Ce que signifie vraiment le fait de détester les bruits de bouche, selon la psychologie
<p>Pour certains, les <strong>bruits de mastication</strong>, de respiration ou de déglutition ne relèvent pas du simple inconfort. Ils s’imposent comme une véritable intrusion, parfois insupportable, qui déclenche une réaction immédiate et incontrôlable. Loin d’un caprice ou d’un manque de tolérance, cette hypersensibilité sonore s’inscrit dans un <strong>mécanisme psychologique bien identifié</strong>, encore mal compris, mais réel. La psychopraticienne Aurélie Delmas le rappelle d’emblée dans les colonnes du <a href="https://sante.journaldesfemmes.fr/psycho/3253173-ce-que-signifie-le-fait-de-detester-les-bruits-de-bouche/?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown" target="_blank" rel="nofollow noopener"><em>Journal des Femmes</em></a> : <em>"Il s'agit d'un trouble psychocorporel qui entraîne une réaction automatique du système nerveux face à certains sons"</em>.</p> <p>Ce trouble, qui concernerait environ <strong>15 % de la population</strong> à des degrés variables, ne se limite pas à une gêne passagère. Il peut profondément altérer le quotidien et la santé mentale. Le sentiment de ne pas être compris, la difficulté à<strong> expliquer ce rejet viscéral</strong> et l’exposition constante aux sons déclencheurs nourrissent souvent l’isolement et la honte. À force, cette <a href="https://www.mariefrance.fr/equilibre/un-bouclier-emotionnel-invisible-marcher-dans-la-rue-les-yeux-rives-sur-son-telephone-ce-que-la-psychologie-revele-sur-votre-anxiete-sociale-1221209.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">tension permanente peut favoriser l’anxiété</a>, voire des états dépressifs, tant la lutte contre l’environnement sonore devient épuisante.</p> <h2>Les bruits de bouche, miroir d’une hypersensibilité émotionnelle</h2> <p>Ce phénomène porte un nom précis : <strong>la misophonie</strong>, littéralement « la haine du son ». Chez les personnes concernées, le cerveau ne classe pas ces bruits dans la catégorie des désagréments ordinaires. Il les interprète comme une menace immédiate.<em> "Les sons déclencheurs provoquent une hyperactivation du cortex insulaire, des zones cérébrales clés dans la <strong>gestion de la menace</strong> et des émotions"</em>, explique Aurélie Delmas. Le système nerveux bascule alors <strong>en mode alerte</strong>, entraînant des réactions physiques et émotionnelles intenses, telles que la colère, l’accélération du rythme cardiaque ou une sensation de brouillard mental.</p> <p>Cette réponse disproportionnée ne surgit pas par hasard. Même si la recherche manque encore de recul, un terrain favorable se dessine nettement. La misophonie apparaît plus fréquemment chez des personnes ayant connu des <strong>expériences traumatiques</strong> ou évoluant sur un fond anxieux. Elle émerge souvent à l’adolescence, dans un cadre familial, période où les émotions et les repères sont particulièrement fragiles. Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve ce trouble chez des profils hypersensibles, anxieux ou <strong>présentant un TDAH</strong>.</p> <p>Ces personnes partagent une caractéristique centrale : une <strong>sensibilité accrue</strong>, à la fois émotionnelle et sensorielle. Elles perçoivent avec intensité ce qui les entoure, qu’il s’agisse des émotions, des tensions relationnelles, des ambiances ou des micro-bruits que d’autres finissent par ne plus entendre. Leur système nerveux, plus réactif, capte et <strong>amplifie les stimulations extérieures</strong>. La misophonie s’inscrit ainsi dans une manière singulière d’être au monde, <a href="https://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/faites-jamais-lit-matin-personnalite-psychologie-bonne-chose-1235720.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">profondément liée à la personnalité</a>.</p> <div id="attachment_1085802" class="wp-caption alignnone"><span style="display: block;" class="wrap-img" id="wrap-img-1085802"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1085802" itemprop="thumbnailUrl" class="wp-image-1085802 img-responsive size-full" src="https://sf.mariefrance.fr/wp-content/uploads/sites/5/2024/10/design-sans-titre-12.jpg" alt="Jeune femme croquant dans une pomme verte" width="1280" height="720" /></span><p id="caption-attachment-1085802" class="wp-caption-text">Chez certaines personnes hypersensibles, les bruits de bouche sont perçus par le cerveau comme une menace immédiate</p></div> <h2>La bouche, point de départ d’une réponse incontrôlée</h2> <p>Le terme « misophonie » est pourtant récent. Il n’apparaît qu’en 2002, à la suite des travaux du couple de chercheurs Jastreboff. Avant cela, <em>"il y avait une<strong> errance scientifique totale</strong>"</em>, souligne Aurélie Delmas. Les bruits de bouche ne sont d’ailleurs pas les seuls en cause. De nombreux sons dits mécaniques peuvent jouer ce rôle de déclencheur, comme le cliquetis d’un stylo, le tapotement d’un clavier ou le <strong>frottement répétitif d’un vêtement</strong>. <a href="https://www.mariefrance.fr/equilibre/a-80-ans-ceux-qui-resistent-le-mieux-au-declin-du-cerveau-partagent-tous-ces-8-routines-simples-selon-les-psychologues-1236395.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Le cerveau réagit alors comme face à une agression</a>.</p> <p>Toute la différence réside dans cette réaction automatique. <em>"Un misophone qui entend quelqu'un renifler va avoir une <strong>réaction instantanée</strong>, alors que pour un autre, c'est juste désagréable. C'est toute la nuance"</em>, précise la psychopraticienne. Dans les transports, au travail ou à l’école, ces<strong> sons sont omniprésents</strong>, rendant l’évitement presque impossible et renforçant la fatigue psychique des personnes concernées.</p> <div id="attachment_1186394" class="wp-caption alignnone"><span style="display: block;" class="wrap-img" id="wrap-img-1186394"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1186394" class="wp-image-1186394 img-responsive size-full" src="https://sf.mariefrance.fr/wp-content/uploads/sites/5/2025/07/personne-ne-le-sait-mais-voici-pourquoi-il-est-deconseille-de-boire-de-leau-apres-avoir-mange-du-melon.jpg" alt="Femme qui croque dans du melon" width="1280" height="720" /></span><p id="caption-attachment-1186394" class="wp-caption-text">Les bruits de bouche et certains sons du quotidien déclenchent chez les personnes misophones une réaction immédiate et incontrôlable du cerveau, perçue comme une agression</p></div> <h2>Bruits de bouche et thérapie : retrouver un équilibre</h2> <p>Le parcours de soin reste complexe, d’autant que la misophonie n’est <strong>pas officiellement reconnue comme un trouble</strong> à part entière dans les classifications médicales comme le DSM-5. Il n’existe pas non plus de spécialiste unique. Plusieurs professionnels peuvent toutefois accompagner les patients, du psychologue au psychiatre, en passant par le neuropsychologue ou le médecin ORL. Pour Aurélie Delmas, l’enjeu est clair : <em>"On vit mieux avec la misophonie en travaillant sur la <strong>régulation de son système nerveux</strong>"</em>.</p> <style>.twitter-tweet{margin-left:auto;margin-right:auto;}</style> <blockquote class="twitter-tweet"> <a class="twitter-link" rel="noindex, nofollow" href="https://twitter.com/mariefrancemag/status/2008205395815170227?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown"></a> </blockquote> <p>En séance, elle s’appuie sur des outils de régulation émotionnelle, de TCCE ou d’EMDR, avec une priorité assumée :<em> "La première étape est de venir mettre de la sécurité dans un système nerveux bloqué en mode 'danger'</em>.<em>"</em> La misophonie n’est alors<strong> plus perçue comme une faiblesse</strong>, mais comme le signe d’un système particulièrement vigilant.<em> "Le trouble misophone est un peu comme un volcan : quand il est tout le temps activé, il est en éruption. Le but, c'est de <strong>le garder endormi</strong>."</em></p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/signifie-vraiment-fait-detester-bruits-bouche-selon-psychologie-1237590.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/equilibre/psycho/signifie-vraiment-fait-detester-bruits-bouche-selon-psychologie-1237590.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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