« La fête est finie » : travailler plus, aides plafonnées… le plan qui va bousculer les Français

Alors que le pouvoir d’achat et l’emploi restent au centre des préoccupations des Français, Bruno Retailleau, figure de proue des Les Républicains (LR), a présenté son programme sous le slogan « La fête est finie ». Président du parti, sénateur et pressenti pour une candidature à la présidentielle de 2027, Retailleau propose un virage radical dans les politiques économiques et sociales françaises, en appelant à une revalorisation du travail. En appelant à un changement complet de modèle face à ce qu’il décrit comme un « déclassement et un appauvrissement », il veut remettre le travail et la compétitivité au cœur des priorités nationales.

Une équipe mobilisée et une méthode rodée

Pour porter son projet, Retailleau s’appuie sur une équipe de personnalités expérimentées. Sont notamment impliqués Pierre Danon (ancien « Monsieur économie » de la campagne Fillon de 2017) et Julien Chartier. François Asselin, ancien président de la CGPME, apporte son expertise pour chiffrer les projets.

Ils ont mis en place une organisation interne structurée, lancée avec une cinquantaine de groupes de travail. Cette approche rappelle celle de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuelle Mignon en 2007 pour l’UMP. Retailleau et son équipe promettent une communication régulière, avec des conférences de presse mensuelles.

Des mesures pour relancer la croissance et le pouvoir d’achat

Le cœur des propositions économiques vise à générer 2 % de croissance supplémentaire et à réaliser un plan d’économie ambitieux. Sur ce total, 15 Md€ devraient aller directement au pouvoir d’achat des salariés, avec un gain moyen annoncé de 500 € par mois. Les 15 Md€ restants seraient consacrés à renforcer la compétitivité des entreprises.

Parmi les mesures, Retailleau propose de « sortir des 35 heures » en annualisant le temps de travail à 1 623 heures (soit 16 heures par an de plus), raporte le site Public Sénat. Il résume cette mesure par « quatre minutes de plus par jour ». Il suggère aussi une exonération de cotisation pour le travail au-delà de 1 607 heures, ce qui, d’après ses calculs, favoriserait un gain de 230 € nets par mois pour certains salariés.

Inciter à travailler : revoir les aides sociales

Le plan prévoit un remaniement en profondeur des aides sociales avec la création d’un « revenu d’incitation à l’activité » qui fusionnerait le RSA (revenu de solidarité active), la prime d’activité et l’ASS (allocation de solidarité spécifique). Certaines allocations seraient diminuées de 30 %.

Par exemple, pour une mère célibataire, les allocations totales passeraient de 1 486 € à 1 153 € par mois, l’idée étant d’inciter à reprendre une activité salariée pour obtenir un surplus de 470 € en cas de mi-temps. Toujours dans cet esprit d’incitation, il propose de plafonner les aides à 70 % du Smic (Smic = salaire minimum interprofessionnel de croissance).

Repenser la place des seniors dans l’emploi

Retailleau veut aussi retarder la fin de carrière pour les seniors, en proposant de réformer le emploi des seniors. Il propose de réformer le cumul emploi/retraite avec exonération des cotisations chômage et retraite, tout en envisageant une réduction de 30 % de la pension de retraite pour compenser ce dispositif.

Il souhaite également durcir les règles de l’assurance chômage : arrêt de l’allocation après trois refus d’emploi, et encadrement strict des ruptures conventionnelles (ruptures conventionnelles = départ négocié entre employeur et salarié), considérées comme un dévoiement coûteux évalué à 9 Md€ par an.

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