
Les réactions se succèdent après le décès d’Alain Fabre, ancien maire d’Alès, à l’âge de 84 ans. Élu en mars 1989 à la tête d’une liste d’union réunissant notamment le Parti socialiste, le RPR et l’UDF, il avait dirigé la ville jusqu’en 1995. Les socialistes alésiens ont rendu hommage à celui avec qui ils ont œuvré pendant six ans, tandis que Max Roustan, maire honoraire d’Alès, se souvient d’un homme intègre et d’un maire qui avait su réunir différentes sensibilités politiques.
Les socialistes alésiens saluent son action
Dans un communiqué publié ce jeudi 15 octobre, les socialistes alésiens font part de leur tristesse. « Les socialistes alésiens expriment leur tristesse à l’annonce du décès d’Alain Fabre, maire d’Alès, avec qui nous avons œuvré pour notre ville de 1989 à 1995 », écrivent-ils.
Le parti rappelle l’impulsion donnée à la ville durant son mandat, dans un contexte marqué par la désindustrialisation. La création de la feria d’Alès, en 1989, figure parmi les initiatives mises en avant, tout comme les mesures en faveur de la reconversion économique du bassin.
« Cette volonté d’une ville meilleure, tournée vers son époque sans nostalgie, est toujours la nôtre aujourd’hui », soulignent les socialistes, qui adressent leurs condoléances aux proches de l’ancien maire.
Max Roustan retient un homme intègre et un rassembleur
Max Roustan a bien connu Alain Fabre. En 1989, les deux hommes figuraient sur la même liste d’union, constituée pour mettre fin à la gestion communiste de la ville. Six ans plus tard, ils se retrouvaient face à face lors des élections municipales dans une triangulaire, remportées dès le premier tour par Max Roustan. Malgré cette opposition politique, le maire honoraire d’Alès garde le souvenir d’une relation sans animosité.
« Je retiens de lui quelqu’un de très intègre, très droit dans ses idées », confie-t-il. Il reconnaît toutefois qu’Alain Fabre pouvait être « très difficile relationnellement » et que leurs relations avaient connu des désaccords, notamment après qu’Alain Fabre eut choisi de soutenir le Parti socialiste contre lui lors d’une élection cantonale.
Mais Max Roustan insiste sur ces divergences qui n’ont jamais effacé les souvenirs positifs. « On a eu un petit instant de désaccord, c’est tout. Sinon, c’était un bon maire. » Il rappelle également qu’Alain Fabre l’avait soutenu en 1995, malgré leur affrontement électoral.
« Monter une liste dans l’intérêt de la ville »
Pour Max Roustan, l’héritage le plus important d’Alain Fabre tient à sa capacité à dépasser les appartenances politiques pour constituer une équipe municipale. « Le vrai succès, c’est celui d’arriver à monter une liste dans l’intérêt de la ville, de regarder toutes les personnalités qui pouvaient apporter quelque chose, quelles que soient leurs options politiques. Voilà, ce n’est pas courant tous les jours », estime-t-il.
Cette union avait permis de mettre fin à plusieurs décennies de gestion communiste à Alès. Max Roustan souligne qu’Alain Fabre avait accepté de travailler avec des personnalités dont les sensibilités ne correspondaient pas toujours aux siennes, privilégiant ainsi l’ouverture politique.
Installé à Carnon depuis plusieurs années, Alain Fabre s’était éloigné de la vie politique et de la cité cévenole. Les deux hommes ne s’étaient plus revus depuis son départ, selon Max Roustan. « C’était le dernier maire encore vivant avant moi. Maintenant, il n’y a plus que moi (rires) », conclut-il, avec une pointe d’humour, en évoquant la disparition de celui qui l'avait précédé à la tête de la ville.
Réaction de Jean-Christophe Muller, ancien 2e adjoint d'Alain Fabre :
J’adresse tout d’abord mes messages amicaux et affectueux à sa famille, notamment ses filles que je connais depuis bien longtemps.
J’ai une pensée pour toutes celles et tous ceux qui ont pendant quelques années, comme elles, ou comme soutiens actifs, vécu une aventure militante et collective au service de la ville. Alain Fabre nous a permis de vivre ce temps fort.
Étant 2ᵉ adjoint, il m’avait confié la délégation à l’enseignement (déjà détenue sous
Roucaute et Millet), et me demandait très fréquemment de le représenter, notamment
pour les relations extérieures (région, département, autres communes,…)
Depuis, nous nous étions peu souvent vus, lui et moi, chacun parcourant de son côté son chemin, tel que nous étions : des hommes libres. Mais le silence n’effaçait pas le souvenir de cette proximité et de cette confiance mutuelle qui nous avaient
marqués durant six années (en fait un peu plus) vécues très intensément à la Mairie d’Alès. Et la fierté en soi de ce qui a été accompli. Il sera temps ultérieurement de rendre justice à une mandature qui a durablement transformé la Ville d’Alès, ouvrant des possibles que d’autres ont pu
mettre en œuvre.
Je me contenterai aujourd’hui de mentionner la Scène Nationale le Cratère, la volonté de partenariats forts pour le développement économique (Pist-Oasis, mais aussi premières décisions pour le désenclavement de la Ville, les liens avec Nimes ou Montpellier, avec le Parc des Cévennes…), l’embellissement de la ville, et surtout la création de la Communauté de Communes du Grand Alès qui a permis à l’actuelle agglo d’avoir 9 à 10 ans d’avance en matière d’intercommunalité et de concertation entre communes sur les autres cités de la région.
Je veux me souvenir qu’en présentant le « Projet de Ville », en 1991 ou 1992, fruit d’un travail de prés de deux ans de concertations et de partenariats assez exceptionnels à l’époque, il avait indiqué que ce document était à disposition des
acteurs de la vie économique sociale et culturelle ainsi que des municipalités à venir quelles qu’elles soient. Je tiens que les impulsions données par Alain Fabre et son équipe ont été un grand moment pour l’avenir de la Ville d’Alès. Alain Fabre avait de 1983 à 1989 été président du groupe socialiste au conseil municipal et incarnait le désir de préparer de nouvelles dynamiques pour notre cité. Il a continué à siéger au conseil municipal jusqu’en 2001 avant de se retirer de la vie publique.
Je veux rendre hommage à un citoyen et un élu très soucieux de l’intérêt public, du fonctionnement collectif de l’action publique. Je veux saluer un Maire qui a su impulser un élan nouveau au milieu des tumultes de l’époque. Dans notre travail, il était un mélange de présence chaleureuse et confiante et de pudeur ou de réserve. Il est fort probable que ce dernier trait de caractère ait été un désavantage pour lui. Mais il était surtout un « bosseur » acharné, vigilant et rigoureux. Et il a offert ce travail à la collectivité.








