
Dimanche 4 janvier, à Lunel, l’église Notre-Dame-du-Lac bascule en direct sur France 2. Pour la messe des Rois, Le Jour du Seigneur choisit le centre-ville héraultais pour ouvrir son année 2026.
Il est un peu plus de 10 heures, ce dimanche 4 janvier. La nef est pleine, dense, presque saturée. Près de 400 personnes ont pris place, occupant chaque banc, chaque espace disponible. À l’extérieur, sur le parvis, des fidèles restent debout, contraints de renoncer à entrer. À l’intérieur, le brouhaha est discret mais continu : chuchotements, froissements de manteaux, pas rapides. On n’est pas encore dans le silence liturgique, mais déjà plus tout à fait dans l’attente ordinaire d’un office. Le direct approche.
“Une messe télé, c’est un travail de précision”
Dans les bas-côtés, les équipes du Jour du Seigneur s’activent sans relâche. Caméras ajustées au millimètre, perches vérifiées, liaisons testées avec le car régie installé à l’extérieur. Stéphanie Gugny, chargée de liturgie télévisée, circule d’un groupe à l’autre, micro à la main, oreillette branchée, attentive au moindre détail. “Une messe télé, ce n’est jamais une simple retransmission. Tout est pensé pour que la célébration reste fidèle à ce qu’elle est, tout en étant compréhensible à l’écran”, explique-t-elle.
La préparation, rappelle-t-elle, commence bien en amont : “On travaille pendant des mois avec la paroisse. Le jour J, on est dans l’aboutissement, pas dans l’improvisation.”
Chaque année, l’émission reçoit entre 200 et 250 demandes. À Lunel, le choix s’est imposé autour d’un moment précis : la messe des Rois. “Il y avait ici une identité liturgique et culturelle très forte. C’était cohérent avec ce que l’émission cherche à montrer aujourd’hui.”
Répéter pour mieux disparaître
Près du chœur, les choristes répètent à voix basse, reprennent une entrée, ajustent un souffle. Les tambourinaires vérifient leurs gestes. Les Arlésiennes, en costume traditionnel, refont la procession avec les enfants de chœur. On corrige un placement, on ralentit un pas, on ajuste un regard. “La télévision demande une rigueur particulière, mais elle ne doit jamais écraser le sens de la célébration. Tout l’enjeu est là.”
Autour de l’assemblée, une trentaine de professionnels s’activent discrètement. Six caméras ont été installées dans l’église, portées par quatre cadreurs, reliées à un car régie stationné à proximité. Deux camions de matériel, un groupe électrogène autonome, un dispositif son et lumière entièrement reconfiguré : le direct impose sa propre architecture. “Une messe télévisée, ce n’est jamais juste le dimanche matin”, rappelle Stéphanie Gugny. Repérages, répétitions, réglages techniques et coordination avec la paroisse et la municipalité se sont étalés sur plusieurs semaines, pour que, à l’antenne, tout paraisse simple sans dénaturer. “On adapte la technique au lieu, jamais l’inverse. Une église reste un espace liturgique, pas un plateau”, résume Thierry Hubert, prêtre catholique et producteur du Jour du Seigneur.
Dans les bancs, le public observe cette agitation maîtrisée. Plusieurs bénévoles de la paroisse confient : ”On sent que tout est très organisé, mais ça reste très respectueux. Ce n’est pas intrusif.”
Une assemblée au cœur du direct
La production y tient : l’assemblée fait partie intégrante de la retransmission. Les caméras ne se contentent pas de cadrer le chœur ; elles cherchent aussi les visages, les regards, les silences. Stéphanie Gugny le rappelle : “La messe, ce n’est pas un spectacle. C’est un dialogue entre ceux qui célèbrent et ceux qui sont là. À l’écran, il faut que cela se voie.”
À l’antenne comme en ligne, l’audience demeure fidèle à la plus ancienne émission du monde encore diffusée. Chaque dimanche, Le Jour du Seigneur rassemble entre 650 000 et 850 000 téléspectateurs en direct. À Lunel, ce rendez-vous dominical marque aussi le lancement d’un nouveau format de magazine, conçu pour être plus étroitement lié aux territoires qui accueillent la célébration.
“Ce que l’on montre ici, ce n’est pas seulement une messe, c’est une communauté, une culture, une manière de vivre la foi”, résume Thierry Hubert. Dans l’église, les déplacements se raréfient. Les dernières consignes circulent à voix basse. Les portes se ferment. Le silence s’épaissit, presque solennel. Encore quelques secondes : le générique va partir.
Replay du Jour du Seigneur sur https://www.france.tv/france-2/messe/8020716-messe-de-l-epiphanie.html








