Montpellier : au collège Fontcarrade, un exercice intrusion dégénère en fouilles policières contestées

Au collège Fontcarrade, la présence d’agents de police lors d’un exercice de sûreté a donné lieu à des fouilles, palpations et relevés d’identité d’élèves, des pratiques jugées illégales par SUD éducation 34. Le syndicat demande des explications et l’ouverture d’une enquête.

Le collège Fontcarrade de Montpellier ©Google

Selon Sud éducation 34, plusieurs élèves du collège Fontcarrade ont été soumis, le 7 novembre, à des palpations et à la fouille de leurs sacs en salle de permanence. Le syndicat affirme que les agents qui intervenaient dans l’établissement "ont très largement outrepassé le motif de leur présence" en procédant à des inspections "hors de tout cadre réglementaire".

Philippe Pacheko, représentant de Sud éducation au collège, raconte que l’exercice d’alerte intrusion s’est déroulé dans une ambiance de chahut. Les agents seraient alors entrés en salle de permanence "pour faire prendre la mesure du sérieux de l’exercice" et un élève aurait lancé "garde à vous", ce qui, selon le syndicaliste, a déclenché "la suite du déchaînement de la police".

On demande que "la lumière soit faite sur la légalité des agissements des policiers"

Les policiers auraient alors menacé les enfants de fouilles s’ils ne dénonçaient pas l’auteur de la réplique, avant de mettre leur menace à exécution. "Quatre à cinq garçons" auraient été "plaqués contre un mur et palpés, les sacs inspectés, tandis qu’une policière relevait les identités". Le tout, indique-t-il, en l’absence de consentement des élèves et sans que le chef d’établissement n’ait autorisé ou constaté quoi que ce soit. Selon le communiqué du syndicat, ces pratiques violent les règles encadrant les inspections de sacs, les palpations de sécurité et les contrôles d’identité sur mineurs.

Ni les parents des élèves concernés, ni les représentants de parents n’auraient été prévenus dans les jours suivant les faits. Alertée lors d’une réunion institutionnelle, la rectrice n’aurait pas souhaité commenter, selon le syndicat. "On aimerait avoir des éclaircissements", insiste Philippe Pacheko, qui demande que "la lumière soit faite sur les circonstances et la légalité des agissements des policiers, ainsi que d’éventuelles sanctions si un cadre réglementaire a été dépassé". Sud éducation 34 dénonce des actes "discriminatoires et illégaux" contre des mineurs et appelle à la mise en place de protocoles pour éviter tout nouveau "dérapage" dans les établissements scolaires de l’Hérault.

Contactées, la police nationale et la Préfecture communiqueront plus tard.

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