
Le sélectionneur marocain a pointé du doigt la stratégie de tension psychologique adoptée par le camp sénégalais lors de l’interruption du match, estimant qu’elle a directement conduit à l’échec de Brahim Diaz sur le penalty de la gagne.
Pour Regragui, les quinze minutes de chaos provoquées par le retrait des joueurs sénégalais vers les vestiaires ont « liquidé » la concentration de son meneur de jeu. Le technicien a dénoncé une image « honteuse » pour le football africain, fustigeant le comportement de son homologue Pape Thiaw. Selon lui, en arrêtant la rencontre aux yeux du monde, le Sénégal a instauré un climat délétère qui a brisé le rythme de Brahim Diaz, par ailleurs meilleur buteur du tournoi avec 5 réalisations, au moment le plus crucial de sa carrière internationale.
« Si on veut revenir aujourd’hui aussi par rapport au match, l’image qu’on a donnée de l’Afrique aujourd’hui c’est un peu honteux. Quand un entraîneur demande à ses joueurs de sortir du terrain… Il avait commencé déjà en conférence de presse, tant mieux pour lui. »
« Comme je dis à la fin, il faut toujours rester classe dans la défaite comme dans la victoire », a-t-il ajouté. « Ce qu’a fait Pape ce soir, ça n’honore pas l’Afrique. Ce n’est pas classe mais ce n’est pas grave, il est champion d’Afrique donc il a le droit de dire ce qu’il veut. On a arrêté le match aux yeux du monde pendant au moins dix minutes. Ça n’a pas aidé Brahim, ce n’est pas une excuse de la façon dont il l’a tiré mais voilà, on ne va pas revenir en arrière, il l’a tiré de cette manière-là. On va l’assumer, surtout moi en tant que coach, on regarde de l’avant. »
Le sélectionneur des Lions de l’Atlas refuse toutefois de se cacher derrière cette excuse pour justifier le choix technique de son joueur. S’il reconnaît que l’interruption n’a pas aidé, il assume la responsabilité collective de cet échec, rappelant que Diaz avait réussi son tir au but contre le Mali précédemment mais qu’il a, cette fois, failli dans un timing « hitchcockien ». Regragui a souligné que cet instant précis a fait basculer la finale en faveur des Sénégalais, plongeant le groupe et le peuple marocain dans une immense tristesse.
« Brahim a frappé un tir au but contre le Mali et l’a marqué. Aujourd’hui, il l’a loupé. Ça fait partie du football, dans ce timing. » Son échec a plombé son équipe, finalement battue en prolongation. « A partir du moment où on a manqué le penalty, tout a tourné en notre défaveur. (…) A la fin, c’est un scénario « hitchcockien » avec ce penalty à la dernière seconde qui aurait pu nous offrir le titre. C’est malheureux pour le peuple marocain. On peut parler des heures, le groupe va revenir plus fort. C’était l’opportunité d’une vie pour certains et pour moi. »
Malgré la colère, Walid Regragui a tenté de conclure sur une note de résilience, affirmant que son groupe reviendrait plus fort, tout en concédant que cette finale représentait « l’opportunité d’une vie » pour de nombreux joueurs de cette génération. Le Maroc doit désormais panser ses plaies après avoir vu son rêve d’une deuxième étoile s’envoler dans la confusion la plus totale.



