
Le marketing politique est un art. Le 23 octobre, les députés socialistes ont déposé un amendement au projet de loi de finances pour 2026 visant à créer un impôt minimum sur les très hauts patrimoines. Avec un taux de 3 %, il ciblerait les contribuables dont le patrimoine net global dépasse 10 millions d’euros - contre respectivement 2 % et 100 millions dans la désormais fameuse taxe Zucman. L’ensemble des biens, y compris les parts d’une société, entrerait dans l’assiette sauf s’il s’agit d’une entreprise familiale ou innovante. Deux exceptions censées rassurer les macronistes, inquiets des effets d’une telle mesure sur l’économie.
Pour faire passer la pilule, cette proposition est présentée par le PS comme une version "allégée" de la taxe Zucman. Elle rapporterait moins - 5 à 7 milliards d’euros, contre 15 à 20 milliards espérés pour l’original. En revanche, elle ratisserait beaucoup plus large que les 1 800 foyers ciblés par l’économiste vedette de la gauche.
Une exonération strictement encadrée
Quant à l’exonération pour raison familiale, elle serait strictement encadrée : seuls les foyers fiscaux - et non les familles dans leur ensemble - détenant plus de 51 % du capital et des droits de vote en seraient exemptés.
La plupart des milliardaires, qui possèdent rarement à titre personnel la majorité de leur groupe, souvent coté en Bourse, n’y échapperaient donc pas. Mais des entrepreneurs bien moins riches qu’eux, dont l’activité soutient localement l’emploi et la croissance, se retrouveraient dans le même sac. Le "light" a bon dos.


