
La Chine est en train de fermer sa porte à Nvidia, et Huawei compte bien récupérer la place. Le groupe de Shenzhen a annoncé ce jeudi, pendant sa conférence Connect de Shanghai, que sa prochaine puce d'intelligence artificielle, l'Ascend 960DT, sortirait dès le premier trimestre 2027, neuf mois plus tôt que prévu, et que la variante 960PR suivrait au troisième trimestre.
Pour situer, ces accélérateurs sont les processeurs qui entraînent et font tourner ChatGPT et compagnie dans les centres de données. Nvidia règne dessus à peu près partout, sauf justement en Chine, où les sanctions américaines bloquent ses modèles les plus puissants et où Pékin pousse de toute façon ses géants du numérique vers les fournisseurs locaux.
Alors bien sûr, la fiche technique ne va pas faire trembler grand monde chez Nvidia, dont le futur Rubin promet autour de 17 pétaflops de calcul quand l'Ascend 960 en revendique 2 dans le même format, avec 288 Go de mémoire et 9,6 To par seconde de bande passante, en gros le double de la génération actuelle.
Mais Huawei ne compte pas se battre puce contre puce. Sa technologie UnifiedBus, présentée comme la clé de ses futurs systèmes, relie processeurs, mémoire et réseau de façon à faire travailler ensemble jusqu'à un million de puces, comme si tout ça ne formait qu'un seul ordinateur géant.
Du coup, plutôt que de courir après la puce parfaite, Huawei empile : son SuperPoD Atlas 960, une grappe de plus de 4 000 accélérateurs reliés entre eux par de la fibre optique, doit compenser par le nombre ce que chaque puce concède à l'américain.
Petit détail quand même, cette machine est nettement plus modeste que le monstre à 15 000 puces évoqué l'an dernier. La puce arrive plus tôt, la grappe a rétréci.
Sauf que voilà, personne ne sait qui grave ces puces ni avec quelles machines, les sanctions fermant à Huawei les portes du fondeur taïwanais TSMC. Mystère complet. Le groupe admet d'ailleurs ne pas produire assez pour répondre à la demande chinoise.
L'annonce tombe aussi juste avant la rencontre prévue entre Donald Trump et Xi Jinping, et Huawei promet déjà la suite, un Ascend 970 en 2028 puis un 980 en 2029, avec un doublement de puissance à chaque génération.
Pour s'attaquer à l'autre forteresse de Nvidia, la couche logicielle CUDA à laquelle tous les développeurs d'IA sont habitués, la marque ouvre en plus le code de son équivalent maison CANN, déjà compatible avec des outils répandus comme PyTorch.
Bref, la guerre Chine - USA aussi flippante que passionnante d'un point de vue technologique.
Source : TechCrunch





