"Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés", par mel Aït-Hamouda (Actualitte.com)
Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. "Le XIXe siècle fut, en France comme en Europe, le grand siècle de l’Orient. Les écrivains, des hommes pour l’essentiel, s’embarquaient pour Constantinople, Le Caire ou Alger et en rapportaient des récits qui peuplaient l’imaginaire occidental. Chateaubriand, Lamartine, Nerval, Flaubert, Gautier : leurs noms dessinent le panthéon de l’orientalisme littéraire et leurs œuvres composent le théâtre où se jouent clichés et mirages, une altérité souvent rêvée, mais rarement rencontrée. Dans l’ombre de ces grands voyageurs, une autre présence se faisait sentir, plus discrète, plus audacieuse peut-être : celle des écrivaines-voyageuses. Elles furent nombreuses à parcourir ces mêmes territoires, à franchir les mêmes mers et à observer les mêmes scènes, avec un regard que la condition féminine rendait à la fois plus libre et plus contraint. Lady Mary Wortley Montagu : la pionnière C’est par une Anglaise que tout commence. Lady [...]
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