Ces deux symptômes qui apparaissent la nuit peuvent annoncer la maladie de Charcot des années après
<p>Et si vos troubles du sommeil étaient révélateurs de la santé du cerveau ? Une équipe française vient de montrer que les <strong>troubles du sommeil</strong> pourraient précéder de longues années les signes moteurs de la <strong>maladie de Charcot</strong>.</p> <p>La sclérose latérale amyotrophique, ou SLA, touche environ 8 000 personnes en France, avec 2,7 nouveaux cas pour 100 000 habitants chaque année. Cette maladie neurodégénérative détruit peu à peu les motoneurones, entraînant fonte musculaire, difficultés à parler ou avaler, puis atteinte des muscles respiratoires, le plus souvent fatale en 3 à 5 ans.</p> <h2>Un temps d'éveil plus important et une quantité de sommeil profond inférieure</h2> <p>Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Strasbourg ont analysé des enregistrements de sommeil chez des patients SLA à un stade précoce et chez des porteurs sains de mutations génétiques les exposant à la maladie, comparés à des volontaires indemnes. "<em>Ces tests indiquent que les deux groupes d'individus souffraient du même type de troubles du sommeil : un temps d'éveil plus important et une quantité de sommeil profond inférieure aux données issues des groupes contrôles"</em>, écrivent les auteurs de l'<a href="https://www.science.org/doi/10.1126/scitranslmed.adm7580?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown" target="_blank" rel="noopener">étude</a> dans un communiqué.</p> <p>Ce profil ne correspond pas à une simple mauvaise nuit : le temps éveillé après l’endormissement augmente, alors que le sommeil lent profond, celui qui répare le mieux, se contracte.</p> <p>Dans la vie réelle, les premiers signes connus restent pourtant moteurs, avec parfois des difficultés à articuler ou à déglutir, ou encore "<em>par une faiblesse et une gêne au niveau d’un bras, d’une jambe ou d’une main que se manifeste le début de la maladie</em>". Or, l’étude suggère que, à ce moment-là, le cerveau a déjà changé de rythme depuis longtemps, et cela peut se voir dans le sommeil.</p> <h3>Une piste thérapeutique centrée sur le sommeil</h3> <p>L’équipe s’est ensuite tournée vers l’hypothalamus, petite région située à la base du cerveau qui pilote faim, température et alternance veille-sommeil. Elle s’est intéressée aux neurones à <strong>orexine</strong>, des cellules qui maintiennent l’état d’éveil. Chez des souris modèles de SLA, les circuits où s’intègrent ces neurones se sont révélés altérés, avec disparition progressive de neurones voisins à mesure que la maladie avançait.</p> <p>Les chercheurs ont alors administré à ces souris une molécule inhibitrice de l’orexine, déjà prescrite contre les insomnies. Une seule prise orale a suffi pour restaurer un sommeil proche de la normale. Après 15 jours de traitement, le nombre de motoneurones était mieux préservé et l’activité des réseaux autour de l’orexine retrouvait un fonctionnement plus équilibré. De quoi ouvrir une piste thérapeutique centrée sur le sommeil lui-même.</p> <h2>Un léger espoir, sans alarmer tous les mauvais dormeurs</h2> <p>"<em>Les découvertes de notre équipe sont importantes à deux niveaux. Tout d'abord, elles mettent en lumière une nouvelle chronologie des symptômes de la SLA, questionnant à nouveau les origines de la maladie, et notamment le rôle du cerveau dans sa genèse</em>, explique Luc Dupuis, co-dernier auteur de l'étude. E<em>lles représentent aussi un léger espoir pour les malades, et ceux qui déclareront la maladie, en imaginant qu'agir sur les premières manifestations de celle-ci puissent ralentir sa progression extrêmement rapide.</em>" L’équipe souhaite désormais tester cette approche chez des patients, via un essai clinique dédié.</p> <p>Ces résultats ne signifient pas qu’une insomnie isolée annonce une SLA : les anomalies observées concernent l’architecture fine du sommeil, chez des personnes déjà suivies pour un risque ou une maladie confirmée. En cas de terrain familial ou de symptômes moteurs inhabituels, le dialogue avec le médecin traitant puis un neurologue reste la voie d’entrée, parfois complété par une étude du sommeil.</p> <meta name="original-source" content="https://www.topsante.com/medecine/ces-deux-symptomes-qui-apparaissent-la-nuit-peuvent-annoncer-la-maladie-de-charcot-des-annees-apres-943083" /><meta name="syndication-source" content="https://www.topsante.com/medecine/ces-deux-symptomes-qui-apparaissent-la-nuit-peuvent-annoncer-la-maladie-de-charcot-des-annees-apres-943083" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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