Lamera Cup : l’endurance amateur se paie une échelle nationale

Le championnat monotype de Thomas Merafina passe à la télévision nationale. Sport en France et Auto Plus TV diffuseront la saison 2027, sept manches dans quatre pays, avec un objectif affiché : plus de 35 voitures au départ. Derrière le dispositif médiatique, une équation économique que peu de championnats amateurs savent résoudre.

La Lamera Cup cherchait un partenaire capable de parler à tous ses publics sans multiplier les contrats. Reworld Media aligne la télévision, le digital et des marques installées comme Auto Plus. Pour un championnat de cette taille, réunir cette cohérence chez un seul acteur reste rare.

Les deux antennes ne jouent pas la même partition. Sport en France, chaîne du mouvement sportif, apporte la légitimité : la Lamera Cup y est traitée comme une compétition à part entière, pas comme un divertissement mécanique. Auto Plus TV ouvre l’autre porte, celle des passionnés d’automobile, le vivier naturel des futurs pilotes.

L’équité sportive comme argument commercial

Le modèle tient sur deux piliers. D’abord la monotype : tous les concurrents roulent en Lamera, moteur turbo de 330 ch scellé. Personne n’achète des dixièmes de seconde, la hiérarchie se construit sur les pilotes et les équipes. Ensuite la convivialité, qui n’est pas un supplément d’âme mais une contrepartie contractuelle. Les équipages passent trois jours au paddock, avec proches et partenaires. Sur les sept week-ends de 2027, dans quatre pays, cela se traduit par de l’hospitalité, des relations d’affaires et des expériences de piste. Au Castellet cet été, plus de 400 personnes ont partagé le dîner du samedi soir.

À cette offre s’ajoute un média propre : le magazine L’Insider, distribué en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg dans des golfs, des concessions haut de gamme et des hôtels.

Ce que la diffusion change, concrètement

Le premier effet est une échelle. Une diffusion nationale répétée sur toute la saison installe le championnat chez un public qui ne serait jamais venu sur un circuit.

L’effet le plus tangible concerne les pilotes. Beaucoup financent leur saison grâce à leurs propres partenaires : pouvoir annoncer une diffusion télévisée change la nature de la discussion. Les équipes y gagnent un argument pour constituer leurs équipages. Les partenaires, eux, passent d’une promesse de visibilité à des retombées identifiables : diffusions programmées, formats définis, contenus réutilisables. C’est la condition pour convaincre des marques nationales au-delà du réseau historique.

Raconter une saison, pas des courses

Le choix éditorial est assumé. Peu de spectateurs regardent une course d’endurance du début à la fin. Ce qui fait suivre un championnat, ce sont les gens. Les équipages sont donc suivis de Dijon en mars à Aragón en novembre, avec une narration qui se déploie manche après manche : sujets télé, vidéos sociales, puis articles sur les sites d’Auto Plus et de Sport 365 entre deux week-ends. L’Insider prend le relais pour aller plus loin avec un pilote ou un partenaire.

Côté diffuseur, Alexis Benichou, Responsable Pole TV chez Reworld Media, met en avant la structure du championnat, l’accès aux équipes, aux pilotes et aux coulisses — de quoi construire des formats dynamiques et immersifs. L’Insider TV documente l’envers du décor. L’accessibilité revendiquée par la Lamera Cup sert directement cette ambition : rendre le sport automobile compréhensible pour des spectateurs qui n’en étaient pas familiers.

35 voitures et une filière

L’objectif 2027 est chiffré : plus de 35 voitures au départ. Le championnat est passé d’environ 26 voitures par manche en 2025 à une moyenne de 30 cette saison. La visibilité nationale doit permettre de franchir le cap.

Le second chantier porte sur le week-end lui-même : accueillir d’autres plateaux pour que la piste vive du matin au soir, et développer l’hospitalité. Plus il se passe de choses, plus il y a d’histoires à raconter à l’antenne et plus les partenaires ont de raisons d’inviter leurs clients.

À moyen terme, Thomas Merafina décrit une filière en trois étapes : la LMR Lite pour passer du karting au circuit, la Lamera Cup pour se former à l’endurance, la LMR One pour préparer l’accès au GT3. Un programme de détection de jeunes pilotes complète l’ensemble. L’ambition n’est pas de choisir entre championnat de référence pour les amateurs et plateforme de détection : les deux se renforcent. Un jeune talent progresse plus vite au contact de pilotes expérimentés. À terme, l’idée est qu’un pilote puisse entrer dans le sport automobile et accéder au haut niveau de l’endurance sans changer d’écosystème.

AJ

LAMERA CUP
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