Le Journal

Budget 2026 : surtaxes, heures sup'… Les principales mesures déjà votées (et leur coût)
La bataille du budget fait rage. Entamé dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale la semaine dernière, l’examen du projet de loi de finances 2026 donne lieu ces derniers jours à des débats animés. Le vote solennel sur la partie "recettes" est prévu le 4 novembre prochain, avant de passer au travail sur le volet "dépenses". Dans le même temps, les députés ont également commencé l’examen du budget de la Sécu, le PLFSS, en commission des Affaires sociales. La question sensible de la suspension de la réforme des retraites a été inscrite dans ce texte par le gouvernement via une "lettre rectificative".Pour ce qui est du budget de l’État, de nombreuses mesures ont déjà été adoptées par les députés, en attendant l’explosif débat sur la taxe Zucman. En attendant, voici ce qu’ont acté pour le moment les parlementaires lors de leurs premiers échanges.Surtaxe sur les hauts revenus…Les députés ont reconduit l’imposition de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), déjà mise en place à l’occasion du budget 2025. Un amendement du député (MoDem) Jean-Paul Matteï a été adopté pour conserver cette surtaxe dans la loi jusqu’à ce que le déficit de l’État retombe sous les 3 % du PIB – chose qui n’est arrivée qu’à deux reprises depuis 15 ans. Avec la CDHR, les ménages aux revenus supérieurs à 250 000 euros par an seront donc imposés à un taux minimal de 20 %. Le gouvernement estime que cette mesure pourrait rapporter 1,5 milliard d’euros.… et sur les bénéfices des grandes entreprisesAutre héritage du budget 2025, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises a également été votée par les députés. Le gouvernement a ainsi fait adopter un amendement remodelant les modalités de cette mesure. Dans le détail, les bénéfices des entreprises réalisant entre 1 et 3 milliards de chiffre d’affaires seront surtaxés à hauteur de 5 % - quatre fois moins que l’an dernier. En revanche, au-delà de cette fourchette, les bénéfices des entreprises concernées seront soumis à une surtaxe alourdie par rapport au texte du projet de loi de finances, à hauteur de 35,6 %. Objectif ? Récolter 6 milliards d’euros de recettes dans les caisses de l’État.Pas de gel du barème de l’impôt sur le revenuC’est pour le moment le principal revers du gouvernement lors de ces premiers débats budgétaires. Inscrit dans le projet de loi de finances, comme dans la mouture présentée par François Bayrou l’été dernier, le gel du barème de l’impôt sur le revenu n’a pas été approuvé en séance publique. La suppression de la mesure a été actée après le vote d’un amendement du LR Laurent Wauquiez. Les députés ont rétabli, comme habituellement, l’indexation de ce barème sur l’inflation. Sans ce rejet, 200 000 nouveaux ménages seraient devenus imposables. Le coût de ce statu quo est évalué à 2 milliards d’euros, d’après la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.CVAE supprimée plus rapidement que prévuLa disposition était défendue par le gouvernement : l’accélération du calendrier de suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) a été confirmée par les rangs du Palais-Bourbon. Cet impôt de production devait jusque-là disparaître en 2030, mais les députés ont donc avancé cette échéance à 2028. Coût estimé de cette évolution d’agenda ? 1,3 milliard d’euros.Défiscalisations en cascadePlusieurs mesures de défiscalisation ont été validées lors de cette première lecture à l’Assemblée nationale. Deux d’entre elles ont été portées par le groupe de la Droite républicaine, mené par Laurent Wauquiez. Ce dernier a soutenu la défiscalisation des pourboires payés par carte bancaire, qui, après le vote de son amendement, sera effective jusqu’en 2028. Ce dispositif, aujourd’hui en vigueur, devait être interrompu au 31 décembre prochain. Autre amendement défendu par LR : la fin du plafond de 7 500 euros par an pour la défiscalisation des heures supplémentaires. Là aussi adopté en première lecture, ce changement devrait coûter 1 milliard d’euros par an,…

Droits de douane : l’astuce du Canada pour amortir le choc américain

Course à l’IA : pour réduire les coûts, Amazon va licencier des milliers de salariés dans ses bureaux

En guerre contre Wikipédia, Elon Musk lance sa propre encyclopédie en ligne
Elon Musk poursuit sa croisade contre les sources d’information mainstream. Le milliardaire a lancé lundi 27 octobre sa propre encyclopédie en ligne, nommée Grokipedia. Développé avec son entreprise xAI, l’outil s’affiche comme une alternative au site Wikipédia, lancé en 2001 et qui cumule aujourd’hui 7 millions de définitions en anglais. Mais celui-ci a été largement critiqué par Elon Musk et de nombreuses figures conservatrices aux États-Unis ces dernières années. La raison ? Des présumés biais idéologiques dans la rédaction des articles en ligne, censés en théorie adopter "un point de vue neutre".Musk et Wikipédia, de l’adoration à la haineLe point de vue d’Elon Musk sur Wikipédia a beaucoup évolué en moins d’une décennie. En 2017, il disait en effet "adorer" l’encyclopédie en ligne, appréciant le fait qu’elle "ne cesse de s’améliorer avec le temps". Mais son rapprochement avec la sphère Maga ("Make America Great Again") l’a finalement conduit à revoir sa position et à faire de son combat contre la plateforme un véritable cheval de bataille. Selon lui, Wikipédia serait ainsi contrôlée par des "activistes d’extrême gauche". "Coupez les financements à Wikipédia tant que l’équilibre n’est pas restauré !", tempêtait-il encore en janvier dernier. Il venait alors de découvrir que le site décrivait son geste polémique sur scène lors de l’investiture de Donald Trump comme pouvant être "comparé à un salut nazi ou fasciste".Lors de ses saillies contre Wikipédia, Elon Musk vise donc en particulier le profil des contributeurs – entièrement bénévoles – aux pages de l’encyclopédie en ligne. Le modèle de son nouveau concurrent, Grokipedia, est bien différent. Il se base sur l’assistant d’intelligence artificielle générative Grok, là aussi créé par Elon Musk et ses équipes. Cette solution est déjà disponible depuis plusieurs mois sur X, ex-Twitter racheté par le PDG de SpaceX en 2022. Si l’algorithme du réseau social fait déjà polémique depuis cette acquisition, Grok a lui aussi suscité la controverse. Conçu comme une alternative à ChatGPT, il a permis à plusieurs reprises la diffusion de fausses informations sur le web, à travers des réponses erronées.Erreurs et contenu biaiséQu’en est-il de Grokipedia ? En arrivant sur le site, l’interface se veut d’abord sobre, avec une simple barre de recherche pour débuter la navigation. Sur la forme, les pages des articles, elles, ressemblent davantage à Wikipédia, avec des notes destinées à retrouver les sources des informations rédigées. Le visuel des textes demeure en revanche compact et peu lisible pour le moment. Des améliorations à ce niveau pourraient bientôt intervenir, car Elon Musk a promis de mettre en ligne une version "dix fois meilleure" que celle actuelle – qui constitue déjà, d’après lui, un "meilleur" portail que Wikipédia.Sur le fond, le contenu s’avère problématique. Le contexte du lancement de Grokipedia témoigne d’ailleurs de l’aspect politique du projet : la semaine dernière, celui-ci avait été reporté car Elon Musk estimait que l’outil nécessitait "un travail supplémentaire pour purger la propagande" des informations qui y étaient délivrées. "Le but de Grokipedia est la vérité, toute la vérité et rien que la vérité", a pourtant assuré l’homme d’affaires ce lundi sur son compte X.Une promesse loin d’être remplie, tant le contenu de certaines pages laisse songeur quant à leur objectivité. Celle consacrée à Elon Musk lui-même évoque par exemple des critiques faites à son égard en raison… "des médias traditionnels, qui font preuve de penchants à gauche dans leur couverture". Dans l’article sur Joe Biden, la presse est aussi accusée d’être "souvent aligné [e] sur les institutions démocrates".Plusieurs erreurs ont également été relevées sur Grokipedia, tout comme des passages similaires au mot près au contenu de Wikipédia. Une conséquence logique, l’IA s’entraînant sur la base des données déjà existantes pour produire des éléments écrits. "L’ironie, c’est que Grokipedia sera…

Budget 2026 : une taxe Zucman pas si "light" que ça

La victoire de Javier Milei en Argentine : le choix de la tronçonneuse contre le chaos monétaire

Budget 2026 : les députés alourdissent la surtaxe sur les grandes entreprises

Législatives en Argentine : "Après la victoire de Javier Milei, les marchés sont euphoriques"
Depuis son arrivée à la Casa Rosada, le siège de l’exécutif argentin, fin 2023, Javier Milei s’est fait une spécialité de déjouer les pronostics. Peu d’économistes s’attendaient à un excédent budgétaire atteint en quelques mois, après des décennies de dérive des comptes publics. Encore moins à une baisse de l’inflation, qui gangrenait historiquement le pays. Ce dimanche 26 octobre, le président de l’Argentine a récidivé. Son parti, la Libertad Avanza, a remporté plus de 40 % des suffrages, renforçant sa présence au Congrès. Rien n’était pourtant gagné d’avance. Le libertarien avançait sur un fil, confronté à la méfiance des marchés financiers et chahuté par un scandale de corruption qui avait éclaboussé sa soeur. Pour accentuer la pression, Donald Trump avait conditionné son soutien financier à l’Argentine à la victoire du parti miléiste.Ce triomphe électoral conforte le gouvernement dans sa politique d’austérité et sa lutte contre l’inflation. Mais surtout, il offre de meilleures conditions pour engager de vastes réformes de la fiscalité et du marché du travail, explique Bruno de Moura Fernandes, responsable de la recherche macroéconomique à Coface.L’Express : Jusqu’au dernier moment, les marchés semblaient douter d’une victoire de Milei… Comment expliquer ce résultat surprise ?Bruno de Moura Fernandes : Les investisseurs avaient réagi négativement ces dernières semaines car ils ont extrapolé les résultats des élections dans la province de Buenos Aires, remportées par les péronistes. Ils avaient anticipé le pire, les bons du Trésor s’étaient fortement repliés. Or, les scrutins provinciaux ne sont pas comparables à une élection nationale, surtout pour un parti comme La Libertad Avanza - très jeune, centré sur une figure individuelle, sans réel ancrage local ni réseau militant structuré. Le contraire du péronisme, solidement implanté dans les syndicats, les associations et les structures de terrain.Le jour du scrutin, les partisans de Milei étaient inquiets de la faible participation, perçue comme un échec de la mobilisation. Pourtant, cette abstention a surtout pénalisé le camp kirchnériste : une partie des électeurs modérés n’a pas fait l’effort de voter, ou a choisi un vote utile au nom de la stabilité, en "donnant une chance" à Milei. Aujourd’hui, les marchés sont euphoriques et saluent sa victoire.Quel indicateur économique a, selon vous, le plus contribué à ce succès ?Principalement l’inflation. Elle atteignait des niveaux stratosphériques avant son élection, dépassant les 100 % en rythme annuel, mais Milei a réussi à la ramener à un niveau plus acceptable, autour de 30 %. Cela redonne de la visibilité aux ménages : ils peuvent désormais épargner, planifier, voyager. Le retour de la discipline budgétaire a aussi rassuré. Il y avait objectivement un peu de marge en Argentine, notamment sur les emplois fictifs dans les administrations ou les dépenses publiques excessives.Le gouvernement va tenter de maintenir le peso sur une trajectoire de dépréciation progressive. L’inflation devrait ainsi rester sous contrôle. C’est un indicateur fondamental car les Argentins regardent tous les jours la valeur de leur devise face au dollar.Malgré tout, Javier Milei n’a toujours pas la majorité au Parlement. Quels sont les prochains chantiers économiques auxquels il devra s’atteler ?Il reste, certes, minoritaire, mais sa position est renforcée. Dans l’ancienne configuration du Congrès, ses vétos pouvaient être annulés. Aujourd’hui, il devra négocier mais il a davantage de poids : le principal parti d’opposition est affaibli et les partis indépendants pourraient être plus ouverts aux compromis. Ce sera essentiel pour passer sa réforme du marché du travail, destinée à réduire le poids des syndicats dans les négociations salariales, ainsi qu’une vaste réforme fiscale.A quel point l’aide américaine, qui s’est matérialisée par un échange bilatéral de devises à hauteur de 20 milliards de dollars, peut-elle être déterminante pour l’avenir du…

Intelligence artificielle : Mistral passe à l’offensive face aux géants américains

Taxe Zucman : cette nouvelle version allégée que le Parti socialiste propose

Retraite à points, le "come-back" d’une usine à gaz

Retraites, franchises médicales, gel des allocations… Ce que prévoit le budget de la Sécu 2026
Un budget de la Sécu à l’issue incertaine. Les députés entament ce lundi 27 octobre, en commission des Affaires sociales, l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). L’objectif du texte ? Des économies massives, prévoyant de réduire le déficit du système de protection sociale français de 23 milliards d’euros en 2025 à 17,5 milliards l’an prochain. Si la composition fragmentée de l’Assemblée nationale devrait largement modifier le texte présenté par le gouvernement de Sébastien Lecornu, quelles sont les mesures prévues dans cette copie initiale ? Récapitulatif.Une suspension de la réforme des retraitesAvant d’être inscrite dans le PLFSS via une lettre rectificative, cette mesure a causé bien des controverses. Sous la pression d’une censure votée par les socialistes, le Premier ministre a accepté de suspendre la réforme Borne de 2023 jusqu’en janvier 2028. Le report de l’âge légal de départ à la retraite est donc stabilisé par le PLFSS à 62 ans et 9 mois jusqu’à cette date, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Mais cette mise en pause pourrait-elle vraiment se concrétiser ? Au Sénat, les Républicains ont déjà prévenu qu’ils comptaient rétablir l’emblématique texte de loi du second quinquennat Macron."Année blanche" pour les pensions de retraite et les allocationsÀ l’instar du gel du barème de l’impôt sur le revenu prévu dans le budget de l’État par le gouvernement, mais finalement retoqué samedi par les députés dans l’hémicycle, le gouvernement prévoit en 2026 de ne pas indexer sur l’inflation les pensions de retraite et le versement des prestations sociales. Le RSA, les APL ou les allocations familiales sont concernés par ce changement. Le but ? Réduire largement les dépenses de la Sécu. À plus long terme, le PLFSS prévoit de prolonger l’effort pour les retraités de 2027 à 2030, en les désindexant partiellement sur cette période.Économies dans le champ de la santéLe PLFSS prévoit une légère hausse de 1,6 % de l’Objectif national de dépenses de l’Assurance-maladie (Ondam) l’an prochain, malgré l’accélération du vieillissement de la population en France. Plusieurs dispositions doivent participer à cette ambition. Pour limiter d’éventuels abus, les motifs d’un arrêt de travail devront désormais figurer sur le document "à des fins de contrôle par l’Assurance maladie". Surtout, la durée d’un premier arrêt de travail sera dorénavant limitée par principe à quinze jours en médecine de ville et à un mois à l’hôpital – l’arrêt pouvant ensuite être renouvelé.Par ailleurs, un assuré social reconnu en affection longue durée non exonérante (majoritairement des patients en dépression légère ou souffrant de troubles musculo-squelettiques) n’aura plus le droit à un plafond de 1 095 journées d’indemnités journalières sur trois ans, mais à 360 jours, comme tous les assurés. Dans le projet de loi de finances, le gouvernement avait déjà proposé la fin l’exemption d’impôt sur le revenu sur les indemnités journalières liées à ces affections longue durée.Augmentation des franchises médicalesDans la même optique, le montant des franchises médicales, c’est-à-dire le reste à charge à payer par les patients sur différents traitements ou actes médicaux, devrait de nouveau augmenter en 2026. Sur les médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires, la hausse s’élèverait à 1 à 2 euros, contre 2 à 4 euros en ce qui concerne les participations forfaitaires sur les consultations, les examens radiologiques et les analyses biologiques. Ces sommes avaient déjà doublé en 2024. L’assuré devrait aussi participer dans deux secteurs jusqu’ici exemptés : les consultations chez le dentiste et les dispositifs médicaux. L’ensemble de ces mesures serait applicable par décret.Des changements dans le monde du travailLe budget de la Sécu planifie aussi plusieurs évolutions liées à la vie professionnelle. De nouvelles recettes pourront être obtenues à travers la soumission des…
