“On sort de la précarité” : l’ARS confirme l’ouverture d’une antenne d’urgences à Lodève

Lodève respire. Après seize années d’un dispositif expérimental "constamment menacé", l’Agence régionale de santé Occitanie a validé la transformation du Centre d’accueil et de permanence des soins en antenne de médecine d’urgence ce mardi 25 novembre. Pour la maire Gaëlle Lévêque, cette décision représente "une sortie de la précarité" et "un tournant pour l'accès aux soins dans tout le Lodévois et Larzac.

Centre Hospitalier de Lodève ©Maps

Longtemps marqué par des fermetures ponctuelles, un manque de médecins et un financement instable, le système de soins du Lodévois-Larzac évoluait dans un cadre fragile. La validation, ce mardi 25 novembre, par l’ARS Occitanie d’une antenne de médecine d’urgence adossée au CHU de Montpellier et au service mobile d’urgence et de réanimation (Smur) de Clermont-l’Hérault constitue “une étape administrative majeure pour le territoire”

“On sort de la précarité”, lance Gaëlle Lévêque, qui y voit “un socle solide” pour structurer l’offre de santé locale. La prochaine phase repose, dit-elle, sur “la constitution d’une équipe médicale suffisante”, dans un contexte national de tension sur les recrutements, afin de mettre en œuvre pleinement le dispositif.

"Une victoire collective"

À Lodève, la question des urgences n’a jamais été un simple dossier administratif : elle concentre depuis 2008 les inquiétudes d’un territoire rural confronté à la fermeture de la clinique Saint-Pierre et de son service d’urgences. Pour maintenir une réponse minimale, un Centre d’accueil et de permanence des soins (Caps) expérimental avait été créé, financé par des fonds spécifiques, régulièrement remis en question. “L’expérimentation avait quasiment vingt ans. On ne pouvait plus continuer ainsi”, rappelle la maire de Lodève, évoquant “l’usure des équipes hospitalières” face à cette instabilité.

La mobilisation qui s’est structurée au fil des années a été large : habitants, syndicats, élus municipaux et intercommunaux, communes du Sud-Aveyron, territoires du Bédarieuxois, ainsi que l’association “Pour de véritables urgences à Lodève”, créée en 2016. L’élue raconte : “On a multiplié les rencontres, les diagnostics, les temps d’échanges. Nous sommes apparus comme un interlocuteur solide pour l’Agence régionale de santé". Ce rassemblement durable aurait selon elle permis de “déplacer le rapport de force” et de rendre audible la situation d’un établissement souvent considéré comme “un petit hôpital rural”.

Une antenne d’urgence consolidée

Pendant seize ans, le Caps fermait régulièrement ses portes, faute de stabilité et de médecins. L’autorisation d’une antenne de médecine d’urgence par l’ARS Occitanie vise à mettre fin à cette imprévisibilité. “Il y a désormais une ligne de financement dédiée, garantie par l’Agence régionale de santé. C’est un changement total”, explique Gaëlle Lévêque.

L’intégration dans un réseau de partenaires - CHU de Montpellier, Smur de Clermont-l’Hérault, services d’orientation des patients — marque “une évolution notable par rapport à l’ancien système, où le directeur de l’hôpital devait seul assurer la recherche de médecins pour couvrir les plannings”.

L’engagement veut que l’antenne fonctionne seize heures par jour, de huit heures à minuit, sept jours sur sept. “Cette amplitude garantit un niveau d’accueil constant, y compris en période de tension médicale. L’objectif reste une ouverture vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Ce n’est pas une question de volonté ni de financement, c’est une question de disponibilité des médecins”, pointe-t-elle. Le délai maximal de trois ans fixé pour déployer l’ensemble du dispositif pourrait être raccourci si les recrutements se concrétisent. “C’est tout un écosystème de soins qui se renforce, chacun à sa place”, conclut la maire.

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