Camélia : jeune lycéenne harcelée, elle s’ôte la vie et échange une dernière fois avec sa maman

Camélia, 17 ans, lycéenne à Mitry-Mory en Seine-et-Marne, subissait depuis plusieurs semaines un harcèlement scolaire. Malgré les alertes répétées adressées à l’établissement, la situation n’a pas cessé. Le 13 janvier, l’adolescente met fin à ses jours après de derniers échanges bouleversants avec sa mère.Ces messages, envoyés quelques heures avant le drame, interrogent aujourd’hui le rôle de la direction du lycée Honoré-de-Balzac. Le proviseur, informé des faits, avait convoqué Camélia et ses camarades. Une gestion contestée, désormais au cœur de deux enquêtes, judiciaire et administrative.

Un harcèlement connu et une prise en charge contestée

Depuis plusieurs semaines, Camélia confiait à sa mère les humiliations et pressions subies au sein de son lycée de Mitry-Mory. Les faits étaient connus de l’équipe éducative. Inquiète, sa mère avait adressé un courrier à la direction afin d’alerter officiellement sur la situation. Face à cette démarche, le proviseur décide de convoquer les élèves impliqués, ainsi que Camélia, le lundi 12 janvier, veille du drame. À la sortie de cet entretien, la lycéenne écrit immédiatement à sa mère : "Il était en colère". Selon la famille, le chef d’établissement aurait mal accueilli le signalement écrit. Cette réaction laisse Camélia déstabilisée. Pourtant, la mère tente de rassurer sa fille. Le lendemain matin, à 11h24, elle lui envoie un message se voulant apaisant : "Ne fais plus attention à eux, c’est bon, le proviseur s’en occupe".

Malgré cette assurance, le harcèlement ne cesse pas. Camélia continue de se sentir isolée et incomprise. L’intervention de la direction, loin de la soulager, semble renforcer son sentiment d’injustice. Elle espère toutefois que la situation va s’améliorer. À ce moment-là, ni elle ni sa mère n’imaginent l’issue tragique qui se profile quelques heures plus tard. Cette prise en charge, jugée insuffisante par la famille, est aujourd’hui scrutée de près par les enquêteurs. Une plainte a été déposée contre les harceleurs présumés, mais aussi contre le proviseur, désormais mis en cause dans la gestion de cette affaire sensible.

Une dernière convocation avant le drame

Dans l’après-midi du 13 janvier, un nouvel événement vient bouleverser Camélia. Moins de vingt-quatre heures après la première réunion, le proviseur souhaite la revoir dans son bureau. Peu après 16 heures, l’administration lui demande de quitter son cours. L’entretien dure une trentaine de minutes. À 16h32, Camélia envoie un message alarmant à sa mère : "Ils ont dit que c’est moi la fautive et que j’aurai une sanction disciplinaire. Je t’aime de tout mon cœur". La mère, surprise, n’était pas informée de cette convocation. Elle s’inquiète immédiatement. Quelques minutes plus tard, à 16h43, Camélia ajoute : "Il a dit que je me victimise (sic)". Puis, à 16h46, elle écrit encore : "En tout cas, je t’aime et t’es la meilleure maman du monde", accompagnant ses mots de deux cœurs. Ce seront ses derniers messages.Alors que sa mère la croit toujours en cours, Camélia quitte précipitamment le lycée. Une camarade témoignera plus tard : "Elle était dans un état décomposé". L’adolescente prend le RER B, descend en gare de Villeparisis et se jette sur les voies à l’arrivée d’un train. Elle est déclarée morte à 17h57. Moins d’une heure s’est écoulée entre sa sortie du bureau du proviseur et sa mort. Aujourd’hui, les enquêteurs de la police judiciaire de Torcy analysent minutieusement ses derniers instants. Pour la famille, ces échanges révèlent une détresse profonde et une réponse institutionnelle qui n’a pas su protéger Camélia.

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