Renouvellement de titre de séjour : jusqu’à 145 jours d’attente dans cette préfecture

Les délais pour obtenir ou renouveler un titre de séjour en Meurthe-et-Moselle, suscitent de nombreuses réactions. Des chiffres officiels récemment publiés mettent en lumière des temps d’attente particulièrement longs, dénoncés par des élus et des acteurs économiques locaux. Ces données relancent le débat sur le fonctionnement des services préfectoraux chargés des démarches des étrangers.

Dans le cadre de sa politique qualité, la préfecture de Meurthe-et-Moselle a rendu publics ses délais moyens de traitement pour les démarches relatives aux étrangers. Ces chiffres s’appuient sur les données de la Direction générale des étrangers en France (DGEF). Ils concernent l’ensemble des procédures traitées par les services préfectoraux du département.

Au 1er septembre 2025, le délai moyen pour un renouvellement de titre de séjour atteignait 145 jours. Pour une première demande d’admission au séjour, il fallait compter 175 jours. Les démarches de déclaration de nationalité affichaient quant à elles un délai pouvant aller jusqu’à 190 jours. Ces chiffres concernent notamment les usagers résidant à Nancy, Toul et dans l’ensemble de la Meurthe-et-Moselle.

Des élus locaux alertent sur les conséquences administratives

À Toul, Malika Allouchi, adjointe au maire, s’est exprimée ce samedi 10 janvier 2026 dans le journal L’Est Républicain, sur les délais de traitement des titres de séjour. Déjà critique sur ce sujet à l’été 2025, elle juge que les durées actuelles ne correspondent pas aux situations des usagers. « J’ai moins de sollicitations aujourd’hui, mais cela ne suffit toujours pas », précise-t-elle, en évoquant les récépissés de renouvellement.

Selon elle, la publication de ces délais constitue un constat clair. « Avec ces chiffres, la préfecture sait qu’elle ne peut pas traiter. Au lieu de délivrer des récépissés de deux ou trois mois, il faudrait les accorder pour six mois ou un an, le temps que les dossiers soient instruits », ajoute-t-elle. Elle alerte également sur les effets sociaux, évoquant « une grande précarité humaine et sociale » pour les personnes concernées.

Formations interrompues et contrats de travail rompus

À Toul, la présence d’une sous-préfecture permet parfois un premier retour rapide sur les dossiers. « On peut répondre en deux ou trois jours, ne serait-ce que pour dire s’il manque un document », explique Malika Allouchi. Toutefois, lorsque les dossiers complets restent sans réponse, les situations administratives se figent pendant plusieurs mois.

L’élue cite plusieurs exemples récents. Une personne d’origine marocaine n’a pas pu poursuivre une formation faute de renouvellement de titre de séjour dans les délais. Un autre usager a perdu son contrat de travail après trois mois d’attente sans récépissé valide. « On parle de libre circulation, mais on cantonne les gens. Ils ne sont plus libres de leurs mouvements », déclare-t-elle, évoquant également une situation personnelle liée à sa famille.

Des entreprises locales également touchées par les lenteurs

Les retards administratifs ont aussi un impact sur les employeurs. À Toul, Hervé Simonin, gérant de deux hôtels-restaurants, témoigne d’un licenciement intervenu en 2020. Il avait dû rompre le contrat d’une salariée, femme de ménage de 27 ans à l’époque, titulaire d’un titre de long séjour.

D’origine marocaine, vivant à Toul avec ses enfants scolarisés, elle était logée dans l’un des établissements de l’hôtelier. Malgré plusieurs démarches et un soutien local, aucune autorisation n’avait été accordée par la préfecture de Meurthe-et-Moselle. « Mon comptable m’avait alerté : je risquais gros. J’ai dû rompre son contrat », explique Hervé Simonin, qui estime que « le système montre là toutes ses limites ».

Crainte de témoigner et inquiétudes liées au numérique

Malgré des appels à témoignages lancés devant la préfecture de Nancy et sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes refusent de s’exprimer publiquement. « Ils ont peur que cela porte préjudice à leur dossier », avance Malika Allouchi. Ces délais ont également des effets sur l’attractivité internationale de la France pour les étudiants étrangers.

Par ailleurs, la dématérialisation des démarches via le site de l’ANEF a suscité des inquiétudes récentes. Le site était en maintenance durant la semaine concernée, empêchant l’accès au suivi des dossiers. Une fuite de données touchant l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), révélée par Le Monde, a renforcé les craintes. Devant la préfecture de Nancy, les usagers interrogés disent attendre une simplification des procédures et un traitement plus lisible de leurs dossiers.

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Source : ObservAlgerie

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