
L’article d'Anne-Lyse Chabert nous sert une nouvelle fois le refrain du « avec des si, on mettrait Paris en bouteille ». On y fait l’apologie d’un futur hypothétique : si l’on mettait enfin les moyens, la vulnérabilité s'effacerait. Mais en attendant ce jour qui ne vient jamais, on maintient les citoyens dans une attente insupportable au nom de grands principes moraux que la vie politicienne nous prouve chaque jour qu'en ne n'en a pas le moindre échantillon sur elle.
Ce discours rejoint la rhétorique validiste habituelle qui ne jure que par le « courage » et le « mérite » de quelques zandis particulièrement "performants" Sous-entendu : si vous ne vous en sortez pas, c'est que vous manquez de volonté. C'est une insulte à la réalité. On renvoie l'image d'une population qui ne survivrait que grâce à des aides coûtant « un pognon de dingue » à la solidarité nationale, tout en nous refusant une ultime liberté, celle du droit de mourir, sous prétexte que la société n’a pas encore fini de parfaire son accompagnement.
Il est temps d’arrêter les vœux pieux et de passer aux actes. On nous parle de « principe primordial de démocratie » pour justifier l'interdiction de l'aide à mourir, mais la vraie démocratie, c'est d'écouter les premiers concernés.
Au lieu de théoriser sur ce que devrait être le soin, faisons un sondage national auprès des personnes lourdement handicapées, des malades chroniques et des grands dépendants. Posons-leur la question sans filtre : préférez-vous survivre dans les conditions de précarité et de déni de droits que vous inflige la société actuelle, ou disposer d'un droit souverain à une fin de vie digne ?
La réponse des intéressés serait sans doute bien plus cinglante que les discours lénifiants du « il faudrait que »...
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