Saint-Martin-de-Valgalgues : 500 000 m³ de déchets et un dossier qui s’enlise depuis plus de dix ans

Rémy Coulet, Lucile Pialat, Alain Martin

La végétation a poussé, mais les déchets, eux, sont restés. À Saint-Martin-de-Valgalgues, le dossier des dépôts illégaux près du pôle mécanique, estimés à 500 000 m³ par le collectif, revient sur la table, plus de quinze ans après les premières alertes.

Sur les photographies d’archives, pneus, gravats et électroménager émergent de la terre. Aujourd’hui, la végétation a habillé la colline. « La nature a bien fait son travail », constate Lucile Pialat, riveraine. Mais les déchets restent. Et les questions aussi, plus de quinze ans après les premières alertes à Saint-Martin-de-Valgalgues. La campagne lancée le 7 septembre par France Nature Environnement (FNE) pour recenser les décharges illégales et comprendre les blocages relance le débat.

« Rien n’a changé. » Autour de la table, les archives ressortent. Alain Martin, de la CGT, et Rémy Coulet, interlocuteur de FNE-OCMED, évoquent les investigations et les courriers envoyés. Tous attendent des nouvelles du dossier. Ils rappellent l’estimation ancienne du collectif : 500 000 m³ de déchets sur quatre hectares, avec une hauteur de 35 mètres.

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Photo d'archive, les gravats déposés à Saint-Martin-de-Valgalgues. Droits réservés

Une colline de déchets derrière le merlon antibruit

Selon FNE-OCMED, le dépôt s’est constitué entre 2005 et 2010 pour aménager un merlon censé atténuer le bruit du pôle mécanique. L’association dénonce des déversements illégaux, dont de l’amiante, et affirme que ces déchets restent un risque pour les riverains et une source de pollution des eaux souterraines.

Depuis, Lucile Pialat n’a pas lâché le dossier. Adjointe entre 2014 et 2020, elle rappelle avoir déposé plainte et évoque les prélèvements de 2014, dont les analyses avaient, selon les participants, révélé de l’amiante. Après un courriel du 25 novembre 2025, elle a récemment relancé le cabinet d’instruction du tribunal judiciaire d’Alès. Elle attend une réponse écrite sur les suites du dossier et l’interlocuteur à contacter. Les participants saluent le travail des enquêteurs, mais ne comprennent pas pourquoi obtenir des nouvelles reste si difficile.

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Photo du mardi 6 octobre, les gravats ont été en partie recouverts par la nature mais restent en surface. Photo Pauline Therond

« Que chacun prenne sa responsabilité »

Qui a autorisé les apports ? Quels matériaux ont été acheminés ? Où sont les documents retraçant leur évacuation ? Les participants évoquent notamment des déchets issus de la démolition d’une maison de retraite et de travaux au stade Pibarot, dont ils souhaitent voir l’origine éclaircie. « Que chacun prenne sa responsabilité », réclame Lucile Pialat, inquiète des infiltrations, de la stabilité des terrains et des conséquences éventuelles sur la valeur de sa propriété.

Alain Martin dénonce un « scandale sanitaire, environnemental et judiciaire ». Une formule qui dit la colère accumulée et la crainte de voir les années passer sans explication. Pour FNE-OCMED, l’enjeu dépasse ce site : il faut rendre visibles les décharges illégales et comprendre pourquoi elles perdurent. L’outil Sentinelles de la nature permet ainsi de faire remonter les signalements.

Les personnes mobilisées mesurent l’ampleur que représenterait une évacuation des déchets. Mais elles refusent que leur présence soit banalisée et espèrent empêcher d’autres dépôts. « On n’attend pas des miracles », résume Lucile Pialat. Des réponses, en revanche, oui.

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