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Inde : management et culture du travail en 7 points
L’Inde, à la fois vibrante et complexe, combine une riche multiformité culturelle et une histoire profondément ancrée dans les traditions, tout en évoluant au rythme de la modernité.
La sphère professionnelle indienne est un reflet fascinant de cette diversité, où se mêlent traditions et innovations.
Entre respect de la hiérarchie, communication indirecte et gestion flexible, cette culture du travail se distingue par son attachement au collectif, influençant la manière dont les entreprises fonctionnent au quotidien.
Pour naviguer efficacement au sein de ce paysage professionnel unique, il est essentiel de comprendre les spécificités du management et du monde du travail indien.
Dans cet article, nous vous donnons les clés pour une collaboration réussie.
Sommaire
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- Une culture d’entreprise indienne centrée sur le collectif
- Un management indien hiérarchique et paternaliste
- La priorité à la relation humaine dans le travail
- Une communication professionelle indirecte et contextuelle
- Une gestion du temps de travail flexible en Inde
- Le poids de la formation dans la stratégie des entreprises
- L’innovation et l’adaptation au coeur de la société indienne
Une culture d’entreprise indienne centrée sur le collectif
La culture indienne est profondément ancrée dans le collectivisme, valorisant le groupe au-dessus de l’individu, tant dans la sphère privée que professionnelle.
Ce système social puise ses racines dans la composition des structures familiales indiennes. Celles-ci sont souvent patrilinéaires, avec plusieurs générations cohabitant sous le même toit. Ce mode de vie communautaire nommé « joint-family », se répercute naturellement sur tous les aspects de la vie, y compris dans le travail.
Longtemps, les employés indiens ont considéré leur entreprise comme une grande famille, elle constituait une partie intégrante de leur identité personnelle. Leur loyauté envers leur employeur était renforcée par un engagement à long terme, souvent réciproque.
Cet attachement à l’entreprise est aujourd’hui à nuancer, il s’atténue avec les jeunes générations. C’est d’autant plus le cas des jeunes diplômés de grandes écoles d’ingénieurs qui affichent un turnover particulièrement élevé, après un ou deux ans dans une entreprise. Ainsi, l’Inde enregistrait un taux d’attrition de plus de 18 % en 2023, selon les données de Statista.
Ce sentiment d’appartenance continue malgré tout à se manifester dans la manière dont les Indiens appréhendent les relations interpersonnelles. Les employés investissent du temps et de l’énergie dans le développement de liens personnels avec leurs collègues.
Lors des prises de décisions, l’opinion de chacun est écoutée pour parvenir à un consensus.
Ainsi, l’harmonie du groupe, la solidarité et la réussite collective priment, contrastant avec l’approche plus individualiste que l’on peut observer en Occident.
Un management indien hiérarchique et paternaliste
La hiérarchie est une composante essentielle du fonctionnement des entreprises indiennes. Les structures organisationnelles y sont verticales, avec un pouvoir fortement concentré au sommet.
Les relations entre managers et employés sont généralement basées sur un échange implicite : les encadrants s’engagent à prendre soin de leurs équipes, ils fournissent des directives claires, un cadre stable et une sécurité. En retour, les subordonnés montrent respect et loyauté, et ne remettent pas en question l’autorité de leurs supérieurs. Il existe néanmoins des exceptions à cette organisation pyramidale.
La culture de la déférence est omniprésente : chaque individu a un rôle clairement défini, et sortir de ce cadre peut entraîner une perte de respect.
Ainsi, un manager n’effectue jamais de tâches subalternes, considérées comme inappropriées. De même, demander l’avis des subordonnés pourrait être perçu comme un signe d’incompétence.
Ce respect de l’autorité et des structures hiérarchiques est essentiel pour maintenir ordre et efficacité.
Au sein de ces sociétés fortement hiérarchisées, il est attendu d’un supérieur indien de suivre de près le travail de ses subordonnés et de leur fournir régulièrement des retours constructifs. Sans ces commentaires fréquents, les employés peuvent se sentir négligés ou mal encadrés.
Ce modèle paternaliste va au-delà du lieu de travail, avec des managers qui s’impliquent souvent dans la vie personnelle de leurs employés. Ils s’assurent de leur bien-être familial et social.
Par ailleurs, les dirigeants indiens jouent un rôle central dans l’élaboration de la stratégie d’entreprise, une tâche qu’ils ne délèguent pas. Contrairement à leurs homologues occidentaux, ils se concentrent moins sur la planification rigoureuse et davantage sur une approche flexible et improvisée. Leur objectif est d’insuffler une vision à long terme, tout en encadrant et en formant les cadres supérieurs.
La priorité à la relation humaine dans le travail
En Inde, les relations humaines sont souvent au cœur du monde professionnel. Elles sont guidées par la philosophie indienne, « Atithi Devo Bhava », « L’invité est Dieu ». Les clients, partenaires ou collègues doivent être accueillis avec chaleur et respect, au-delà des simples transactions commerciales. Ce principe pousse les professionnels indiens à bâtir des relations durables qu’ils construisent patiemment, sur la base de la confiance.
Contrairement à d’autres cultures où les sphères personnelle et professionnelle sont distinctes, les Indiens tissent des liens étroits, mêlant travail et vie privée. Cette approche favorise la collaboration et renforce la cohésion au sein des équipes.
Les pauses au travail, fréquemment autour de discussions personnelles, renforcent les échanges entre collègues et nourrissent le lien social. Il n’est pas rare que des rassemblements informels entre collègues se prolongent.
Cette convivialité s’étend au-delà du bureau : l’hospitalité est un pilier des relations professionnelles. Accepter et lancer des invitations ou participer à des événements sociaux sont des pratiques essentielles pour tisser des liens durables.
Les Indiens accordent aussi une grande importance à l’intérêt que leurs partenaires et collègues portent à leur culture et à leur vie privée, qu’il est courant d’aborder dans des conversations même professionnelles. Les sujets autour de convictions politiques ou religieuses sont néanmoins évités.
Autre action sociale incontournable en Inde, le réseautage constitue un levier dans leur culture professionnelle. Les Indiens participent aux événements, séminaires et conférences afin d’accroître leurs contacts et de renforcer leur réseau. Plus qu’un simple échange de cartes de visite, ces rencontres sont un engagement à long terme.
Une communication professionnelle indirecte et contextuelle
La communication indienne est souvent implicite et fortement contextuelle. Elle repose davantage sur le non-verbal, les réponses verbales pouvant être parfois ambiguës.
Les gestes, comme le célèbre dodelinement de tête, peuvent dérouter les Occidentaux. Cet oscillement ne doit pas être interprété comme un refus. En fait, le véritable « non » est rare et se manifeste généralement lors de situations de fort rejet.
La communication directe est également peu courante. Les Indiens préfèrent les questions ouvertes aux réponses catégoriques et fermées. Un « oui » aujourd’hui peut devenir un « non » demain. Ils estiment que les réponses brèves sont trop simplistes pour des problèmes souvent perçus comme subtils et nuancés.
Quant aux réponses telles que « Je vais voir » ou « Je vais essayer », elles peuvent signifier un refus implicite.
Pour éviter tous malentendus, il est vivement conseillé de reformuler les demandes et de poser des questions ouvertes.
Les Indiens sont généralement non conflictuels et évitent les confrontations. Ils préfèrent maintenir l’harmonie et évitent d’offenser ouvertement, même si les comportements commencent à évoluer parmi les dirigeants.
Ainsi, il est crucial d’éviter les reproches directs. Après une mésentente, envoyer un courriel sur les qualités de votre interlocuteur peut aider à restaurer la relation.
Une gestion du temps de travail flexible en Inde
Dans le monde professionnel indien, la perception du temps est polychronique (cf. Livre blanc : gestion du temps et ponctualité dans le monde des affaires). Les Indiens ont tendance à mener plusieurs tâches simultanément, intégrant habilement leurs responsabilités personnelles et professionnelles.
En Inde, les horaires de bureau s’étalent souvent entre 9h et 18h, durant lesquels se mêlent réunions professionnelles et interactions sociales. Mais attention, ce cadre classique n’est qu’une façade. Derrière, se cache une réalité bien plus étendue : la disponibilité quasi illimitée des Indiens. Il est en effet courant que des sollicitations d’ordre professionnel continuent en dehors des heures officielles de travail, voire pendant les week-ends.
Si les échéances et les délais sont pris au sérieux dans un cadre formel, la culture indienne reste axée sur les relations humaines. Cette importance accordée aux interactions sociales peut parfois conduire à une flexibilité dans le respect des horaires et des engagements. Dans ce contexte, il arrive que les Indiens prennent des décisions de dernière minute. Quant aux réunions, elles peuvent être reportées ou annulées sans préavis.
Cette souplesse s’étend également à la prise de rendez-vous, où les visites impromptues sont fréquentes et acceptées. La culture du réseautage en Inde favorise ces rencontres spontanées. Il est ainsi courant de voir des collègues ou partenaires arriver à l’improviste pour échanger.
Habitués à cette culture flexible, les managers indiens privilégient une approche souple dans la gestion des projets. Ils s’efforcent de respecter les délais, mais la ponctualité n’est pas une priorité absolue.
En définitif, la culture indienne valorise davantage la finalité d’un projet que le respect strict des délais et des processus pour y parvenir.
Le poids de la formation dans la stratégie des entreprises
Les entreprises indiennes se démarquent par leur approche résolument proactive et ambitieuse en matière de développement de leurs employés.
Contrairement à leurs homologues occidentaux, elles adoptent une vision à long terme qui vise à créer un véritable engagement des salariés. Elles mettent l’accent sur la formation et l’encadrement.
Cette stratégie se traduit par des investissements conséquents dans la formation. L’objectif est clair : se garantir une main-d’œuvre compétente et qualifiée.
Plus encore, ce focus sur le capital humain vise à fidéliser les collaborateurs. Constamment en quête d’opportunités, les Indiens sont sensibles à toutes les démarches mises en place par leur employeur pour se perfectionner et acquérir de nouvelles connaissances.
Le mentorat joue aussi un rôle essentiel dans la culture du travail en Inde. Les professionnels expérimentés transmettent savoir et expérience aux plus jeunes, renforçant ainsi l’apprentissage et la croissance. Cette approche, fondée sur la confiance et la réciprocité, enrichit à la fois les perspectives de carrière et la dimension humaine du travail.
L’innovation et de l’adaptation au coeur de la société indienne
En Inde, l’adage « rien n’est impossible » reflète un état d’esprit tourné vers l’optimisme et l’adaptation face aux imprévus. Les Indiens abordent les obstacles comme des « défis » à surmonter plutôt que des « problèmes ».
L’innovation, en Inde, est symbolisée par le concept de « Jugaad ». Ce terme désigne l’« innovation frugale », la capacité à trouver des solutions créatives face aux obstacles. Pour relever les défis, les professionnels indiens, réputés pour leur grande flexibilité, n’hésitent pas à sortir des sentiers battus.
L’esprit d’entreprise, proactif et orienté vers l’innovation, pousse à l’amélioration continue. Ces compétences sont renforcées par leur propension à prendre des risques calculés. Ainsi, les Indiens n’hésitent pas à s’aventurer sur des terrains inexplorés et à accepter l’incertitude pour atteindre des résultats concrets.
Cet esprit d’innovation est également amplifié par une culture du travail collaborative. Les séances de brainstorming sont fréquentes, car propices à générer des idées collectives et à explorer de nouvelles approches.
De fait, grâce à cette capacité à innover, l’Inde se positionne comme un acteur majeur de l’innovation dans le monde. En 2023, le pays détenait le record de surperformance en matière d’innovation pour la 13ème année consécutive (Indice mondial de l’innovation de l’OMPI).
La culture d’entreprise indienne, avec son profond attachement au collectif, s’avère être une véritable force dans un contexte de plus en plus globalisé. Ancrée dans une tradition de loyauté, de respect de la hiérarchie et d’innovation, elle offre un modèle singulier où la flexibilité et la dimension humaine priment. Toutefois, ce modèle est en pleine mutation, notamment avec l’arrivée d’une jeune génération plus mobile et plus encline à défier les conventions.
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[1] Etude OpinionWay « Le rapport des jeunes à l’Emploi » auprès de jeunes de 18 à 30 ans – septembre 2022
[2] Enquête Jobteaser et Maki « Recrutement : quelles sont les attentes des étudiants et jeunes diplômés pour 2023 ? » – avril 2023
[3] Etude CareerBuilder « Candidate experience from end-to-end » – 2017
[4] Etude VidCruiter – 2020
[5] Etude Harris Interactive « Les jeunes et la prise en compte des enjeux environnementaux dans le monde du travail » – Mars 2022
[6] Etude James Trends sur les jeunes et le travail , auprès des 15-25 ans – Octobre/Décembre 2019
[7] Etude SKEMA Business School x EY « Baromètre Talents 2023 « , auprès des étudiants – Septembre 2022
Carine HELLEQUIN
Mise à jour de l’article publié le 6 juillet 2023
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