
Au Zénith de Montpellier le 17 janvier pour un concert années 80, réunissant plusieurs stars françaises de la décennie, Eric Fettweis, cofondateur du groupe Partenaire particulier, revient sur le succès fulgurant de sa chanson éponyme qui, 40 ans plus tard, continue d’être scandée tel un mantra d’amour.
Pourquoi, 40 ans après sa sortie, votre célèbre chanson, éponyme à votre groupe, continue selon vous d’autant séduire ?
On m’a souvent posé la question, mais je ne suis pas sûr d'avoir trouvé la bonne réponse. C’est assez difficile de comprendre les mécanismes du succès d’un titre, pourquoi une chanson va plus traverser les âges que d’autres... Je pense que pour l’époque, cette musique était assez moderne, ce qui facilite sa capacité à durer. Mais je pense que le plus important, ce sont les paroles : elles sont assez simples, universelles et parlent à tout le monde, à toutes les générations.
Dans notre société sur-connectée à l’amour 2.0, où la solitude s’installe chez beaucoup, les paroles de Partenaire particulier restent-elles plus que jamais d'actualité ?
Je ne suis pas très au fait de la façon dont les jeunes générations appréhendent leurs relations amoureuses. Mais j'entends beaucoup parler des applications de rencontres comme Tinder, et ça me laisse un peu dubitatif... Mais après tout, peut-être que les jeunes générations trouvent cela tout à fait normal. Quand on est jeune et qu’on manque de confiance, d’assurance, les choses ne sont pas toujours simples pour trouver l’amour. Cette chanson a permis de poser des mots sur un sentiment profond. S’il y a bien une chose que je ne compte plus, c’est le nombre de personnes qui m’ont dit qu’ils s’étaient rencontrés sur, ou grâce à ma chanson. C'est incroyable.
Comment avez-vous vécu ce succès tout aussi immense que fugace ?
Alors au début, effectivement, le succès est arrivé très vite. Peu de temps après la sortie du titre, on était en haut du top 50. Tout cela a été très rapide, on était des gamins insouciants. Et je pense qu’on n'a pas vraiment réalisé ce qui nous arrivait, la chance qu’on avait de connaître un tel succès. On était des gamins... [rires] Si on pouvait refaire l’histoire, j’aimerais que ce succès se fasse de façon plus progressive pour mieux l’appréhender et pour peut-être qu’il dure davantage. Mais à l’époque, on ne pensait pas en termes de carrière ou de stratégie. Et c’est vrai que le retour à la vie normale n’a pas été facile par la suite.
Avez-vous développé d’autres activités en parallèle de votre carrière ?
Quand la musique a commencé à se tasser pour moi au début des années 90, je me suis intéressé à tout ce qui touchait à la création graphique. Ça m'a notamment permis de faire des pochettes de disques pendant plusieurs années. Aujourd’hui, je fais beaucoup de motion design, d’animations vidéos. J’essaie de faire des choses qui m’amusent, d’explorer de nouveaux univers.
Quel regard portez-vous sur la musique française actuelle ?
J'ai beaucoup de mal, depuis quelques années, à trouver des choses que j'aime dans les productions actuelles, peut-être parce que je suis en train de devenir un vieux con [rires]. En tout cas, je trouve que la musique réalisée aujourd’hui est assez standardisée, uniforme, appauvrie même. Je pense aussi qu'au bout d'un moment, le décalage entre générations est trop important. Mes goûts ont été façonnés dans les années 80. Donc forcément, les référentiels ne sont plus vraiment les mêmes.
En concert le 17 janvier au Zénith de Montpellier à 20h. Tarif : de 42€ à 62€. Réservation ici.








