Accord franco-algérien de 1968 : nouveau revirement de situation

L'accord de 1968, un traité bilatéral entre la France et l'Algérie, a été à l'origine d'une série de négociations et d'ajustements concernant les questions migratoires. Dernièrement, ce traité a été remis en question suite aux récentes déclarations du ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, concernant un processus de révision unilatérale des termes de cet accord.

L'Accord de 1968 régit, entre autres, les conditions de l'immigration algérienne en France, ainsi que les modalités de travail et de séjour des ressortissants algériens. Cependant, les relations entre la France et l'Algérie se sont détériorées au fil des années, et de nombreux points de l'accord n'ont pas été réévalués depuis sa signature. C'est dans ce contexte que le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nunez, a annoncé une révision de cet accord.

Lors d'une interview publiée le 23 décembre 2025 dans le quotidien Le Journal du Dimanche, Laurent Nunez a affirmé que la France procédait à une révision des accords de 1968 sur demande du président français Emmanuel Macron et de son Premier ministre. Cette annonce marque un tournant dans la politique migratoire de la France à l'égard de l'Algérie.

Le contenu de la révision

Selon Laurent Nunez, la révision des accords de 1968 vise à réexaminer certaines clauses, notamment en ce qui concerne le contrôle des flux migratoires et les procédures de retour des ressortissants algériens en situation irrégulière. Cette révision est décrite comme étant un processus parallèle aux discussions techniques en cours avec les autorités algériennes. Le ministre a précisé que l'objectif était de parvenir à un consensus autour de la gestion de ces questions migratoires sur le long terme, et de ne pas se limiter à des solutions ponctuelles.

Nunez a également mentionné les négociations en cours sur le retour des Algériens en situation irrégulière, un sujet sensible entre les deux pays. Selon ses déclarations, la France espère obtenir une coopération plus active de la part des autorités algériennes sur ces questions. Toutefois, il a souligné que, jusqu'à présent, la réponse algérienne n'avait pas été suffisamment proactive, notamment sur le nombre de personnes à expulser.

Le ministre français a insisté sur le fait que les discussions sur la révision des accords de 1968 ne doivent pas être interprétées comme une rupture des relations entre la France et l'Algérie, mais plutôt comme un moyen d’adapter les termes de l’accord aux réalités actuelles.

La position de la France et de l'Algérie

Le ministre de l'Intérieur français a évoqué les tensions qui existent autour de l'accord de 1968, en particulier en ce qui concerne le traitement des demandes d'expulsion. La France, à travers son ministre de l'Intérieur, insiste sur le respect des conditions et des procédures de retour des ressortissants algériens, mais l'Algérie, de son côté, a toujours défendu l’importance d'une coopération rigoureuse et d'un respect mutuel des processus administratifs, notamment à travers des arrangements consulaires précis.

Depuis plusieurs mois, les relations entre les deux pays sont tendues, en grande partie à cause de divergences sur la gestion de la migration et de l'immigration. Cette situation a été exacerbée par l'absence de dialogue direct au niveau des ambassadeurs depuis le départ de l'ancien ambassadeur français, Stéphane Romatet, et l’expulsion de diplomates français en Algérie.

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Source : ObservAlgerie

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