Le patron de Volvo exhorte l’Europe de maintenir l’interdiction des véhicules thermiques
<p>Les têtes pensantes du groupe Volvo-Polestar comparent la résistance actuelle de l'industrie aux vieux combats contre la ceinture de sécurité ou le pot catalytique. Pour Håkan Samuelsson et Michael Lohscheller, l'industrie automobile ne bouge que sous la contrainte.</p> <h2>Une vérité qui dérange ?</h2> <p>Les constructeurs détestent qu'on leur force la main. <strong>Ils plaident pour la neutralité technologique</strong>, un terme plutôt élégant pour dire <em>"laissez-nous faire ce qu'on veut tant que ça se vend</em>". Pourtant, <a href="https://www.autoplus.fr/actualite/volvo-croit-encore-aux-hybrides-rechargeables-et-veut-les-garder-longtemps-1405229.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Volvo</a> et sa marque sœur <a href="https://www.autoplus.fr/polestar?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Polestar</a> ont décidé de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Sans le bâton du régulateur, l'industrie n'avance pas, ou du moins, pas assez vite. Håkan Samuelsson, figure de la marque suédoise (aujourd'hui dans le giron du Chinois Geely), a prononcé une phrase qui n’est vraiment pas passée inaperçue. "<em>Si elles n'étaient pas obligatoires, nous aurions probablement 30 % de nos voitures sans ceintures de sécurité"</em>, a-t-il déclaré, rapporte <a href="https://www.theguardian.com/business/2025/dec/02/china-volvo-polestar-eu-2035-petrol-car-sweden-germany?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">The Guardian</a>. Il pousse le bouchon encore plus loin en évoquant les pots catalytiques. Selon lui, sans obligation légale, ils n'existeraient probablement même pas. <strong>Tout simplement parce qu'ils représentent un coût additionnel</strong>.</p> <p>Samuelsson pointe une vérité historique. L'automobile a souvent dû être traînée de force vers le progrès. Aurions-nous des airbags, l'ABS de série ou des caméras de recul si l'Europe et les États-Unis n'avaient pas tapé du poing sur la table ? Probablement pas. <strong>La priorité d'une entreprise reste son bilan comptable</strong>. Cette sortie médiatique intervient alors qu’aux États-Unis, le débat fait rage sur le coût des normes de sécurité. En Europe, c'est l'échéance de 2035 qui cristallise les tensions. L'Allemagne, terrifiée à l'idée de perdre son savoir-faire mécanique, <strong>pousse Bruxelles à revoir sa copie pour laisser une place aux carburants synthétiques et aux hybrides</strong>.</p> <h2>Pour Volvo, la menace chinoise ne prendra pas de vacances</h2> <p>Michael Lohscheller, le patron de Polestar, se montre tout aussi direct que son collègue. Pour lui, l'idée de <em>"faire une pause" </em>de cinq ans est une illusion. <em>"Les Chinois ne feront pas de pause. Ils vont prendre le dessus"</em>, avertit-il. Si Bruxelles envoie le signal que la transition peut attendre, <strong>elle met en réalité des centaines de milliers d'emplois en danger</strong>. L'erreur serait de croire que l'Europe peut se protéger derrière des barrières douanières éternelles. Samuelsson balaie cette idée d'un revers de main.<strong> Les constructeurs chinois ne vont pas se contenter d'envoyer des bateaux, ils vont s'installer chez nous !</strong> Ils construiront, et construisent déjà, des usines en Hongrie et en Slovaquie. Les tarifs douaniers ne les arrêteront pas.</p> <p>Il faut dire que Volvo et Polestar appartenant au groupe Geely, ont investi des sommes colossales dans l'électrification. Polestar est né électrique (si l'on oublie la parenthèse hybride de la Polestar 1), et Volvo a entamé sa mue il y a des années. <strong>Voir l'Europe changer les règles du jeu en cours de route, alors qu'ils ont misé tous leurs jetons sur la case batterie, serait une catastrophe industrielle pour eux.</strong> Ils n'ont aucune envie de voir leurs investissements partir en fumée parce que <a href="https://www.autoplus.fr/marque/volkswagen?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Volkswagen</a> ou Mercedes préfèrent prolonger la rente du moteur à piston. Le réveil sera brutal si les marques européennes historiques passent les cinq prochaines années à freiner des quatre fers plutôt qu'à perfectionner leurs logiciels et leurs batteries. Comme le résume Lohscheller : "<em>Si l'Europe ne prend pas la tête de cette transformation, soyez assurés que d'autres pays le feront à notre plac</em>e."</p> <meta name="original-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/le-patron-de-volvo-exhorte-leurope-de-maintenir-linterdiction-des-vehicules-thermiques-1412541.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.autoplus.fr/actualite/le-patron-de-volvo-exhorte-leurope-de-maintenir-linterdiction-des-vehicules-thermiques-1412541.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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