AU PALAIS Discernement altéré : elle abîme des voitures au balai d’essuie-glace

C’est une jeune femme connue de la justice qui se présente dans le box du tribunal correctionnel de Nîmes, mercredi 21 janvier. Condamnée par le passé pour outrages, trafic et consommation de stupéfiants, elle comparaît pour avoir dégradé plusieurs véhicules, stationnés au niveau de la rue Colbert, à Nîmes, le 25 novembre dernier. Un témoin, à l’origine de l’appel passé aux forces de l'ordre, aurait vu une jeune femme portant une jupe courte, une longue doudoune et des lunettes de soleil, volontairement dégrader des véhicules stationnés dans la rue, à l’aide d’une tige métallique. Les véhicules ont pour certains eu la lunette arrière, les rétroviseurs, voire le système d’essuie-glace endommagé.

Quelques rues plus loin, au niveau de l’épicerie « Le Faïta », une unité de fonctionnaires de police constate la présence d’une femme correspondant à la description du témoin. Dans sa main, elle cache un élément appartenant à un système d'essuie-glace. Portant notamment une jupe claire, la jeune femme est approchée par les forces de l’ordre en vue d’une arrestation. Mais elle ne s'est pas laissé faire. Dans leur rapport, les enquêteurs évoquent qu’elle se trouve « dans un état second ».
En colère face à une interpellation qu’elle juge violente, la jeune femme crache au visage de certains des fonctionnaires, leur porte des coups, dont un au niveau du visage d’une policière, lui valant un jour d’interruption totale du travail. « Elle est violente pour qui, cette interpellation ? », questionne avec surprise maître Jean-François Corral, avocat de certaines parties civiles. « On m’a contrôlé disant que c’était moi qui avais dégradé », dit Omaima, la prévenue de 20 ans pour expliquer cette violence soudaine.

Altération du discernement

La suite de la garde à vue de la prévenue n’a pas été plus simple. Refusant de donner son identité, elle a gardé le silence à l’occasion de ses auditions. C’est grâce à un outil de reconnaissance faciale qu’Omaima a finalement pu être identifiée. Déjà sous le coup d’un sursis probatoire, elle risque alors sa révocation. Une révocation totale à laquelle le juge d’application des peines est favorable, dans un rapport adressé au tribunal. Constatant une anomalie psychiatrique chez la jeune femme, l’expert a confirmé une altération du discernement causée par un trouble borderline nécessitant un traitement antipsychotique.

Le ministère public représenté par Frédéric Kocher a requis à son encontre 12 mois d’emprisonnement, dont 6 assortis d’un sursis probatoire, le tout avec maintien en détention. Maître Camille Proix, intervenant pour la défense d'Omaima, a reposé sa plaidoirie sur l’absence de longue doudoune et de lunettes noires sur le rapport d’interpellation des policiers, qui ne font état que de la jupe courte. Un élément qui pose question quant à la responsabilité de la jeune femme pour les dégradations.
Retenant l’altération du discernement, le tribunal présidé par Jérôme Reynes, l’a condamnée à 9 mois d’emprisonnement. « Le tribunal ne prononce pas de maintien en détention », explique-t-il. La jeune femme, en détention depuis deux mois, sera donc convoquée devant le juge d’application des peines pour définir un éventuel aménagement de cette peine d’emprisonnement ferme. Elle est tout de même condamnée à indemniser les victimes pour leur préjudice matériel et moral. Elle est aussi tenue de leur verser entre 200 et 250 € au titre de leurs frais de justice.

L'interpellation a eu lieu au niveau de la rue Vincent-Faïta, à proximité d'une épicerie.
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