Nouvelle passe d’armes entre la députée Nathalie Oziol (LFI) et les socialistes héraultais

Raillée par les barons du PS, qui déplorent le manque de pertinence de ses récentes propositions contre les violences sexistes et sexuelles, la députée et candidate insoumise Nathalie Oziol dénonce l'inaction de ses adversaires et rend les coups reçus.

Nathalie Oziol, à la manifestation contre les violences sexistes et sexuelles samedi 22 novembre à Montpellier ©DR

La joute verbale par tweets interposés a repris entre la députée insoumise de l'Hérault Nathalie Oziol (LFI)et plusieurs cadres locaux du Parti socialiste. Moins de trois semaines après l'âpre polémique sur l'emploi de la formule "musulman intégriste" par Michaël Delafosse pour qualifier l'assassin de Samuel Paty, à laquelle la députée insoumise LFI suggérait celle de "d'islamiste intégriste", un nouveau front s'est ouvert entre la candidate insoumise aux élections municipales et les ténors socialistes du territoire, fidèles soutiens du maire sortant Michaël Delafosse.

Présente dans le cortège des manifestants défilant contre les violences sexistes, sexuelles (VSS) et de genre samedi 22 novembre à Montpellier, Nathalie Oziol a égrainé dans une vidéo les mesures qu'elle appliquerait une fois les clés de la mairie en main. "En tant que maire, je me constituerai partie civile pour tout dépôt de plainte de victime de VSS", explique-t-elle. Plus loin, la députée promet de "former les agents de la police municipale à ces problématiques pour assurer l'accueil des victimes".

Sauf que ces agents de police n'ont pas les prérogatives nécessaires pour prendre en charge ce type de victimes, et l'élu à la Ville en charge à la sécurité Sébastien Cote s'en est donné à coeur joie pour le rappeler d'un ton professoral, et ainsi dézinguer son adversaire politique : "votre niveau est affligeant", écrit-il avant de suggérer à la députée de "bosser un peu". Ce à quoi Nathalie Oziol répond qu'il s'agit simplement d'un "choix politique".

"Faites un stage auprès de moi"

Sur la question de se constituer partie civile aux côtés des victimes, c'est le sénateur Hussein Bourgi (PS) qui s'est chargé d'un message cinglant, tout aussi condescendant et qu'empli de sarcasme : "vous avez tout faux. Un maire ne peut pas se constituer partie civile pour ce type d’infraction. Seules les victimes et les assos de victimes peuvent le faire. Consultez un livre de droit pénal et / ou faites un stage auprès de moi".

Attaquée et raillée, Nathalie Oziol préfère rendre les coups plutôt que de les ignorer. "C'est puant de sexisme et de misogynie", répond-t-elle au sénateur. À l'approche des municipales, les controverses devraient se multiplier et les tensions s'exacerber entre l'insoumise et les barons socialistes, soldats locaux d'un conflit national entre deux parties se disputant le leadership à gauche.

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