
En 2017, la mairie de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) avait décidé de fermer la section adultes de l’Association sportive fontenaisienne (ASF), le club de football municipal, afin de reprendre le contrôle d’une structure qu’elle jugeait gangrenée par des dérives religieuses. Huit ans plus tard, les mêmes profils sont réapparus, rapporte Le Figaro, qui a enquêté sur la progression du communautarisme musulman au sein du club. L’ASF figure désormais parmi les 127 associations sportives signalées pour des pratiques prosélytes, selon un rapport confidentiel du ministère de l’Intérieur consacré aux Frères musulmans et à l’islam politique en France.
Entre 2015 et 2017, l’ancien président Marc Soukup avait déjà tiré la sonnette d’alarme : prières dans les vestiaires, entre-soi assumé, éviction de responsables jugés « non conformes ». Sur demande du maire, deux entraîneurs avaient été écartés. La mosquée voisine avait été fermée dans le même mouvement pour apologie du terrorisme.
La mairie assure « suivre le dossier »
Rouverte en 2020 après engagement formel à respecter la laïcité, la section senior a réintégré en 2022 l’un des entraîneurs écartés, Bertrand N. Depuis, parents et anciens bénévoles décrivent le retour des prières sur le stade et des liens maintenus avec une salle de prière du quartier, surveillée par le renseignement territorial. Le président actuel, Mehdi C., proche de Bertrand N., conteste tout « communautarisme organisé » et affirme que « la charte de laïcité est respectée ».
Plusieurs familles dénoncent un prosélytisme ciblant les jeunes lors des déplacements : contrôle des repas, rejet systématique du porc, normes religieuses imposées. Des éducateurs présentent Bertrand N. comme « très pratiquant » et affirment qu’il propose des séances de hijama – des ventouses traditionnelles – à certains joueurs. La direction balaie ces accusations et parle d’initiatives « privées, sans lien avec le club ».
La place des femmes cristallise les tensions. L’équipe féminine a disparu, officiellement pour des raisons logistiques et de sécurité. En 2024, la nouvelle présidente Mélissa D. a démissionné après avoir dénoncé des pressions, des menaces et du chantage. Une main courante a été déposée. Un joueur s’est également fait incendier sa voiture. Aucune condamnation à ce stade, mais un climat de peur palpable.
La mairie assure « suivre le dossier » et brandit la menace d’un retrait de subventions. Les dirigeants du club, eux, se disent « victimes d’amalgames » et évoquent « quelques cas isolés montés en épingle ».
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