
Votre raisonnement oublie volontairement le point central, et c’est précisément là que la critique commence.
Même si la fortune est en grande partie une valorisation théorique, elle donne accès à quelque chose de très concret : une capacité de crédit quasi illimitée, à vie. Avec des actions valorisées 200 milliards, on peut emprunter des dizaines de milliards sans jamais vendre, financer un train de vie luxueux bien réel, jets, yachts, immobilier, tout en évitant impôt sur le revenu et taxation des plus-values puisqu’il n’y a aucune cession. Ce levier n’est pas virtuel, il repose directement sur la valorisation boursière.
Enfin, il faut aller au bout du raisonnement. Cette capacité de crédit adossée à une valorisation boursière permet aussi de financer de l’influence politique et médiatique très concrète. Financer des partis ou des campagnes, directement ou indirectement. Acheter des groupes de presse, des chaînes, des plateformes d’opinion. Licencier des rédactions entières et imposer son propre narratif avec une puissance de diffusion sans commune mesure avec celle de n’importe quel citoyen. Tout cela ne nécessite pas de “vendre” sa fortune, seulement de la mobiliser comme garantie.
Dire que la richesse est “virtuelle” tant qu’elle n’est pas réalisée est donc trompeur. Elle produit du pouvoir réel, du pouvoir de consommation, du pouvoir politique et du pouvoir symbolique. Et ce pouvoir, lui, n’est ni théorique ni réversible à court terme. L’omettre, ce n’est pas faire de l’économie rigoureuse, c’est masquer l’essentiel.
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