
Il incarne aujourd’hui l’un des symboles les plus marquants de la progression de la droite nationaliste en Europe. À 42 ans, André Ventura s’est imposé en quelques années comme la figure qui bouscule en profondeur la scène politique portugaise. Ce dimanche 18 janvier, il aborde l’élection présidentielle en favori du premier tour, porté par une dynamique populiste inédite dans un pays longtemps rétif à la droite nationaliste, rapporte CNews.
Originaire de Sintra, juriste de formation et professeur de droit, Ventura ne vient pas d’emblée du sérail politique. Il se fait d’abord un nom à la télévision, sur la chaîne portugaise CMTV, où il commente le football avec un ton tranchant, affichant sans détour son soutien au Benfica. Chroniqueur au Correio da Manhã, il affine alors un style direct, volontiers provocateur, qui lui vaut une notoriété rapide et durable.
Son entrée en politique, en 2016, se fait par le Parti social-démocrate (PSD, centre droit). Très vite pourtant, il s’en distingue par une ligne nettement plus conservatrice. Un virage d’autant plus frappant qu’il contraste avec son passé universitaire : en 2013, dans une thèse soutenue à l’université de Cork, il dénonçait la discrimination des minorités et rejetait la peine de mort. La rupture devient visible lors de la campagne municipale de 2017 à Loures, où ses attaques répétées contre la communauté rom le propulsent au centre du débat public.
Surnommé le « Trump portugais »
Dans la foulée, il fonde Chega (« Assez »), un parti de droite nationaliste qui assume un slogan à forte charge symbolique : « Dieu, patrie, famille et travail ». Chega prospère sur un sentiment diffus de déclassement et sur les inquiétudes liées à l’immigration non européenne, un thème longtemps marginal au Portugal. Proche de Marine Le Pen, de Matteo Salvini et de Santiago Abascal, Ventura hérite rapidement du surnom de « Trump portugais », qu’il récuse à moitié sans jamais vraiment le combattre.
Les urnes ont confirmé cette montée en puissance. En octobre 2019, Chega fait son entrée au Parlement, une première pour la droite nationaliste depuis la Révolution des Œillets. Porté par une audience en ligne massive et un discours sécuritaire et identitaire assumé, André Ventura est parvenu à installer durablement Chega comme un acteur central de la vie politique portugaise, faisant voler en éclats le consensus qui structurait le pays depuis des décennies.
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