« Rebuilding » – Renaître de ses cendres

Second film du réalisateur américain Max Walker-Silverman, Rebuilding met en scène un Josh O’Connor solitaire qui tente de refaire sa vie après la perte de son ranch. Un western mélancolique et poétique sur la résilience et l’importance de faire famille. 

Dans l’Ouest américain, alors que son ranch a été totalement détruit par un incendie dévastateur, Dusty (Josh O’Connor) repart à zéro. Père d’une petite fille de neuf ans, Callie-Rose (Lily LaTorre), divorcé de son ex-femme Ruby (Meghann Fahy), cet événement tragique le rapproche de sa famille et le mène vers des horizons nouveaux.

Relogé par le gouvernement sur un site de campement de mobile home, Dusty rencontre d’autres rescapé·e·s de l’incendie. De nature plutôt réservé, habitué à la compagnie des bêtes plutôt qu’à celle des hommes et des femmes, sa nouvelle vie le mène, petit à petit, vers la reconstruction.

Renouer les liens

Le réalisateur fait alors de Rebuilding un film sur la famille. D’un côté, Dusty se rapproche de sa fille, qu’il semblait avoir délaissée au profit de son travail. Le début du film nous montre un père et une fille qui ne savent pas vraiment comment co-exister. Au fur et à mesure, les deux finissent par communiquer sans parole. La petite Callie-Rose admire son père et souhaite devenir, elle aussi, un cow-boy.

Là où le divorce semblait avoir brisé à jamais une proximité passée, Max Walker-Silverman montre que des nouvelles formes de relations sont possibles. Dusty et Ruby deviennent ami·e·s, lié·e·s par un passé amoureux symbolisé par Callie-Rose. La famille se reconstruit et devient un pilier dans l’identité nouvelle de Dusty.

De l’autre côté, sur un campement de fortune au milieu de rien, de jolies amitiés naissent des cendres de l’incendie. Un ancien plombier, un couple de femmes lesbiennes et une mère célibataire deviennent les nouvelles·aux compagnons de vie de Dusty. Les victimes du feu se serrent les coudes, et la notion de communauté marque fortement le scénario. Tous·tes traumatisé·e·s à des échelles différentes, iels discutent, partagent des repas au coucher de soleil, se tirant vers le haut.

Un homme regarde vers l'horizon, dans un paysage agricole. La lumière est faible, comme au moment du coucher de soleil. Image extraite du film Rebuilding de Max Walker-Silverman.
Josh O’Connor dans Rebuilding © KMBO

Déracinement

Max Walker-Silverman place Josh O’Connor au centre de son récit mais aussi de ses plans. Comme une multitude de cartes postales, le réalisateur filme les paysages du Colorado que Dusty ne veut pas quitter. Ce dernier s’intègre parfaitement à la nature qu’il chérit tant, et qu’il ne souhaite pas quitter. 

Cow-boy dans l’âme, semblant presque incapable de se définir autrement que par ce métier, Dusty se retrouve fort démuni après la perte de son exploitation. Seules ses terres lui restent, brûlées par le feu, sanctuaire d’un mode de vie qu’il ne peut désormais plus avoir.

Bercé par une mélancolie qui l’habite et qu’il traîne derrière lui, Josh O’Connor livre une très belle performance. Il parvient à donner à son personnage une charmante résilience pleine d’espoir, un côté doux amer qui apporte beaucoup de nuance au récit.

Avec Rebuilding, Max Walker-Silverman signe un long-métrage délicat, qui prend son temps, et filme l’impuissance d’un homme face à la nature, le tout sans tomber dans le mélodrame. Et Josh O’Connor continue son ascension, film après film, parmi les meilleurs acteurs de sa génération.

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