
Lors d’un conseil municipal particulier et mouvementé entre hommage au maire décédé et passes d’arme politiques, Mireille Passerat de la Chapelle a été élue maire de Saint-Jean-de-Védas le lundi 5 janvier au soir. Membre du groupe politique du défunt maire François Rio, la nouvelle édile de bientôt 78 ans ans a été élue pour assurer la transition jusqu'aux élections de mars 2026.
Le conseil municipal du lundi 5 janvier a commencé par un hommage à François Rio, décédé soudainement le 20 décembre dernier. Puis les élus sont passés au vote pour départager les deux candidats à sa succession pour diriger Saint-Jean-de-Védas pendant deux mois et demi, jusqu’aux élections de mars 2026. Moins d’une heure après le début de la séance, Mireille Passerat de la Chapelle a été élue avec 16 voix, contre 14 voix pour l’ancien premier adjoint Christophe Van Leynseele et un bulletin blanc.
Avant d’être élue, Mireille Passerat de la Chapelle avait expliqué vouloir se présenter "pour continuer" ce que François Rio lui avait demandé de faire, notamment la maison de la nature. "Je sais que c’est une période de transition mais il y a des dossiers en cours. Je n’ai aucun intérêt personnel, vu mon âge étant la doyenne mais au moins pour ces deux mois, je souhaite participer à la vie de Saint-Jean-de-Védas", a expliqué la nouvelle maire de 78 ans, juste avant d’être élue.
"Je suis arrivée il y a 15 ans à Saint-Jean et jamais je ne pensais porter cette écharpe", a ajouté Mireille Passerat de la Chapelle juste, retraitée des ressources humaines qui vient des Yvelines. "Je sais que la charge va être importante. Merci à vous, j’ai un peu de mal à parler car je ne m’attendais pas à cela. Et après le départ de François, c’est lourd pour tout le monde", a-t-elle ajouté en enfilant maladroitement l’écharpe tricolore.
Volonté de continuité
Le conseil municipal avait commencé par une volonté de "continuité" prônée par les opposants dont certains sont candidats aux élections de mars 2026. Tous ont proposé un candidat issu du camp de François Rio, dont le groupe avait été réduit à six conseillers.
"Le maire qui va assurer l’intérim devra réussir l’organisation de ces élections municipales qui vont permettre à la démocratie locale de s’exprimer. Il serait inopportun d’utiliser cette situation à des fins politiques en vue des élections politiques à venir", s'est prononcé Vincent Boisseau.
L'opposant et candidat à la mairie en mars 2026, Richard Plautin, a déclaré vouloir "désigner un maire dont la mission sera de gérer les affaires courantes dans la continuité et l'apaisement jusqu'à la fin du mandat". Emmanuelle Mysona, elle aussi opposante et candidate, a assuré que la priorité est "d'assurer la continuité dans l'intérêt général et pour le bien des administrés".
"Ce conseil est lunaire !"
Mais la séance a rapidement dégénéré au moment de voter pour le premier et seul adjoint. Car la maire a été élue face à l’ancien premier adjoint Christophe Van Leynseele, lui aussi issu du camps du défunt maire. Perdant et déçu, l'ancien bras droit de François Rio a donc refusé de se présenter pour être de nouveau le premier adjoint, malgré les demandes pressantes de l'opposition.
Il a expliqué avoir été mis au courant de la candidature de sa concurrente à 16h30 le jour même, soit trente minutes avant le début du conseil. "Ce conseil est lunaire ! Pourquoi vous me demandez à moi d’être premier adjoint ? La confiance est rompue, ce n’est pas possible de travailler comme ça. Vous avez élu Mireille maire, prenez vos responsabilités. Vous êtes dans l’opposition depuis plus d’un an, vous cassez les bonbons, vous bloquez tout…"
Les échanges se sont durcis, chacun s’accusant de manigances politiques et se disant choqué de la tournure que prend ce conseil dans un climat de deuil. "Arrêtons de nous écharper", a lancé un conseiller dans une tentative d'apaisement. Un autre élu a appelé la maire, qui est un peu dépassée et qui n’est pas rompue ni à l’exercice ni au protocole, à reprendre la main. Jusqu’à ce que l’ordre revienne à peu près pour élire le premier adjoint, Henri Fontvielle, avec seulement 11 voix pour lui et 18 bulletins blancs.








