
<p>La colère gronde outre-Rhin. L'annonce par Donald Trump d'une nouvelle vague de taxes pour forcer la main du Danemark sur la cession du Groenland a provoqué une levée de boucliers immédiate des industriels allemands. Alors que l'économie germanique tente péniblement de sortir de deux ans de récession, ce chantage géopolitique menace de faire dérailler l'accord commercial conclu l'été dernier. De Volkswagen à Mercedes, les <strong>constructeurs automobiles</strong> comptent déjà leurs pertes en milliards et appellent Bruxelles à dégainer pour la première fois son arme anti-coercition.</p> <h2>Le deal qui sidère Berlin</h2> <p>On pensait avoir tout vu en matière de diplomatie, mais la Maison-Blanche vient encore de repousser les limites. Lier des sanctions économiques contre ses propres alliés à l'achat d'un territoire souverain relève, selon les mots de Bertram Kawlath, président de la VDMA (l'association des ingénieurs allemands), d'une <em>"exigence grotesque"</em>, rapporte <a href="https://www.autonews.com/manufacturing/automakers/ane-trump-greenland-tariff-car-industry-cost-0118/?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">Autonews</a>. Ce n'est plus de la négociation, c'est un ultimatum. <strong>Pour l'Allemagne, dont l'économie repose vitalement sur ses exportations, ce coup de théâtre est un cauchemar</strong>. Le pays émergeait à peine la tête de l'eau après deux années de déclin, espérant profiter de l'accord commercial signé l'été dernier entre Bruxelles et Washington. Cet espoir vient de voler en éclats.</p> <p>La réaction des Allemands est unanime, <strong>il ne faut pas céder !</strong> <em>"Si l'UE cède ici, cela ne fera qu'encourager le président américain à formuler la prochaine demande absurde"</em>, prévient Kawlath. Pour la Chambre de commerce et d'industrie (DIHK), <strong>lier des objectifs politiques aussi controversés (l'annexion de facto du Groenland) à des sanctions économiques est tout simplement <em>"inacceptable"</em></strong>.</p> <p>L'accord de libre-échange, qui prévoyait la levée de nombreuses taxes européennes sur les produits américains et qui devait être voté par le Parlement européen ce mois-ci, est désormais mort-né. <em>"Le Parlement européen ne peut décemment pas voter des réductions tarifaires pour les États-Unis la semaine prochaine tant que Washington met la pression sur l'Union"</em>, affirme la VDMA. L'Europe se retrouve donc au pied du mur.</p> <h2>L'automobile allemande, dommage collatéral</h2> <p><strong>L'industrie automobile allemande est la première victime désignée de ce bras de fer.</strong> Le régime tarifaire actuel de Trump, qui impose déjà une taxe de base de 15 % (avec des taux plus élevés sur l'acier et l'aluminium), saigne les constructeurs à blanc. <a href="https://www.autoplus.fr/marque/volkswagen?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown"><strong>Volkswagen</strong></a><strong> a annoncé que les droits de douane pourraient lui coûter jusqu'à 5 milliards d'euros sur la seule année 2025</strong>. <a href="https://www.autoplus.fr/marque/mercedes?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">Mercedes-Benz</a> et <a href="https://www.autoplus.fr/marque/porsche?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">Porsche</a> sont aussi dans la tourmente. Pour Thorsten Groeger, dirigeant du syndicat IG Metall en Basse-Saxe (le fief de VW), surenchérir sur les tarifs douaniers en pleine période de ralentissement est suicidaire. <em>"Cette forme de politique commerciale ne fait aucun gagnant. Elle nuit aux consommateurs, aux employés et aux entreprises des deux côtés de l'Atlantique"</em>, déplore-t-il.</p> <p>Face à cette menace, les regards se tournent vers Bruxelles. Les industriels exigent une réponse unifiée et, pour la première fois,<strong> l'utilisation de l'instrument anti-coercition de l'UE</strong>. Ce mécanisme, conçu précisément pour ce genre de scénario, permet au bloc de riposter contre un pays tiers qui tente d'influencer la politique d'un État membre par la pression économique. C'est l'heure de vérité pour l'Europe. Soit elle active cette arme de dissuasion pour défendre le Danemark (et par extension l'industrie allemande), soit elle valide la méthode du chantage. Rappelons enfin que les exportations allemandes vers les États-Unis ont chuté de 9 % entre janvier et novembre 2025.</p> <meta name="original-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/droits-de-douane-sur-le-groenland-pourquoi-lindustrie-auto-allemande-redoute-une-facture-salee-1420071.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/droits-de-douane-sur-le-groenland-pourquoi-lindustrie-auto-allemande-redoute-une-facture-salee-1420071.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
Espace publicitaire · 300×250








