Je serai le président qui baissera les impôts de succession

Je serai le président qui baissera les impôts de succession

Faut-il taxer davantage les successions, comme le suggèrent la CFDT, Raphael Glucskmann et LFI ? Pourquoi 

Je récuse cette logique. La transmission est une aspiration profondément humaine. Travailler, construire, épargner, et transmettre le fruit de ses efforts à ses enfants : c’est l’espérance de toute une vie, et une manière de prendre ses responsabilités à l’égard des générations suivantes. Et puis nous sommes déjà les champions du monde de l’impôt sur les successions. Son rendement a d’ailleurs doublé en douze ans. Considérer ceux qui veulent transmettre comme des vaches à lait ou des boucs émissaires, c’est de la pure injustice. On taxe un patrimoine qui a déjà été taxé cent fois, mille fois : leurs propriétaires ont payé des années d’impôt sur le revenu, sur le logement, ou sur les bénéfices. Ces Français ont payé leur part ! Et puis, ceux qui veulent encore augmenter cet impôt taxeront en réalité la maison de famille ou la PME transmise, bien davantage que ceux qu’ils prétendent viser. Je propose exactement l’inverse : faire circuler le patrimoine vers les jeunes générations et protéger l’outil de travail. Je ne serai pas le président qui augmentera les droits de succession mais celui qui les baissera. Je pousserai cette baisse au maximum du possible au cours de mon quinquennat. 

Glucksmann propose en particulier de taxer davantage les héritages dépassant les 2 millions d’euros. Il a raison 

Au-delà d’1,8 million, le barème est déjà à 45 %, l’un des taux les plus élevés du monde ! M. Glucksmann croit faire de la redistribution, il fera juste le jeu de la prédation : combien d’entreprises familiales sont vendues à des fonds étrangers, à cause des droits de succession ? Je veux préserver nos entreprises familiales : tant que les enfants ne vendront pas, ils ne paieront pas d’impôt de succession. Cessons de nous tirer des balles dans le pied, et arrêtons les dingueries fiscalistes : l’impôt n’est pas la solution, c’est le problème. La mélenchonisation des esprits, ça suffit. Les mêmes qui dénoncent Jean-Luc Melenchon reprennent, presque inconsciemment, sa logique. Bientôt l’extrême gauche n’aura même plus besoin de prendre le pouvoir, car elle est déjà dans les têtes. Ce gauchisme d’atmosphère est une prison mentale dont il faut libérer la France. 

Vous défendez une société du travail. Ne pas taxer l’héritage, n’est-ce pas prendre le risque de créer une société d’héritiers, où on s’enrichit davantage par l’héritage que par son travail 

Mais précisément : à quoi bon travailler si le travail est toujours perdant ? S’il est taxé indéfiniment, du premier salaire jusqu’aux derniers instants. Le risque aujourd’hui, ce n’est pas de basculer dans une société d’héritiers mais d’assistés, dans laquelle il serait plus avantageux de vivre des aides, plutôt que de son travail. C’est d’ailleurs pour cela que je veux plafonner les aides sociales à 70% du SMIC. Je suis le candidat de cette France qui en a marre de payer pour les autres. Les autres, c’est-à-dire ceux qui abusent de la solidarité nationale ; ceux qui occupent un logement social de manière indue ; les étrangers qui n’ont pas cotisé un euro mais touchent des aides… sans oublier l’Etat vorace qui dévore plus de la moitié de la richesse produite. C’est tout cela que je veux changer. 

Que dites-vous aux plus jeunes, qui pointent un accaparement des richesses par les plus âgés (on hérite à 55-60 ans en moyenne)? 

Je vois leur angoisse face à la peur du déclassement. Je comprends leur colère devant l’ardoise dont ils héritent : une dette colossale, des retraites non financées, des millions de logements qui manquent… Mais je veux leur dire que la guerre des générations n’est pas la solution. Le problème, ce n’est pas une génération : c’est un système. Celui qui, depuis Mitterrand, a voulu faire croire aux Français que l’on pourrait vivre mieux en travaillant moins, que la dépense ferait la croissance et qu’il y aura toujours un soi-disant « riche » à plumer, un impôt miracle à inventer… Ce sont tous ces mensonges que la jeunesse paie aujourd’hui. Par ailleurs, je vois beaucoup de retraités qui voudraient donner plus à leurs enfants. C’est pourquoi je veux un grand choc de transmission entre les générations : pendant trois ans, les parents pourront donner chacun à leurs enfants de moins de 30 ans jusqu’à 150 000 euros, sans un seul euro d’impôt à payer, en particulier pour qu’ils puissent s’acheter leur logement. Si les jeunes ne peuvent pas se loger, ce n’est pas à cause des retraités, mais en raison des freins multiples qui ont été mis à la construction, à commencer par le ZAN. 

Près de 9 000 milliards d’euros de patrimoine pourraient être transmis en France entre 2025 et 2040. L’Etat, lourdement endetté, peut-il se permettre de passer à côté de cette manne ?

Je conteste d’abord le mot de « manne » que vous employez. Le patrimoine des Français n’appartient pas à l’Etat. Ces 9 000 milliards d’euros ne sont pas la cagnotte de Bercy : c’est le fruit des efforts des Français. Une maison, une PME familiale, une exploitation agricole, des livrets d’épargne : ce ne sont pas, au décès du propriétaire, une tirelire dans laquelle l’Etat aurait le droit de puiser pour financer ses déficits. L’Etat n’est pas pauvre parce qu’il taxe trop peu – il est pauvre parce qu’il dépense trop. Je dis aux Français qu’une autre politique est possible, qui n’a jamais été assumée en France : une vraie politique de liberté et de responsabilité. Liberté pour que chaque Français puisse garder le fruit de son travail. Et responsabilité pour réformer enfin l’Etat et notre modèle social. Sandrine Rousseau a raison : le droit à la paresse, ça existe. On a le droit d’être paresseux. Mais quand on choisit de l’être, alors on vit de sa paresse, pas du travail des autres. Je serai le président de la France des travailleurs, pas des profiteurs.

Retrouvez l’interview dans l’opinion

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