
« Il devient difficile de faire semblant de ne pas comprendre ce qui est en train de se jouer », amorcent Emmanuel Hirsch, Michel Houellebecq et Laurent Frémont dans une tribune signée conjointement dans Le JDD, lundi 19 janvier. Le lendemain, la proposition de loi sur l’aide à mourir doit être débattue en séance publique au Sénat.
Les trois signataires parlent « d’un changement de nature, d’un déplacement décisif de la frontière morale sur laquelle reposent encore nos sociétés. L’interdit de tuer n’est pas un principe abstrait ». L’aide à mourir prévoit de recouvrir à la fois le suicide assisté et l’euthanasie. D’autoriser « une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale ». Mais sous certaines conditions.
« Quelque chose de profondément troublant pour une démocratie moderne »
« Il y a, dans cette évolution, quelque chose de profondément troublant pour une démocratie moderne. Lorsqu’une communauté politique consacre tant d’énergie à se montrer plus soucieuse d’organiser la fin que d’assurer les conditions d’une vie digne jusqu’au bout, c’est que sa capacité à penser le bien-vivre s’est affaiblie, voire effondrée », peut-on ensuite lire dans cette tribune.
« Lorsqu’une démocratie renonce à débattre lucidement de ce qu’elle s’autorise à faire aux plus fragiles, elle affaiblit son propre socle éthique », écrivent-ils. Avant de parler d’un « aveu de renoncement ».
En mai 2025, la comédienne Line Renaud et Gabriel Attal signaient une tribune en faveur de ce texte dans La tribune dimanche : « Les malades qui souhaitent être accompagnés vers la mort ne le font ni par lubie ni par légèreté ». « Cette question est trop grave, trop lourde, trop sérieuse, pour être à son tour victime de récupération et otage de guerres purement politiciennes », disaient-ils aussi.
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