<p>La tension monte dans les états-majors automobiles. À cinq jours de la révision par Bruxelles de l'interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035, Xavier Chardon, le directeur général de Citroën, monte au créneau. Sur TF1, il a dressé le constat d'une Europe à deux vitesses. Plaidant pour une souplesse réglementaire, il réclame l'intégration de solutions alternatives pour ne pas laisser les automobilistes sur le carreau face au mur des prix.</p> <h2>L'illusion d'une Europe unie</h2> <p>Xavier Chardon n'a certainement pas choisi la date de son intervention au hasard. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=CXPPmPKK8Aw&utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">En s'exprimant ce jeudi matin sur le plateau de la matinale de TF1</a>, il sait que les décideurs européens sont dans la dernière ligne droite des arbitrages. Son message principal est un rappel à la réalité. Le dirigeant de <a href="https://www.autoplus.fr/marque/citroen?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">la marque aux chevrons</a> a mis le doigt sur ce qui ressemble à un trompe-l'œil. On se félicite souvent que l'électrique représente <em>"grosso modo 20 %"</em> des ventes en Europe, soit une voiture sur cinq. Mais cette moyenne cache des disparités importantes qui rendent l'application d'une règle unique extrêmement périlleuse. D'un côté, il y a la Norvège, l'élève modèle (et riche), où <strong>le marché est converti à près de 100 %</strong>. De l'autre, des pays comme l'Italie ou l'Espagne, où la part de marché de l'électrique stagne péniblement autour de 5 %.</p> <p>Pour Xavier Chardon, cette <em>"Europe désunie"</em> est la preuve que le calendrier de 2035 se heurte au mur du réel. <strong>On ne peut pas imposer la même marche forcée à un automobiliste andalou ou sicilien qu'à un citadin d'Oslo</strong>. C'est pourquoi il réclame de la <em>"souplesse"</em>. Ce terme, diplomatique en apparence, est en réalité une demande de révision des objectifs pour s'adapter à un <em>"marché qui n'avance pas au rythme espéré"</em>. L'industrie a besoin de temps pour que l'infrastructure et le pouvoir d'achat dans les pays du Sud rattrapent le retard, sous peine de créer une fracture de mobilité majeure au sein de l'Union.</p> <h2>Le porte-monnaie du client comme seul juge de paix</h2> <p>Si le marché patine, ce n'est pas faute d'offre. Xavier Chardon a tenu à défendre le bilan des constructeurs, et le sien en particulier. Citroën a fait ses devoirs et propose des véhicules électriques de la petite <a href="https://www.autoplus.fr/marque/c3?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">C3</a> abordable à la C5, en passant par l'intégralité de la gamme utilitaire. Les investissements ont été réalisés, les usines transformées. <strong>La balle n'est plus dans le camp des ingénieurs, mais dans celui des clients.</strong> Et la réponse de ces derniers est sans appel :<em> "pas tout de suite"</em>. Le frein principal reste, sans surprise, le coût. Le patron de Citroën ne tourne pas autour du pot et explique sans détour que l'électrique est encore <em>"plus cher que le thermique aujourd'hui"</em>. Pire, pour les professionnels qui utilisent des véhicules utilitaires, l’électrique peut virer au cauchemar s'ils ne disposent pas de recharge à domicile ou au bureau. <strong>Il faut bien reconnaître que le coût à l'usage sur les bornes publiques reste prohibitif pour un artisan</strong>.</p> <p>C'est pourquoi Xavier Chardon insiste sur la nécessité de maintenir des <a href="https://www.autoplus.fr/environnement/bonus-ecologique-2026-quelle-voiture-electrique-accessible-a-moins-de-15-000-e-1411176.html?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">aides financières</a> assez conséquentes, car sans subventions, la transition est socialement inacceptable pour une grande partie des foyers. Face à cette impasse, le dirigeant plaide pour une ouverture technologique, une sorte de plan B. Plutôt que de tout miser sur la batterie lourde et chère, <strong>il suggère à Bruxelles de ne pas fermer la porte à d'autres solutions bas carbone</strong>. Il cite le range extender (un petit moteur thermique qui recharge la batterie pour les longs trajets) ou les biofuels. L'idée est de permettre une transition plus douce, moins binaire, qui laisserait aux consommateurs le choix de la technologie la mieux adaptée à leur budget et à leur usage, plutôt que de leur imposer une solution unique qu'ils ne peuvent pas s'offrir. Reste à savoir si Bruxelles, obsédée par le zéro émission à l'échappement, sera prête à entendre cet appel à la nuance mardi prochain.</p> <meta name="original-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/le-patron-de-citroen-demande-a-leurope-plus-de-souplesse-1413716.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/le-patron-de-citroen-demande-a-leurope-plus-de-souplesse-1413716.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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