
Alors que la campagne pour les municipales commence à battre son plein et que les militants de tous bords s’activent à coups de distributions de tracts dans les rues et de clips sur les réseaux sociaux, une atmosphère de fin de règne se fait sentir à la mairie de Paris, tout comme à l’Élysée d’ailleurs. Le moment nous a donc paru opportun pour faire un bilan des deux mandats d’Anne Hidalgo, mais nous prévenons d’avance le lecteur qu’il nous sera impossible de faire la somme exhaustive de toutes les aberrations et bévues engendrées par la présence de cette personne à la mairie de Paris depuis 2014, soit 12 années consécutives d’expérimentations écolo-socialistes.
Premièrement, grande âme de gauche depuis toujours, madame Hidalgo laissera le souvenir de ses notes de frais, robes Dior et Burberry en tête, à quoi s’ajoutent les 200 000 euros de voyages à l’étranger en classe affaire et des frais de téléphone parfois explosifs. Grande écologiste également, elle restera celle qui aura compliqué la vie des automobilistes et fait du cycliste le roi de la capitale, abattu des arbres pour végétaliser les places, et demandé aux Parisiens d’apprendre à « cohabiter » avec les rats au lieu de vouloir les supprimer, la mairie privilégiant dans ce domaine la pédagogie vis-à-vis des citoyens, invités à jeter leur déchets et à se « prendre en charge », et ce dans une ville où il y aurait désormais environ deux de ces aimables rongeurs pour chaque habitant.
À côté de réussites incontestables en matière de mobilité douce et de bilan carbone, le bât blesse malheureusement dans le domaine sécuritaire. Sur l’année 2024, le nombre d’homicides à Paris avait augmenté de 36% et les tentatives d’homicides de 33%, les violences sexuelles enregistrant également une hausse de 10%. Sur la même année, le nombre de personnes mises en cause pour usage de stupéfiants avait explosé à Paris (29 799 mis en cause, +51%), et le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants enregistrés par les services de sécurité augmentait aussi (4 888 mis en cause, +6%).
Pendant ce temps à la mairie, le meurtre d’Elias dans le 14e arrondissement à coups de machette était qualifié de « difficulté », et on lançait l’opération « Stop couteaux », mission de prévention pour expliquer aux jeunes « que porter une arme blanche est dangereux et que c’est interdit d’avoir un couteau dans son cartable », comme l’expliquait l’adjoint Nicolas Nordman au micro de France inter. Et Anne Hidalgo était « glacée », non par le meurtre de Philippine au bois de Boulogne, mais par les affiches lui rendant hommage dans les rues de la capitale.
Dans sa rage égalitariste, la Mairie a même envisagé d’obliger les écoles privées à abriter des logements sociaux
En matière de logement, Anne Hidalgo aura consacré toute son énergie au développement des logements sociaux, dans la lignée de son prédécesseur Bertrand Delanoë ; à eux deux, ils ont fait passer le parc social parisien d’un peu moins de 150 000 logements en 2001 à plus de 250 000 en 2024, au détriment de la classe moyenne forcée de déserter une ville que se partagent désormais largement les héritiers et les assistés, faisant de Paris la ville la moins abordable d’Europe continentale si l’on se réfère aux revenus de ses habitants. Dans sa rage égalitariste, la Mairie a même envisagé d’obliger les écoles privées à abriter des logements sociaux, et décidé d’en installer sur la Place des Vosges. Par ailleurs, en consacrant l’hébergement d’urgence presque exclusivement à l’accueil des migrants en situation irrégulière, la mairie a abandonné les autres personnes sans abri qui se retrouvent de facto le plus souvent à la rue.
En matière scolaire, la création de petits ghettos dans tous les arrondissements de la capitale via la politique susmentionnée, associée à la réforme Affelnet (initiée en 2021 par le Recteur de l’académie de Paris en vue d’« introduire plus de mixité sociale et scolaire au sein des lycées publics de la capitale ») a permis la chute du niveau scolaire de presque tous les bons lycées parisiens : Condorcet, Fénelon, Charlemagne, Lavoisier. Adieu l’élitisme qui créait une « anxiété généralisée » d’après le rectorat. Ainsi, alors que le lycée Condorcet obtenait 45 % de mentions « très bien » en 2023, ce taux est tombé à 25% en 2024. Parallèlement, le taux d’élèves scolarisés dans le privé est passé de 35 % à 38,6 % entre 2020 et 2023, et ce sont d’ores et déjà 55 % des élèves de 6e issus de classes sociales très favorisées qui sont déjà inscrits dans l’enseignement privé sous contrat.
Certes, on peut comprendre qu’une maire de gauche, choisie en conscience par des électeurs bobos bien-pensants, s’attache davantage à chasser les SUV que les dealers et les joueurs de Bonneteau, et qu’elle préfère se consacrer aux grandes causes – euthanasie, immigration – par des campagnes d’affichage public – sans oublier la subvention annuelle à « SOS méditerranée » –, plutôt qu’à l’extermination de sympathiques « surmulots ». On peut également comprendre que tout cela coûte de l’argent, si bien que la dette de la ville s’élève désormais à 12 milliards d’euros, plaçant la municipalité au bord de la faillite.
On ne peut comprendre en revanche que la mairie, par son incompétence et sa négligence en matière de recrutement des animateurs périscolaires, livre nos enfants dans les écoles à des prédateurs sexuels ; on ne peut comprendre que la culture de l’omerta, que l’on a tant reprochée à l’église catholique (parfois à tort dans le cas du cardinal Barbarin par exemple), conduise à déplacer en silence des agents dangereux, sans que cela fasse la moindre vague dans les médias mainstream qui auraient pourtant dû en faire leur première page. On ne peut comprendre le mépris de la mairie de Paris envers les parents des victimes, parfois des enfants de quatre ans ayant subi des viols, à qui il a été simplement répondu sans sourciller que les chiffres d’agression se situaient « dans la moyenne des statistiques nationales », comme l’a déclaré le premier adjoint en charge de l’éducation.
Une ville confisquée par une petite coterie d’idéologues qui cultivent l’entre-soi tout en prônant l’ouverture
Anne Hidalgo, qui se précipitait pour réagir à quelques affiches du camp national, restera ainsi dans notre mémoire pour son silence coupable durant des semaines, elle qui a attendu les vœux de janvier 2026 pour mentionner un sujet qui relève pourtant du scandale national, alors que trente animateurs de la mairie de Paris ont été suspendus pour des faits à caractère sexuel au cours de l’année 2025.
Seul point positif évidemment dans ce bilan calamiteux : l’espoir que l’ampleur de la catastrophe amène rapidement la fin de vingt-cinq ans de règne d’une gauche déconnectée sur la capitale française, cette ville qu’on dit la plus belle du monde et dont certains esprits chagrins déclarent qu’elle est en passe de devenir la « poubelle du monde ». Depuis bien trop longtemps, elle se trouve confisquée par une petite coterie d’idéologues qui cultivent l’entre-soi tout en prônant l’ouverture, se promènent en taxis et vivent en résidence privée tout en livrant le reste de la population à l’agressivité de désaxés dont ils ont favorisé la présence. Rien que dans les dernières semaines dans le métro, trois femmes étaient ainsi poignardées par un Malien sous OQTF, et une autre frappée à coups de marteau par un homme originaire de Roumanie. Alors, quel que soit le résultat des prochaines élections, nous serons heureux de pouvoir dire : adieu, madame Hidalgo !
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