu la conséquence de ce climat d’incertitude et d'inquiétude, avec encore à ce jour, un budget de la France absent en raison des querelles d'ego à l'Assemblée nationale. Au-delà de la conjoncture difficile, ce sont les faiblesses financières de l'entrepreneuriat français qui se paient cash aujourd'hui, comme l'explique le directeur des études Altares. Difficile dans cette tempête économique de s'en sortir sans accompagnement des autorités et des acteurs économiques fiables.







