Vallée de l’Hérault : 2,8 millions d’euros de travaux engagés sur les stations d’épuration de Saint-Jean-de-Fos et Arboras

La Communauté de communes Vallée de l’Hérault a validé ce mardi 18 novembre la modernisation des stations d’épuration de Saint-Jean-de-Fos et d’Arboras. Deux projets inégaux mais stratégiques, portés par des installations en fin de carrière et des normes environnementales qui se durcissent.

Station d'épuration de la vallée de l'Hérault à Saint-Jean-de-Fos©Saur

Le sujet pourrait sembler technique, presque banal : remplacer deux stations d’épuration vieillissantes. Mais dans une vallée où la ressource en eau conditionne à la fois l’urbanisme, le tourisme et l’équilibre naturel, ces équipements deviennent des marqueurs politiques. La Vallée de l’Hérault engage donc 2,8 millions d’euros pour moderniser deux sites très différents : Saint-Jean-de-Fos, commune en croissance, et Arboras, village suspendu dans un paysage classé.

Dans les deux cas, les équipements actuels datant des années 1980 et 1990 ne suffisent plus. Les normes se renforcent, la population augmente, les épisodes de sécheresse se répètent. L’effort est conséquent pour une intercommunalité rurale, atténué par les financements de l’Agence de l'eau rhône méditerranée Corse et du Conseil départemental de l’Hérault.

“Investir aujourd’hui dans l’assainissement, c’est protéger l’eau, l’environnement et la qualité de vie des habitants pour les décennies à venir”, assure Jean-François Soto, président de la Vallée de l’Hérault.

Une nouvelle station, symbole d’un territoire qui grandit

À Saint-Jean-de-Fos, la station à trois lagunes des années 1990 ne répond plus ni aux exigences réglementaires ni au volume d’eaux usées généré par la commune. Sa capacité actuelle de 1 600 équivalents habitants limite désormais la marge de manœuvre urbanistique. Un handicap discret mais réel pour un village qui doit gérer à la fois sa croissance résidentielle et son attractivité touristique.

La Communauté de communes Vallée de l’Hérault opte ici pour une reconstruction intégrale : une nouvelle station dimensionnée à 2 600 équivalents habitants, soit un bond de 60 %. Le choix technique - une filière à boues activées - reste classique mais solide, plébiscité pour sa régularité de performance. La nouveauté se joue dans le traitement tertiaire, combinant filtre micrométrique et UV pour obtenir une eau de rejet compatible avec la baignade dans l’Hérault, un argument qui pèse dans une vallée où la qualité du cours d’eau conditionne une partie de l’activité locale.

La gestion des boues s’inscrit dans une logique de sobriété : lits de séchage plantés de roseaux, technologie naturelle à faible coût énergétique. Pour limiter l’impact foncier, une ancienne lagune sera réutilisée.

Le chantier débutera mi-janvier 2026 pour un an, pour un montant de 2 400 000 € HT. L’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse apporte 764 314 €, un soutien qui limite l’augmentation potentielle des tarifs d’assainissement.

Sobriété maximale pour un village sous contrainte paysagère

À Arboras, l’installation datant de 1983 n’est plus aux standards : une fosse toutes eaux, deux lits de séchage devenus inutilisables et une capacité limitée à 150 équivalents habitants. Ici, l’enjeu n’est pas la croissance mais la conformité, et surtout la préservation d’un paysage classé où toute intervention technique doit se faire en douceur.

Le choix du filtre planté de roseaux s’impose comme une évidence. Capacité : 200 équivalents habitants. Fonctionnement : entièrement gravitaire, sans pompe, sans électricité, sans produits chimiques. Une sobriété qui n’est pas une concession mais une stratégie : peu d’énergie, peu de maintenance, et une insertion quasi invisible. Un dispositif écologique mais aussi économique pour une petite commune qui ne peut absorber les coûts d’exploitation d’une technologie plus lourde.

L’intégration paysagère est traitée comme un volet à part entière : respect des lignes naturelles, revégétalisation, adaptation au périmètre patrimonial remarquable. Dans un village accroché au relief, où le bâti ancien dialogue avec la vigne, une station d’épuration trop visible serait un contresens.

Les travaux, commencés en octobre 2025, doivent s’achever en février 2026. Coût total : 385 000 € HT, financés à hauteur de 65 521 € par l’Agence de l’eau rhône méditerranée Corse et 96 000 € par le Conseil départemental de l’Hérault.

Espace publicitaire · 300×250