
En 2025, l’aide sélective à la petite et moyenne exploitation est allée à des projets plus nombreux… mais plus modestes. En analysant leur nature et leur ampleur, le cabinet Hexacom lit les inflexions du secteur.
L’enveloppe globale de l’aide sélective de 2025 est légèrement inférieure à celle de l’année précédente (7,06 M€, contre 7,58 M€ en 2024, soit une baisse de -6,7%). Ses montants se sont échelonnés de 7 000 € (remplacement de matériel pour le circuit itinérant de l’association Cinéligue Champagne Ardenne) à 500 000 € (transfert-extension du cinéma de Biganos en Gironde, le seul projet de ce type soutenu en 2025) ; et, dans l’ensemble, seuls 20 % des projets soutenus ont bénéficié d’une aide de 200 000 € ou plus (contre 52 % des projets en 2024).
Pour Sophie Girieud, consultante senior associée d’Hexacom, 2025 est donc « une année atypique, avec 60 projets soutenus – contre 30 à 40 généralement –, dont 24 portés par des circuits itinérants – contre 1 à 2 par an généralement ». Ces derniers ont en effet été nombreux à solliciter le soutien exceptionnel de 1 M€ pour le renouvellement de leur matériel, annoncé par la ministre de la Culture lors du Festival de Cannes 2024 dans le cadre du Plan Ruralité, « dont l’enveloppe a été presque entièrement consommée – près de 970 000 € en 2025 et 10 000 € à la dernière commission de 2024 », détaille l’experte Hexacom. En excluant les projets soutenus dans ce cadre, on dénombre donc 36 projets soutenus en 2025, « soit un volume standard comparé aux autres années, mais avec un soutien total en baisse d’environ 1,5 M€ par rapport à l’année 2024 ».
Par ailleurs, en 2025, près de la moitié des projets soutenus étaient portés par des associations. Or les projets associatifs, « qui consistent en renouvellement de matériel pour un circuit itinérant, ou en équipement/aménagements intérieurs de cinémas etc., sont souvent peu onéreux ». Ils affichent, de fait, un financement moyen (48 000 € ) plus de 3 fois inférieur à celui des opérations portées par des acteurs publics (154 000 €) et près de 5 fois moindre que le montant de subvention moyen obtenu par les projets d’opérateurs privés (219 000 €). « C’est pourquoi ils ne représentent qu’un cinquième des subventions accordées », relève Sophie Girieud.
Tous types de projets confondus, le montant moyen d’aide sélective s’élève à 118 000 €. « Mais même en retirant les « petits » projets, nous observons une moyenne de 169 000 €, contre 261 000 € en 2024 et 215 000 € sur les trois années pré-Covid. » Certes, en 2025, plusieurs projets importants « n’ont pas pu être présentés pour des raisons administratives ou de « maturité » insuffisante du projet, et seront sans doute examinés en 2026 », pointe la consultante, en citant l’exemple du projet Annonay, qui ne faisait pas partie des dossiers étudiés par la commission d’aide sélective de novembre 2025 en raison de son passage en CNACi. Reste que, « après une année 2024 marquée par une importante proportion de gros projets structurants de création de cinéma – ex-nihilo ou par transfert-extension – fortement accompagnés par le CNC, il y a eu nettement moins de gros projets en 2025 ». Le reflet d’un « certain attentisme, voire une certaine inquiétude de la part des exploitants face à la baisse des entrées, ces derniers préférant parfois repousser des projets importants dans l’attente d’une conjoncture plus favorable ».
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