
La commune de Junas est tout sauf anecdotique. C'est un village très marqué par le protestantisme, qui a embrassé la Réforme très tôt et qui reste l'une des localités au plus fort pourcentage de protestants des origines à nos jours. Un acte de 1664 précise qu'à l'époque, sur 80 maisons du village, seulement 8 étaient catholiques. L'église en a payé le prix fort, puisqu'elle fut détruite au XVIIe siècle, puis de nouveau incendiée par les troupes protestantes le 20 octobre 1703, en pleine guerre des Camisards.
Détail littéraire amusant : Jean-Paul Sartre, à la fin de sa vie, passait ses vacances à Junas, et Simone de Beauvoir évoque à plusieurs reprises ces séjours dans « La cérémonie des adieux »
Accès/Itinéraire :
Limitrophe avec l’Hérault, la commune de Junas est accessible par de nombreux moyens et jouit d’une belle proximité avec de nombreux autres charmants villages aux alentours. Sommières et sa cité médiévale sont à 5 km, Nîmes à 18 km, les plages du Grau-du-Roi et de La Grande-Motte à 35 km, et les Cévennes (avec la bambouseraie d'Anduze) à 40 km. Et si elle a pu profiter aux XIXe et XXe siècle d’une desserte ferroviaire dans une petite gare sur l’ancienne ligne Sommières-Saint-Césaire, il ne vous reste que deux moyens de locomotion pour vous y rendre.
Premièrement, la voiture, le plus pratique et rapide. Si vous partez de Nîmes, comptez un peu plus d'une trentaine de minutes pour arriver à bon port. Passez par des petites routes en venant d’Aujargues, Congénies, Aubais ou encore Sommières, la plus grande commune des alentours, et profitez du paysage à la fois rempli de végétation, et du charme des petits villages de pierre, où les routes étroites témoignent de l'histoire de ces communes. Sinon, vous pouvez également enfourcher votre vélo et profiter du paysage sur la voie verte, aménagée sur l'ancienne voie ferrée, pourquoi pas pour effectuer différentes boucles. Les cyclistes pourront naviguer à travers des zones avec d'anciennes carrières et de charmants villages médiévaux, offrant un terrain varié pour l'exploration.
Que visiter ?
Sur ce point, les possibilités sont très vastes et conviendront aux amateurs d’histoire, de religion et de paysages où le temps semble s’être arrêté. Le village est réputé pour ses anciennes carrières et son savoir-faire ancestral de la taille de la pierre, que l’on peut retrouver aux Carrières du Bon Temps. Leur exploitation a cessé au milieu du XXe siècle, après 2000 ans d'extraction. Et après avoir connu un abandon, des jeunes originaires du village décidèrent de lui redonner vie en se servant de la beauté sauvage de la pierre. Aujourd'hui, pendant l'été, elles se transforment en un décor séduisant accueillant le festival de jazz ainsi que des tailleurs de pierre venus de toute l’Europe. Vous pouvez également vous y promener toute l’année et sans horaires particuliers, puisque l’accès peut se faire de jour comme de nuit.
N'oubliez pas non plus le Mas de Christin, une ferme bastide inscrite au titre des monuments historiques depuis 1985, plus précisément les façades et toitures du corps de logis, les pièces décorées du rez-de-chaussée (à l'exception de la cuisine), ainsi que la façade nord des communs. C'est le seul édifice de la commune à bénéficier de cette protection.
Le bâtiment se distingue par sa façade néo-gothique et Renaissance, ornée d'arcs à accolades d'inspiration vénitienne et couronnée d'un imposant fronton semi-circulaire évoquant une couronne. La porte d'entrée est particulièrement remarquable : traitée en ogive surbaissée tendant vers l'accolade, elle est décorée de crochets et encadrée de deux pinacles à fleuron, le tout surmonté d'un fronton curviligne figurant une couronne comtale à onze perles. Sur le plan historique, un premier pavillon aurait été édifié au XVIe siècle, avant d'être détruit en 1792 puis reconstruit vers 1825 dans le style néo-gothique actuel.
Où boire un verre ?
Le village comporte un lieu multifonction, faisant à la fois office de bureau de tabac, de point de restauration, de jeux et où il est même possible de retirer des colis. Dimitris Christofilakis est le patron de l'iBar depuis mai 2024. « On fait un peu tout ce qui est lié au service de proximité pour les habitants du village », prévient-il. Moules le mardi, plats à emporter, proximité avec la clientèle, vente de bières de sélection... Il a créé tout un écosystème, faisant du lieu un véritable vecteur de lien social.
« J'ai rencontré ma femme qui habitait à Aujargues, donc je me suis installé ici », assume-t-il. « Ce sont toujours les mêmes personnes, au même endroit et à la même heure. C'est très familial : pendant que les enfants jouent à l'arrière, les parents boivent un verre de vin. C'est un cocon du village, un point de ralliement », sourit-il. La saison estivale désormais finie, Dimitris Christofilakis va faire évoluer son offre de restauration, mais rassurez-vous, les hamburgers et les pizzas seront encore disponibles à l'année !
Où manger sur le pouce ?
Le village dispose de commerces de proximité, notamment une boulangerie très réputée localement, "Ma P'tite Boulange Junasole", qui propose du pain de Lodève au levain, des pâtisseries et des fougasses salées plusieurs fois médaillées, avec des ingrédients locaux à l'honneur. Pour les anniversaires et grandes occasions, la boulangerie propose des créations sur mesure, selon les choix du client. "Ma P'tite Boulange" est également implantée sur la commune de Mus depuis quelques mois.
Où dormir ?
La commune possède deux campings : "Les Chênes" et "L'Olivier", qui sauront ravir les amateurs de nature et de tranquillité. S'il n'y a pas d'hôtel au sens propre du terme, Junas abrite des logements accessibles sur réservation. Depuis 2018, Guy et Brigitte ont repris les rênes du mas de la Fanabrègue, un authentique mas provençal où règnent sérénité et nature. À seulement 3 minutes du village, ils ont su créer un véritable havre de paix où il fait bon vivre. Au milieu des oliviers, rosiers et palmiers, petits et grands trouveront leur bonheur. Un lieu de séjour idéal pour tous les amoureux de la nature et des activités en plein air.








