Paracétamol et grossesse, pourquoi la grande peur de l’autisme ne résiste pas aux données scientifiques
<p>Aux Etats-Unis, des allégations récentes ont laissé entendre que la prise de paracétamol au cours de la grossesse pourrait être la cause un trouble du spectre autistique chez l’enfant à naître. Des chercheurs de l'Université de Londres (Grande-Bretagne) ont donc exploré un possible lien entre la prise de paracétamol au cours de la grossesse et la survenue d’un trouble du neurodéveloppement et ont passé au crible toutes les études européennes publiées sur le sujet.</p> <p>Les résultats viennent d'être publiés dans la revue britannique <a href="https://www.thelancet.com/journals/lanogw/article/PIIS3050-5038(25)00211-0/fulltext?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown" target="_blank" rel="noopener">The Lancet Obstetrics, Gynaecology &amp; Women’s Health</a>. Ils soulageront sans nul doute les futures mamans car les chercheurs l'affirment : "lorsqu’il est utilisé conformément aux recommandations, le traitement (autrement dit le paracétamol ndlr) ne présente aucun lien de causalité avéré avec l’autisme, le TDAH (trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) ou la déficience intellectuelle, selon les meilleures données disponibles".</p> <h2>Le paracétamol demeure le médicament de première intention</h2> <p>Même si <a href="https://www.topsante.com/maman-et-enfant/grossesse/la-grossesse-au-quotidien/paracetamol-risques-grossesse-609349?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">des études plus anciennes</a> avaient trouvé de petites associations statistiques entre prise prolongée de paracétamol et d'éventuels troubles neurodéveloppementaux chez l’enfant. <a href="https://www.topsante.com/medecine/cest-un-poison-en-cas-de-surdosage-un-medecin-alerte-sur-les-risques-de-ce-medicament-courant-940064?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Le paracétamol</a>, aussi appelé acétaminophène (ou Tylenol aux Etats-Unis) reste le médicament de première intention contre la fièvre pendant la grossesse, alors que <a href="https://www.topsante.com/maman-et-enfant/grossesse/la-grossesse-au-quotidien/pendant-la-grossesse-pas-d-anti-inflammatoire-non-steroidien-ains-621152?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">les AINS comme l’ibuprofène</a> sont déconseillés en fin de grossesse.</p> <p>La polémique a explosé l'an dernier quand Donald Trump a affirmé que les femmes enceintes ne devraient pas prendre ce médicament. Les scientifiques (parmi lesquels<a href="https://presse.inserm.fr/canal-detox/le-paracetamol-pendant-la-grossesse-augmente-le-risque-dautisme-chez-lenfant-vraiment/?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown" target="_blank" rel="noopener"> l'Inserm</a>) ont alors rappelé que ces propos ne reposaient sur aucune des preuves solides. Face aux questions de ses patientes, la professeure Asma Khalil, spécialiste de médecine fœto-maternelle à l’université St George’s de Londres, a résumé : "Le paracétamol est sans danger pendant la grossesse", a-t-elle déclaré. Elle ajoute que son équipe a voulu répondre précisément à ces peurs.</p> <h2>Une méta-analyse solide qui ne trouve pas de lien de causalité</h2> <p>Les chercheurs européens ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse incluant 43 études. Ils ont accordé une attention particulière aux travaux comparant des frères et sœurs, dont l’un a été exposé au paracétamol in utero et pas l’autre. Plus de 260 000 enfants ont été évalués pour l’autisme, environ 335 000 pour le TDAH et 405 000 pour la déficience intellectuelle.</p> <p>Résultat : aucune augmentation significative du risque d’autisme, de TDAH ou de déficience intellectuelle n’a été observée chez les enfants exposés. "Le message clé est la réassurance : lorsqu'il est utilisé comme recommandé, les données disponibles n'étayent pas l'existence d'un lien de causalité avec l'autisme, le TDAH (trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité) ou la déficience intellectuelle", détaille Asma Khalil.</p> <p>Les scientifiques rappellent toutefois que le paracétamol doit être pris à la dose efficace la plus faible et sur la durée la plus courte, et qu'il ne faut pas hésiter à demander conseil au médecin, à la sage-femme ou au pharmacien si un doute persiste.</p> <p><strong>Source</strong> : <em>Prenatal paracetamol exposure and child neurodevelopment: a systematic review and meta-analysis</em>, The Lancet Obstetrics, Gynaecology &amp; Women’s Health, janvier 2026</p> <meta name="original-source" content="https://www.topsante.com/maman_et_enfant/grossesse/la_grossesse_au_quotidien/paracetamol-et-grossesse-pourquoi-la-grande-peur-de-lautisme-ne-resiste-pas-aux-donnees-scientifiques-943132" /><meta name="syndication-source" content="https://www.topsante.com/maman_et_enfant/grossesse/la_grossesse_au_quotidien/paracetamol-et-grossesse-pourquoi-la-grande-peur-de-lautisme-ne-resiste-pas-aux-donnees-scientifiques-943132" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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