
Les anarchistes regardaient Albert Camus comme l'un des leurs, qui les tenait en retour comme des camarades. On ignorait l'étendue des textes publiés publiés par l’auteur de L’Homme révolté dans des revues et journaux libertaires mais également les échanges entretenus avec des interlocuteurs anarchistes. Lou Marin a réuni ce fonds dans un riche volume d'Écrits libertaires, 1948-1960, qui paraît avec une préface d'Alexis Lager dans la collection "Le goût des idées" de Jean-Claude Zylberstein aux Belles Lettres. Le recueil témoigne des dialogues et débats de l’écrivain avec cette gauche hétérodoxe, héritière de Proudhon, de Bakounine et de l’anarcho-syndicalisme espagnol, vers qui allait toute sa "sympathie". S’y dessinent les contours d’un "socialisme libertaire", pluraliste et égalitaire, démocratique et internationaliste, qui a nourri chacun de ses combats : critique de la société de l’argent et de l’exploitation, nécessité de concilier liberté individuelle et justice sociale, soutien aux réfugiés espagnols, défense des objecteurs de conscience et des syndicalistes algériens, refus du terrorisme aveugle et de l’assassinat politique. C'est peu dire que l’exigence anarchiste de Camus n’a pas pris une ride : un précieux viatique pour nos démocraties menacées. Fabula vous invite à découvrir la présentation audio… et à lire un extrait de l'ouvrage…
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