La curiosité ou l'effondrement
On pourrait croire que la curiosité triomphe aujourd'hui de toutes parts : jamais les curieux n’auront eu tant de moyens d’assouvir leur soif de découvertes. Mais cet âge d’or de la curiosité n’est-il pas un âge de plomb de la recherche ? Au lieu d’être activées, nos curiosités sont déléguées aux algorithmes de l’IA. Que restera-t-il de nous après la délégation algorithmique de nos curiosités ? C'est la question posée par Yves Citton dans son nouvel essai, Cultiver la curiosité. À l’ère de la délégation algorithmique, qui paraît aux éditions de L'Aube. Il y retrace l’histoire des condamnations religieuses et des héroïsations scientifiques de la curiosité, pour en tirer une définition originale de la curiosité, non un trait individuel mais une dynamique sociale : une aspiration à sortir de l’ornière du capitalisme extractiviste. La thèse centrale de l’ouvrage se résume en une alternative : la curiosité ou l’effondrement. Elle suffit à ériger la curiosité en méthode de transition. Fabula donne à lire un extrait de l'ouvrage… (Photogramme Par le trou de la serrure de Ferdinand Zecca, 1901).
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