“Ça fait plaisir mais la bataille n’est pas gagnée” : Robert Ménard réagit à un sondage qui le donne largement en tête aux municipales de Béziers

À un peu plus de deux mois des élections municipales, un sondage Ifop place le maire sortant de Béziers très largement en tête dès le premier tour. S’il accueille ces résultats avec satisfaction, Robert Ménard se montre prudent et appelle à la mobilisation.

Robert Ménard, maire de Béziers, sur le site des Orpellières. ©A.G.

À Béziers, la campagne des municipales de 2026 s’ouvre sur un rapport de force particulièrement déséquilibré. C'est en tous cas ce que suggère un sondage Ifop réalisé mi-décembre pour le magazine Entrevue qui crédite le maire sortant Robert Ménard d’une avance très confortable au premier tour, quels que soient les scénarios testés. L’édile recueillerait entre 60% et 67% des intentions de vote, y compris dans l’hypothèse d’une gauche unie et de la présence d’une liste du Rassemblement national, ce qui semble être le choix du parti d'extrême droite.

"Ce qui comptera, c’est le soir des élections"

Dans le scénario le plus défavorable, Robert Ménard reste au-dessus des 60 %, loin devant ses adversaires. La gauche plafonnerait sous la barre des 20 %, tandis que la liste RN atteindrait autour de 10 à 12 %. En cas de fragmentation de l’opposition, l’écart se creuse davantage encore. Le sondage met en évidence un soutien large et transversal, touchant toutes les classes d’âge et catégories socioprofessionnelles, ainsi qu’un électorat dépassant les clivages partisans traditionnels.

Sollicité, le maire de Béziers se dit satisfait. "Ça me fait plaisir. Je pense que c’est le signe que les Biterrois sont satisfaits de douze ans de travail acharné", déclare-t-il, tout en rappelant que "ce n’est qu’un sondage". Robert Ménard insiste sur la prudence, "il y a encore plus de deux mois de campagne. Je commence maintenant la campagne électorale. Ce qui comptera, c’est le soir des élections", affirme-t-il.

"Qu'est-ce qui a pu pousser le RN à l'idée saugrenue de présenter quelqu'un contre moi ?"

Le maire sortant souligne que ces chiffres constituent avant tout un facteur de mobilisation. "C’est très positif, ça nous mobilise encore plus, moi et toute l’équipe. Maintenant, on rentre en campagne et on expliquera non seulement ce qu’on a fait, mais aussi tous les projets que l’on porte." Il appelle également ses soutiens à se déplacer aux urnes : "Même ceux qui disent qu’ils vont voter pour moi, il faut aller voter. La bataille n’est pas gagnée."

Le co-fondateur de Reporters sans frontières (RSF) relève notamment un soutien majoritaire d’électeurs du Rassemblement national, préférant, selon lui, "un maire qui parle avec sa liberté de ton plutôt que des ordres d’un parti". Et d'ajouter, non sans une pointe d'ironie, "je ne sais pas qu'est-ce qui a pu pousser le Rassemblement national à l'idée saugrenue de présenter quelqu'un contre moi".

Si la popularité des maires sortants est un phénomène courant à l’approche des municipales, l’ampleur et la stabilité de l’avance mesurée à Béziers restent peu communes dans le paysage électoral français. Rares sont les maires qui sont crédités, avant le scrutin, de plus de 60 % des intentions de vote dans l’ensemble des configurations testées.

Espace publicitaire · 300×250