
Expulsée de son logement social après une décision de justice liée à l’affaire pénale de son ex-compagnon, Samira Ameur, mère de trois enfants, vit aujourd’hui à la rue. Soutenue par des proches et des militants associatifs, elle a manifesté le mercredi 7 janvier devant l'hôtel de ville pour demander un relogement d’urgence, tandis que la mairie de Montpellier assume une position de fermeté.
Un peu après 14 heures, devant les grilles fermées de l’hôtel de Ville de Montpellier, une dizaine de personnes se sont rassemblées le mercredi 7 janvier, mégaphones et pancartes en carton à la main. Objectif : défendre Samira Ameur et dénoncer une situation jugée injuste par ses soutiens.
Mère de trois enfants, Samira Ameur a reçu le 14 mai 2025 un avis d’expulsion de son logement social situé dans le quartier de la Pompignane. Depuis le 6 octobre dernier, elle se dit à la rue et demande à être relogée en urgence.
La mère de famille assure qu’elle dort soit dans sa voiture, soit chez des connaissances qui l’hébergent ponctuellement. “J’ai peur pour mes enfants, le plus jeune a trois ans et celui de 15 ans est déboussolé. C’est pour leur bien-être que je souhaite être relogée”, confie-t-elle, la gorge serrée.
Fermeté de la mairie
Mais selon les manifestants, la mairie refuse tout échange. “Le cabinet du maire a dit qu’il n’y aura aucun dialogue. C’est dommageable”, regrette Nasser Nouali, de l’association les Harkis et la République qui soutient Samira Ameur.
La municipalité, elle, justifie l’expulsion. "Sur la base d’une décision de justice, nous avons appliqué la règle zéro impunité dans le logement social. Quand vous dealez dans le logement social, vous êtes expulsé du logement social. Dans ce cas, la personne ne faisait pas que dealer : elle conservait aussi des armes. Il y a eu une décision de justice, et nous avons mis en œuvre l’expulsion. C’est aussi une manière de dire qu’on ne laisse pas s’installer une forme d’impunité", réagit le maire Michaël Delafosse.
Cette décision fait suite à la condamnation à quatre ans de prison pour trafic de stupéfiants du père de son plus jeune fils, dont Samira Ameur est séparée depuis la grossesse.
"Je n'ai jamais été condamnée"
La principale intéressée réfute toute implication. “Je n’ai jamais été condamnée, je n’ai jamais fait de garde à vue. Le père de mon fils avec qui je n’ai jamais été mariée ne vivait plus chez moi au moment de son arrestation... On a essayé de m’assimiler à son histoire alors qu’il n’était pas dans le bail”. Samira Ameur assure également avoir un casier judiciaire vierge.
Dans le quartier, certains voisins prennent sa défense. “Ça fait 40 ans que j’habite dans le quartier, j’ai vu Samira naître et grandir, son fils est le meilleur ami du mien. Samira est respectée, il n’y a jamais eu de trafic de drogue dans le domicile de Samira Ameur. Je ne permettrai pas qu’on la salisse en la traitant de délinquante et de trafiquante”, témoigne Patricia Boissière.
"Je veux juste les mettre en sécurité"
Présent lors du rassemblement, Nasser Nouali insiste sur la situation sociale de Samira Ameur. “Je ne conteste pas la décision de justice, je veux juste mettre cette mère et ses enfants en sécurité”.
Samira Ameur est par ailleurs petite-fille de harkis, un élément qui, selon elle, aggrave les tensions. “Mes enfants se sont fait insulté dans la rue de sales harkis. On m’a dit de retourner dans mon pays mais je suis Française, mes enfants sont nés en France et mes grands-parents se sont battus pour la France... je trouve ça inadmissible”.
Une nouvelle mobilisation pourrait être organisée dans les prochaines semaines devant la préfecture de l’Hérault.







