Data centers d'IA : Google et Nvidia promettent de moduler la conso pour éviter le black-out

Google, Nvidia et Emerald AI, une jeune société américaine spécialisée dans la gestion d'énergie des centres de données, ont lancé cette semaine l'AI Energy Management Alliance, une coalition d'une vingtaine d'acteurs qui veut apprendre aux data centers d'intelligence artificielle à moduler leur consommation électrique selon l'état du réseau.

Un data center flexible, dans leur vocabulaire, ralentit, met en pause ou déplace ses calculs les moins urgents pendant les quelques heures où le réseau est sous tension, typiquement un soir de canicule quand tous les climatiseurs du pays tournent en même temps, au lieu d'aspirer du courant en continu comme le font tous les data centers aujourd'hui.

En échange de cette bonne volonté, les industriels réclament des raccordements plus rapides. Il faut savoir qu'aux États-Unis, un nouveau data center peut patienter jusqu'à dix ans avant d'être branché au réseau, un délai devenu complètement absurde au moment où tout le monde veut construire des usines à IA.

Le patron d'Emerald AI, Varun Sivaram, avance un chiffre assez parlant : des centres de données flexibles pendant les heures critiques pourraient libérer une centaine de gigawatts sur le réseau américain existant, en gros la puissance d'une centaine de réacteurs nucléaires, sans construire la moindre centrale. Rien que ça.

La logique se tient, puisque le réseau électrique américain n'est utilisé en moyenne qu'à la moitié de sa capacité. Il a été dimensionné pour encaisser les pics. Le reste du temps, il dort.

Autour du trio fondateur, on trouve du beau monde : Anthropic, le concurrent d'OpenAI qui édite Claude, mais aussi des énergéticiens comme Constellation, National Grid ou NRG Energy. L'alliance veut surtout définir des standards communs, histoire que les gestionnaires de réseau sachent ce qu'ils peuvent exiger d'un data center avant de le brancher.

Sauf que voilà, tout ça ne règle en rien les autres reproches faits aux data centers, la consommation d'eau pour certains plus anciens, les nuisances pour les riverains et les factures d'électricité qui grimpent. La grogne monte aux États-Unis, et cette alliance ressemble quand même beaucoup à une opération séduction pour pouvoir continuer à construire.

Emerald AI, au passage, n'est pas un arbitre neutre dans l'histoire : la startup vend justement le logiciel qui orchestre cette flexibilité, et elle vient de lever 150 millions de dollars sur une valorisation qui dépasse le milliard.

Premier test grandeur nature d'ici la fin de l'année en Virginie, où Nvidia, Emerald AI et l'hébergeur Digital Realty vont allumer un site de près de 100 mégawatts capable de s'effacer à la demande.

Source : Engadget

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