Vente d’huîtres suspendue : des ostréiculteurs furieux du traitement médiatique bloquent Midi Libre

Une cinquantaine d'ostréiculteurs encagoulés ont bloqué lundi 5 janvier au l’entrée du siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas pour dénoncer le traitement médiatique de la suspension de la vente des huîtres du l’étang de Thau. Le journal a indiqué porter plainte.

Des ostréiculteurs en colère ont incendié des pneus devant le siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas ©DR

Gros esclandre lundi 5 janvier au soir devant le siège de Midi Libre à Saint-Jean-de-Védas, où une cinquantaine d’ostréiculteurs chauffés à blanc ont bloqué l’entrée du bâtiment du journal. Le ferment de leur colère ? La couverture médiatique, qu’ils estiment à charge, de la suspension de la commercialisation de leurs huîtres après la détection d'un virus dans l'étang de Thau fin décembre.

Vers 19h30, ces manifestants, pour la plupart encagoulés, ont "mis le feu à des palettes et des pneus, bloquant ainsi tous les accès" au journal, à la sortie de Montpellier, explique Midi Libre. Les flammes ont endommagé le portail d'entrée, ajoute le quotidien régional, selon qui les manifestants ont "insulté les journalistes et les personnels présents, leur reprochant le traitement médiatique de la crise sanitaire qu'ils traversent et les menaçant de représailles".

“La violence et la stupidité ont frnachi un nouveau cap”

Vers 23h30, les gendarmes sont intervenus pour "inciter les manifestants à quitter les lieux", selon le journal. "Il y avait de la tension, mais l'évacuation s'est passée en bonne intelligence", a confirmé un porte-parole de la gendarmerie, précisant qu'il n'y avait pas eu d'interpellations.

"Hier soir, la violence et la stupidité ont franchi un nouveau cap", a cinglé dans un éditorial le directeur de l'information de Midi Libre, Olivier Marino, en fustigeant "ceux qui désignent la presse comme le bouc émissaire de leur propres turpitudes". Le groupe Midi Libre va déposer plainte, a indiqué à l'AFP son directeur général délégué, Alain Baute.

Sentiment de stigmatisation chez les producteurs

"Ce qui s'est passé n'est pas une atteinte à la liberté de la presse" mais la dénonciation d'articles qui "nous stigmatisent injustement", a réagi auprès de l'AFP le président du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM), Patrice Lafont.

Depuis le 30 décembre, la récolte et la commercialisation des huîtres, moules et palourdes de l'étang de Thau sont suspendues par arrêté préfectoral en raison de la présence de virus dans l'eau ayant causé "plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives". Selon la préfecture, la contamination est très probablement une conséquence de l'intense épisode pluvieux survenu dans la deuxième quinzaine de décembre dans le département.

Patrice Lafont a indiqué avoir déposé plainte lundi pour "mise en danger des consommateurs" et "contamination du milieu", afin que la lumière soit faite sur l'origine de la contamination et pour "obtenir la reconnaissance du préjudice" de cette "fermeture dévastatrice".

Petite mer intérieure, la lagune de Thau s'étend sur quelque 7 000 hectares, à proximité de Sète et d'Agde. Elle constitue à la fois un écosystème d'exception et la plus grosse zone conchylicole de la Méditerranée, avec 10% de la production nationale d'huîtres. Elle représente quelque 3 000 emplois.

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