
Ancienne adjointe à la culture à Mauguio-Carnon et désormais candidate aux municipales 2026, Patricia Moullin-Traffort revient sur les raisons de son départ de la majorité, les désaccords sur l’urbanisme et la gouvernance, ainsi que les priorités qu’elle souhaite porter pour la commune.
Pourquoi avez-vous choisi de conduire une liste pour les municipales de 2026 ?
Après notre départ en mars, un vrai cheminement s’est enclenché au sein de notre groupe. Les échanges avec la population nous ont confortés dans l’idée que nous ne pouvions pas laisser les choses suivre leur cours sans proposer une alternative. Nous avons travaillé avec beaucoup d’engagement dans nos délégations, et je considère que de belles réalisations ont vu le jour. Notre départ n’était pas une rupture avec tout ce qui avait été fait, mais avec une orientation politique qui ne nous ressemblait plus.
Très clairement, les choix d’urbanisme engagés ne correspondaient plus à notre vision. Continuer à cautionner ces décisions aurait été impossible. C’est pour cela que nous avons décidé de porter un autre projet, réaliste et respectueux des habitants de Mauguio-Carnon.
Vous parlez de divergences profondes sur la gouvernance. Quelle méthode souhaitez-vous instaurer si vous êtes élue ?
Ma conception du travail collectif n’a rien à voir avec la méthode actuelle. En tant qu’enseignante, j’ai toujours travaillé dans des environnements où le groupe, le partage, la parole libre sont essentiels pour avancer. Pour moi, une équipe municipale ne peut pas fonctionner autour d’un cercle restreint de quelques personnes qui décident seules. Il faut pouvoir débattre, confronter les idées, enrichir les projets par la pluralité des points de vue. C’est cette dynamique qui permet de construire des politiques publiques solides. La gouvernance que je souhaite mettre en place repose sur la transparence, la circulation des informations, la confiance et l’implication réelle des élus dans les décisions.
Quel diagnostic faites-vous aujourd’hui de l’état de la commune ?
Mauguio-Carnon reste une ville attractive, parce qu’elle bénéficie d’atouts indéniables : un tissu associatif riche, une qualité de vie reconnue, une vitalité économique. Cette construction s’est faite sur plusieurs mandats et a porté ses fruits. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, ce sont les orientations prises récemment, en particulier en matière d’urbanisme. Des choix structurants risquent de détériorer l’image de la commune et de fragiliser son équilibre. La Font de Mauguio, par exemple, était un projet vertueux à l’origine, pensé pour permettre un parcours résidentiel aux jeunes. Mais le programme a été dévoyé : les prix se sont envolés, les objectifs initiaux n’ont pas été atteints, et même l’école prévue n’a pas vu le jour.
À cela s’ajoute une redensification du centre-ville beaucoup trop intensive, qui prévoit davantage de logements en dix ans que les quatre tranches de la Font réunies. Cela crée des immeubles plus hauts, dans des quartiers pavillonnaires où les habitants se retrouvent du jour au lendemain face à des constructions qui ne respectent pas leur cadre de vie. Nous défendons une autre vision de la production de logements, plus progressive et plus respectueuse des habitants.
Le stationnement à Carnon a été très contesté. Comment comptez-vous aborder ce dossier ?
Le stationnement à Carnon est un parfait exemple de décision prise sans réelle concertation. Le bureau d’études a proposé une grille tarifaire et des zonages qui auraient pu être appliqués dans n’importe quelle ville, sans tenir compte des usages locaux. Les Carnonnais ont eu le sentiment que leurs besoins n’avaient pas été entendus. Pour nous, ce dispositif doit être entièrement remis à plat. Les habitants ne sont pas opposés à une tarification en saison, car ils savent que l’afflux de visiteurs peut compliquer leur quotidien. Mais ils demandent une solution cohérente, adaptée, construite avec eux. C’est ce que nous voulons mettre en place, en associant réellement habitants et commerçants, sans plaquer des modèles standards.
Quels sont vos axes prioritaires pour Carnon, où les enjeux littoraux sont spécifiques ?
Carnon a des besoins très concrets qui n’ont pas été intégrés dans le projet « Carnon 2030 ». Les habitants demandent par exemple une liaison Carnon-Est / Carnon-Ouest. Carnon doit être entendu pour ce qu’il est : une station balnéaire confrontée à la saisonnalité, au risque climatique, à des enjeux de mobilité particuliers. C’est un territoire qui demande une attention fine et une présence sur le terrain. J’aurai une première adjointe issue de Carnon-Est, et plusieurs colistiers très impliqués localement, dont certains étaient engagés dans le collectif contre les parkings payants. Ils connaissent profondément les attentes des Carnonnais et les relayeront dans notre projet.
Votre liste est complète. Comment est-elle constituée ?
Elle est complète, mais elle ne se résume pas aux sept élues qui ont quitté la majorité. Seules quatre d’entre nous ont choisi de se représenter. Notre départ n’avait rien d’un calcul : il s’agissait d’un désaccord politique majeur. Frantz Denat, qui était adjoint à l’urbanisme, nous a rejoints après avoir lui-même quitté la majorité plus tôt, lorsqu’il a identifié les dérives du nouveau projet d’urbanisme. Nous avons toujours travaillé en bonne intelligence avec lui, y compris durant la période où il était seul dans l’opposition. Nous partageons une même façon d’avancer : librement, avec un souci constant de cohérence et d’honnêteté envers les habitants.
Quels profils composent votre équipe ?
C’est une liste plurielle, sans extrême, sans couleur partisane locale. Je ne suis encartée nulle part et je considère que pour des élections municipales, le bon sens et l’intérêt général doivent primer. Nous avons privilégié les compétences, l’engagement et la représentativité du territoire. Des Melgoriens, des Carnonnais, des habitants de Vauguières et des Garrigues sont présents. La liste réunit des entrepreneurs, des agriculteurs, des professionnels de santé, des acteurs du monde associatif. Une équipe indépendante, ouverte, ancrée dans la réalité du terrain. Nous présentons chaque colistier progressivement sur les réseaux sociaux, afin que la population puisse découvrir, au fil des semaines, la diversité et l’engagement de cette équipe








